Sébastien Auger quitte les Patriotes sans regret, mais concède qu’il aurait aimé faire partie du noyau actuel de l’équipe, qui devrait déménager au Colisée du District 55 à l’automne.

Patriotes: l’empreinte d’Auger restera gravée

TROIS-RIVIÈRES — Tout ce qui lui manquait, c’était la conquête d’un Championnat canadien. N’allez toutefois pas croire que Sébastien Auger quitte les Patriotes avec des regrets: le futur enseignant a déjà sa place parmi les meilleurs joueurs de l’histoire du programme.

Il sera en effet difficile pour ses successeurs de se rapprocher de la nouvelle marque qu’il a établie au chapitre des matchs joués (122) et des victoires remportées en saison (64). Au final, séries incluses, il aura gagné 76 parties.

«Ce qu’il a représenté pour notre équipe de hockey, mais aussi pour tous les sports universitaires à l’UQTR, ça n’a pas de prix. Il faut saluer autant sa carrière sportive que son cheminement scolaire», résumait l’entraîneur Marc-Étienne Hubert, dimanche, après l’élimination des siens aux mains des Gee-Gees de l’Université d’Ottawa.

Dans ce match, Auger aura été fidèle à lui-même: calme, mais alerte. Champion de la Coupe Queen’s dès sa première année sur le campus, en 2015-16, il s’est rapidement retrouvé dans le rôle du grand frère. Comme avec les Sea Dogs de St. John, durant son stage dans le hockey junior majeur, il a été au centre d’une grande période de reconstruction. Il aurait pu gagner davantage de matchs, s’il avait eu devant lui des clubs plus compétitifs au milieu de son stage.

«J’ai vraiment vécu les deux extrêmes», concède le numéro 33, qui conclut ses cinq années avec les Patriotes avec un pourcentage d’arrêts de ,923, une moyenne de buts alloués de 2,57... et quelque 6380 arrêts!

«À St. John en 2012, on a gagné la Coupe du Président, avant d’aller à Shawinigan pour la Coupe Memorial. Ici à l’UQTR, j’ai eu l’occasion de gagner la coupe de la ligue, puis d’aller au Championnat canadien dès ma première année.»

En juin 2015, les Patriotes avaient présenté leur nouvelle acquisition aux membres des médias. On voit ici Auger en compagnie de son entraîneur des cinq saisons à l’UQTR, Marc-Étienne Hubert.

Auger considère avoir été chanceux. Appelé en relève à Francis Desrosiers, forcé de subir une opération, Auger a eu toute la place pour démontrer son potentiel. Il n’a pas déçu.

«J’ai donné tout ce que j’avais. Par contre, à chaud, je dois admettre que j’aurais voulu retourner au Championnat canadien. Il ne nous manquait pas grand-chose. Un peu comme les Sea Dogs à mon année de 20 ans dans le junior, nous avons réussi à causer une belle surprise avec une jeune équipe cette saison. Je pense que le meilleur est à venir pour les Patriotes.»

Dans les circonstances, il admet ressentir une légère amertume à l’idée de quitter un club en pleine ascension. «Le noyau sera fort pour au moins deux ans. Surveillez les Patriotes, ils seront très forts! En plus, avec le possible déménagement dans le nouveau Colisée, ça va amener encore plus de médiatisation. C’est ce que la ligue mérite, en tout cas.»

Et la suite?

Comme il fallait s’y attendre, le téléphone a déjà commencé à sonner chez Sébastien Auger: il reçoit des offres afin de poursuivre sa carrière. Offres qu’il doit étudier en même temps qu’il poursuit son stage intensif en enseignement, à l’Académie les Estacades.

«Je suis en réflexion pour le futur. Je considère l’Europe et on m’appelle, c’est certain. J’ai aussi des possibilités dans le Sport-études dès l’an prochain, dans la région de Québec. Il faut que je décortique tout ça.»

Chose certaine, il a tout un C.V. en quittant les Patriotes. Parmi ses faits d’armes, en plus des records pour les victoires et le nombre de parties jouées, notons ses deux médailles de bronze avec la formation nationale aux Universiades, ses sélections sur les équipes d’étoiles au pays ainsi que ses invitations pour prendre part aux matchs préparatoires contre Équipe Canada junior, durant la période des Fêtes.

Sébastien Auger a gagné 76 matchs dans cet uniforme.

«Je ne sens pas que j’ai régressé en cinq ans à Trois-Rivières. J’ai choisi l’UQTR pour la qualité du programme, sauf que j’étais loin de me douter que le calibre du hockey universitaire serait aussi relevé. Je sors avec un diplôme et plein d’opportunités.»

Son substitut Mathieu Bellemare ainsi que Tristan Côté-Cazenave, actuel cerbère des Remparts s’étant déjà engagé avec les Patriotes, seront vraisemblablement les gardiens d’avenir de l’équipe. Ils devraient avoir la chance d’évoluer dans une toute nouvelle infrastructure... et tenter de suivre les traces de l’une des figures de proue du programme.