Les Ravens ont balayé la série de trois matchs contre les Patriotes en saison régulière. Leur plus récente victoire a été acquise aux Grandes Estrades de Saint-Tite, lors de la Classique hivernale.

Patriotes: la tempête s’invite en séries

TROIS-RIVIÈRES — La tempête hivernale qui balaie une partie du Québec a convaincu les Patriotes de l’UQTR et les Ravens de Carleton de revoir la programmation des matchs de la première ronde des séries éliminatoires, au hockey universitaire. Au lieu de quitter pour Ottawa mercredi où ils devaient affronter les Ravens en soirée, les Patriotes accueilleront plutôt leurs rivaux ontariens au Colisée de Trois-Rivières, jeudi, avant de terminer cette courte confrontation 2 de 3 dans la capitale fédérale, samedi et dimanche.

Les Patriotes se retrouvent donc avec une pression supplémentaire, eux qui n’auront pratiquement pas droit à l’erreur, jeudi dans le vétuste aréna de l’avenue Gilles-Villeneuve. Ils seront d’ailleurs en quête d’une première victoire face aux Ravens cette saison, après avoir échappé les trois premiers rendez-vous, dont un lors de la Classique hivernale aux Grandes Estrades de Saint-Tite.

«Il n’y avait pas de chance à prendre, surtout avec les derniers carambolages sur les autoroutes 20 et 40. C’est écrit dans le ciel que ce sera dangereux sur les routes», indique l’entraîneur-chef Marc-Étienne Hubert qui, dans un monde idéal, aurait opté pour un autre scénario. «Par contre, on a bien joué à Carleton cette saison, il faut construire là-dessus.»

Car les deux parties locales des Patriotes ont été décevantes la semaine dernière. Disons que s’ils offrent des sorties similaires en première ronde, leur tournoi printanier pourrait être court. «Je veux qu’on joue avec plus de constance. Pour nous, si l’effort et le niveau d’engagement y sont, le reste va suivre. Il y a toujours au moins une surprise au premier tour. Cette fois, on va s’arranger pour que ce soit nous.»

Les Ravens se méfient

Après avoir mordu la poussière si souvent en séries devant l’UQTR, n’allez pas croire que les Ravens se contenteront d’un balayage en saison régulière pour panser les blessures du passé: sept défaites éliminatoires depuis 2009, ça laisse des traces! Derrière le banc, l’ex-patineur de la LNH, Shaun Van Allen, a vécu quelques-unes de ces déceptions, à l’instar de bien des vétérans dans son groupe. Il était l’adjoint de Marty Johnston jusqu’en 2016-17, avant que celui-ci ne soit engagé dans le personnel d’entraîneurs du Moose du Manitoba de la Ligue américaine. Depuis, il est à la tête du programme de hockey masculin à Carleton.

«La rivalité qu’on entretient avec l’UQTR est l’une des plus intenses de la ligue, elle n’est pas si loin de celle avec les Gee Gees d’Ottawa. On s’attend à ce que les Patriotes sortent de manière agressive jeudi chez eux. On doit toujours se méfier d’une équipe comme la leur.»

Les Ravens, invaincus à leurs cinq derniers matchs, sont reconnus pour leur jeu défensif. Ils misent aussi sur quatre trios très rapides, comme l’analysait Marc-Étienne Hubert. Pourtant, rien ne laissait présager qu’ils termineraient l’année au deuxième rang dans l’Est, devant des puissances affirmées comme Queen’s et McGill. Pas après avoir encaissé trois défaites en lever de rideau en tout cas. Dont une, assez gênante, contre RMC.

«Je crois que nous cherchions notre identité. Le fait d’avoir 11 recrues n’a pas aidé non plus. Mais voilà, les gars ont démontré beaucoup de leadership et ils ont les résultats qu’ils méritent. Maintenant, nous visons de longues séries.»

Van Allen et ses adjoints ont passé une bonne partie de la semaine à découper les séquences vidéos impliquant leur club et celui des Patriotes. Ils savent donc que les joueurs de l’UQTR ont vécu une saison en demi-teinte, qui s’explique en partie par le jeu sur les unités spéciales ainsi que le rendement sur les patinoires adverses. Or, les Ravens profiteront de l’avantage de la glace, samedi et dimanche, dans cette courte série deux de trois.

«Je me méfie de certaines statistiques, qui peuvent s’avérer trompeuses. Les Patriotes alignent un joueur [Christophe Boivin] qui a marqué 22 buts en 28 parties. Ils sont toujours dangereux.»