Les Patriotes ont un bon défi qui se présente à eux à compter de ce soir face aux Redmen de McGill, un défi que Kevin Robert, Tommy Tremblay et Guillaume Nadeau sont prêts à relever, mais pas Billy Lacasse qui ratera la rencontre en raison d'une blessure.

Patriotes et Redmen se retrouvent en séries

Le synopsis intrigue: d'un côté de la surface glacée, un club bourré de vedettes, les Redmen, qui ont signé un parcours sous les attentes cette saison. De l'autre, une équipe en transition alignant une dizaine de recrues, les Patriotes, qui ont performé au-dessus des attentes cet hiver, mais qui abordent cette deuxième étape des séries sans leurs deux meilleurs joueurs de centre.
La série qui s'amorce ce soir au Colisée ne manquera pas de piquant entre les représentants de McGill et de l'UQTR, dont la rivalité est clairement établie depuis un bon moment dans la Ligue de l'Ontario.
Il fut un temps où les Patriotes s'amusaient aux dépens des Redmen, une époque qui semble toutefois bien lointaine puisque les patineurs de la métropole ont gagné les six dernières séries entre les deux clubs! Et si on se fie aux alignements sur papier, cette statistique à sens unique ne peut qu'être gonflée cette semaine tellement il y a un écart important de talent entre les deux vestiaires.
«Point de vue talent et profondeur, les Redmen font partie des puissances de la ligue, c'est clair. Toutes les statistiques sont en leur faveur! Ce sont eux qui doivent composer avec la pression. De notre côté, on vit une belle saison, mais ça reste une saison de transition, et on peut juste surprendre», confie le pilote des Patriotes Marc-Étienne Hubert.
«La position de négligés est toujours un peu plus confortable. Mais ça n'enlève rien au fait que tous nos gars veulent gagner cette série. On va tout faire pour que ça vire de notre bord. Il y a certainement un enjeu de fierté. Les joueurs des deux équipes se connaissent bien, ils ont pratiquement tous joué ensemble ou l'un contre l'autre dans le junior. Ça s'annonce très intense et émotif.»
Et les Patriotes croient en leurs chances de causer la surprise, eux qui, après tout, sont maintenant dirigés par un certain pilote qui était à la tête des Saguenéens de Chicoutimi il y a deux ans lorsque ces derniers ont expédié les Cataractes en enfer durant le printemps précédant la Coupe Memorial à Shawinigan. «Ça ne s'était pas trop mal passé cette année-là!», sourit Hubert.
«Ça va prendre du hockey presque parfait si on veut accomplir cet exploit. La discipline est un enjeu important, les Redmen misent sur tout un jeu de puissance. Il faut limiter les revirements, s'assurer que nos rivaux sont obligés de travailler pour obtenir des chances de marquer. Si on respecte le plan de match et si on est opportuniste, tout peut arriver. Le hockey, ça se joue sur la glace. On l'a encore vu aux Olympiques. Qui aurait cru que la Lettonie pouvait offrir une belle opposition aux Canadiens? On s'est battu toute l'année pour avoir l'avantage de la glace, et on joue bien à domicile. Il faut se servir de ce point en notre faveur», lance Hubert.
Ce qui complique la tâche des Trifluviens, c'est qu'ils doivent aller au front sans Pierre-Olivier Morin et Billy Lacasse, deux pivots de l'attaque. Marc-Olivier Mimar représente quant à lui un cas incertain.
«On aura quatre recrues au centre, ça change les données! On va être obligé de faire quelques ajustements à notre système de jeu. Ce n'est pas l'idéal, mais d'un autre côté, ça va offrir des opportunités à certains joueurs de voir leurs responsabilités augmenter. À eux d'en profiter. »
De son côté, le capitaine Tommy Tremblay ne souhaite pas que son groupe se tracasse avec la domination des Redmen ces dernières années.
«Je sais que notre équipe a perdu les six derniers duels face aux Redmen, mais il n'y a que quatre gars dans cette chambre qui les ont déjà affrontés en séries... Il ne faut pas non plus se concentrer sur ceux qui ne sont pas en mesure de nous aider, il faut se concentrer sur comment doivent se comporter ceux qui vont avoir ce gilet sur le dos. Parce qu'il faut respecter le plan à la lettre. On n'a pas de Cédric Lalonde-McNicoll dans notre équipe, plusieurs de nos défenseurs arrivent du junior AAA alors que plusieurs défenseurs des Redmen ont joué chez les pros. Sur papier, les Redmen ont l'avantage, mais en jouant de façon simple, on peut causer des surprises», propose Tremblay, qui est un proche de McNicoll. «Mais on a coupé la communication cette semaine! Ce qui est sûr, c'est qu'on veut tous les deux être celui qui va se faire souhaiter bonne chance à la fin de la série.»