Le directeur adjoint du CAPS, Christian Gagnon, confirme que le gros du financement pour le programme de hockey provient de l’UQTR elle-même. S’ils veulent demeurer compétitifs dans un circuit où les autres marchés poursuivent leur ascension, les Patriotes doivent reprendre leur rôle de leaders.

Patriotes de l'UQTR: «On devra travailler plus fort»

TROIS-RIVIÈRES — Il y a deux façons d’accueillir la nouvelle concernant l’arrivée possible d’un programme de hockey masculin à l’Université du Québec à Montréal. Si certains estiment que cela nuira aux Patriotes, notamment pour leur recrutement, les principaux concernés entrevoient plutôt la possibilité d’améliorer le produit... et de se mettre au goût du jour.

Voilà le chantier sur lequel travaille Christian Gagnon, engagé il y a huit mois en tant que directeur adjoint du CAPS de l’UQTR et responsable des équipes des Patriotes. «C’est mal connaître notre monde que de penser ça, c’est d’être défaitiste», réplique l’ancien grand manitou des programmes du Vert et Or à Sherbrooke et du Rouge et Or, à Québec.

«Si l’UQAM s’en vient, on devra travailler plus fort et se retrousser les manches, c’est vrai. Et c’est pour cette raison que l’Université m’a engagé, pour amener des partenaires et développer tous nos sports, dont le hockey.»

Si on parle autant des Citadins depuis quelques jours, c’est que les frères Andrew et Geoff Molson ont annoncé, la semaine dernière, qu’ils verseraient un don totalisant 1 M $ pour la création d’une équipe masculine. Celle-ci figure dans les plans depuis plus de trois ans. La confirmation d’une participation financière de la famille Molson comme mécène du projet le fera assurément passer en deuxième vitesse, si ce n’est pas en troisième. Les Citadins pourraient joindre les rangs de la Ligue de l’Ontario en 2020-21.

«Nous savions que ça se parlait, mais pour l’implication des Molson, c’est nouveau, admet Gagnon. Ça ne peut qu’être bon pour le hockey universitaire au Québec. Si un deuxième programme francophone voit le jour dans la province, il pourrait paver la voie à une, voire deux autres universités.»

Christian Gagnon est donc heureux qu’un mécène se soit manifesté au centre-ville de Montréal pour les futurs Citadins. À Trois-Rivières toutefois, force est d’admettre que ce fameux mécène n’existe pas encore. Le Prix du Gros avait un grand intérêt pour ramener le football sur le campus, mais l’Université avait décidé de se retirer du dossier.

En ce moment, le directeur adjoint du CAPS confirme que le gros du financement pour le programme de hockey provient de l’UQTR elle-même. S’ils veulent demeurer compétitifs dans un circuit où les autres marchés poursuivent leur ascension, les Patriotes doivent reprendre leur rôle de leaders. Un rôle qu’ils ont perdu, mais qu’ils ont le potentiel de reprendre.

«Il y a eu des petits passages à vide, comme en ce moment, note-t-il. Si on laissait aller les choses comme elles l’étaient quand je suis arrivé, d’ici deux ou trois ans, il faudrait se poser de sérieuses questions, car notre produit hockey manque un peu d’amour. Nous sommes en train de reprendre notre place. J’ai une belle gang, sauf que cette gang, elle était quelque peu laissée à elle-même. Il faut être patient, mais nous allons y arriver. Et nous allons y arriver en respectant les règles.»

Le bâton de pèlerin

«Si j’avais reçu une invitation pour assister à un match à Trois-Rivières, j’aurais accepté. Je regrette de ne pas avoir vu le produit avant mon embauche à l’UQTR.»

Voilà qui en dit beaucoup sur le traitement réservé au hockey universitaire au Québec. Christian Gagnon, il n’avait jamais vu un match de ce calibre avant son arrivée à Trois-Rivières, en 2018. «Je suis prêt à prendre mon bâton de pèlerin pour vendre cet excellent produit. Le hockey scolaire est en effervescence et au sommet de la pyramide, c’est le junior majeur et le hockey universitaire. Il faut faire connaître notre sport, notre ligue.»

À ses yeux, les Citadins aideront à créer les bases d’une présence plus accrue du hockey universitaire dans l’univers médiatique québécois. «Et qui sait, dans quelques années, nous aurons peut-être notre ligue du RSEQ. J’ignore comment tout cela prendra forme, mais je pense que c’est ce vers quoi on s’en va.»

Peu importe comment ça s’enlignera, Christian Gagnon assure aux amateurs que les Patriotes ne se contenteront pas de jouer un rôle de second violon. Depuis trois ans, l’équipe traverse une séquence plus difficile sur la patinoire, alors qu’elle se situe davantage au milieu de peloton que dans le haut du classement.

«On joue dans la cour des grands, c’est ça ma mentalité depuis que je suis dans le sport universitaire. Quand j’étais à Sherbrooke, on est venus à une passe de touché de battre Laval chez eux, en finale québécoise de football. Ici, à l’UQTR, on ne part pas de rien, car l’équipe a déjà été championne nationale. L’excellence, on l’a déjà. Maintenant, il faut amener les gens à croire en nous, autant les futurs joueurs que les spectateurs et les partenaires.»