Patrice Doucet a revu plusieurs éléments de sa préparation il y a un peu plus d’un an. Il ne le regrette pas aujourd’hui.

Patrice Doucet: comme le bon vin

Trois-Rivières — Un peu comme le bon vin, Patrice Doucet vieillit plutôt bien. Âgé de 45 ans, le coureur du club Milpat Mauricie vient de connaître une saison dans laquelle il a réussi pas moins de cinq nouveaux records québécois chez les 45 ans et plus.

Après avoir établi de nouvelles marques au 400 m intérieur à Boston, au 800 m intérieur à Hanover, au 1500 m intérieur à Toronto et au 800 m extérieur à Sainte-Thérèse, Patrice Doucet est revenu à la charge le 2 décembre dernier alors qu’il a complété les 1500 m à McGill en 4:19,00, abaissant ainsi le record de 4:29,80 qui appartenait à Michel Cusson.

«Les épreuves de 1500 m ne sont pas ma force. Je préfère les 400 m et les 800 m. Par contre, dans les records vétérans, c’est lui qui était le plus accessible pour moi. J’avais fait 4:20,00 deux fois cette année donc je savais que j’étais capable de le battre. J’ai suivi mon plan de match. En début de course, je me suis servi de ma vitesse pour m’installer en avant et ne pas être dérangé», explique Doucet.

2016, une année décisive

C’est en juin 2016, alors qu’il s’entraînait pour aller au Championnat canadien, que Patrice Doucet a décidé de revoir certains éléments de sa préparation.

«J’étais classé troisième, je me disais que la seule chose qui me restait à faire pour améliorer mes performances, c’était de me prendre en main au niveau alimentaire. J’ai donc arrêté tout ce qui est desserts, chips et autres cochonneries. J’ai perdu 11 livres, cela m’a permis de revenir à mon poids d’enfance.»

Dernièrement, il a également commencé à faire des exercices de musculation en plus de diminuer son pourcentage de gras.

«C’est comme une drogue pour moi. Certains adorent les marathons, moi je préfère les courses plus rapides et intenses. L’adrénaline de ces courses-là m’amène à me dépasser», affirme celui qui a remporté l’athlète de l’année chez les 35 ans et plus lors du Gala Athlétas de la Fédération québécoise d’athlétisme.

Originaire de Grand-Mère, Patrice Doucet travaille comme planificateur financier. Il croit d’ailleurs que son emploi lui permet de bien conjuguer sa carrière professionnelle et la pratique de son sport. 

«Dans la période des impôts, j’arrête tout pendant deux mois. L’erreur que plusieurs coureurs font, c’est qu’ils n’arrêtent jamais. Ces deux mois-là me permettent d’éviter les blessures et de reposer mes muscles. C’est sûr que lorsque je recommence au mois de mai c’est plus difficile, mais ça revient assez vite», ajoute l’athlète qui s’entraîne en compagnie de sa femme et sa fille.

Objectifs

Ses yeux sont maintenant tournés vers le Championnat du monde qui se tiendra à Malaga en Espagne en septembre 2018. Le principal intéressé aimerait être parmi les cinq premiers.

«Le premier objectif c’est de participer à la finale, le deuxième c’est d’être médaillé. Nous allons voir rendu-là, ça va vraiment dépendre du calibre. À Lyon en 2015, j’étais 27e, mais je sais que je me suis vraiment amélioré depuis.»

Se femme, Marie-Claude Gagnon, veut aussi prendre part au Championnat du monde. 

«Elle ne veut pas venir en spectatrice, elle va s’inscrire, elle ne sait pas encore dans quelle épreuve, mais elle va participer elle aussi. L’hôtel et nos billets d’avion sont déjà réservés», conclut Doucet.

En attendant, il effectuera des courses de 800 m à Hanover et à Boston en janvier prochain. Il aura alors dans sa mire le record canadien détenu par l’ancien champion mondial, Micheal Sherar, qui est de 1:58,51.