Le premier vrai test de Sear est toutefois de trouver une façon au cours des prochaines semaines de monnayer Vitalii Abramov à sa juste valeur.

«Pas de problème à garder Abramov»

Alain Sear s’apprête à vivre son premier vrai test comme directeur général chez les Olympiques.

Après des années à regarder l’action des lignes de côté, le propriétaire des Olympiques Alain Sear est sauté dans la mêlée l’été dernier pour prendre le fauteuil de directeur-gérant de son équipe.

Les premières semaines n’ont pas été faciles. Sa vedette Vitalii Abramov se faisait tirer l’oreille pour revenir dans la LHJMQ, son gardien numéro un Mathieu Bellemare souhaitait se rapprocher du domicile familial pour épauler son père, qui se bat contre le cancer, et Marc-Olivier Alain a quitté l’équipe pour prioriser ses études. Bienvenue dans la jungle, Monsieur le directeur-gérant!

Sear a bien manœuvré dans les circonstances. Il est resté calme dans le dossier Abramov et l’espoir des Blue Jackets a fini par se rapporter en Outatouais. Incapable de trouver un partenaire de danse pour accommoder Bellemare, il l’a gardé plutôt que de le céder au rabais, en s’assurant que le portier shawiniganais bénéficie de temps pour aller visiter son papa quand c’était nécessaire. 

Quant à Alain, il a bouclé une transaction avec les Remparts. Un départ rassurant, pour les fans des Olympiques dont plusieurs étaient sceptiques sur la capacité du flamboyant homme d’affaires à faire un bon job à la barre du secteur hockey.

Un premier test

Le premier vrai test de Sear est toutefois de trouver une façon au cours des prochaines semaines de monnayer Vitalii Abramov à sa juste valeur.

Les Olympiques se préparent déjà pour monter une équipe à maturité quand ils doivent prendre possession de leur nouveau domicile, en août 2020. Ils ont raté l’occasion l’an dernier de mettre en banque un bouquet de choix dont un de premier tour, lorsqu’ils ont retiré Yakov Trenin du marché quelques heures avant la date limite pour les transactions. Refaire la même erreur avec Abramov priverait l’organisation de matériel de haute qualité pour le futur… 

«On verra. Notre philosophie, c’est que si nous devons nous départir d’un joueur aussi talentueux, c’est parce que nous obtiendrons notre prix», tranche Sear. 

«J’ai été heureux de voir la qualité des choix échangés pour (German) Rubstov (échangé de Chicoutimi à Bathurst il y a deux semaines). On peut comparer la situation d’Abramov avec celle de Dmytro Timashov et Timo Meier il y a deux ans. On a donc une excellente idée de ce que vaut un MVP dans notre ligue. Si on n’obtient pas ce que l’on veut, nous n’avons aucun problème à le garder», menace-t-il.

Sear se dit très heureux des performances de son équipe, qui se promène autour de la barre de ,500 depuis le début de la saison. «Notre groupe d’entraîneurs fait un excellent travail. Nous avons une équipe jeune et malgré tout, j’aime beaucoup notre équilibre. Mon travail, c’est d’ajouter du talent, que ce soit via le marché des agents libres ou par transactions.»

Sear a beau faire ses premières armes comme directeur-gérant, il gravite dans le secteur hockey depuis plusieurs années, ayant travaillé étroitement avec Benoît Groulx. Il dit avoir appris de quelques erreurs commises dans le passé. 

«J’en prends la responsabilité de ces erreurs. Nous n’échangerons plus nos meilleurs jeunes pour du court terme à l’avenir. On va développer nos jeunes puis les faire graduer.»

Vincent Sévigny

Sévigny comme appât?

Vincent Sévigny a été nommé joueur défensif de la dernière semaine dans la Ligue midget AAA. En deux matchs, le capitaine des Trifluviens a amassé quatre points. Il revendique maintenant 11 points en 19 matchs depuis le début de la saison.

Le nom de l’espoir des Tigres de Victoriaville ne manquera certainement pas d’alimenter les rumeurs au cours des prochaines semaines. Tout indique que les Tigres seront acheteurs à la prochaine période de transactions. 

Or leurs partenaires de danse potentiels vont rechercher des jeunes prometteurs et de bons choix au repêchage. Sévigny, un défenseur qui est le fils de Pierre, l’ex-hockeyeur professionnel, appartient sans contredit à la première catégorie.

Chiffre de la semaine: 16

C’est le nombre d’années dont les Olympiques auront eu besoin pour s’extirper de l’aréna Robert-Guertin. Et ça, c’est dans le meilleur des scénarios puisque le dossier du nouveau complexe qui devrait être disponible pour la saison 2020-21 fait l’objet actuellement d’une contestation devant les tribunaux.

«Mais pour nous, on continue à aller de l’avant avec nos partenaires. On pense que cette fois, c’est la bonne!», lance Alain Sear avec un petit sourire. 

«Ça fait depuis 2004 qu’on travaille sur le dossier. Ce fut de véritables montagnes russes. Je pense que j’ai déménagé trois fois depuis qu’on a ouvert ce dossier-là! Mais le club, lui, est toujours ici...»

Robert-Guertin respire le hockey junior. Il y a tant d’histoire dans ce vieux building autrefois animé par les Claude Giroux, Luc Robitaille, Pat Burns, Claude Julien, Martin Gélinas, Stéphane Matteau, Paul Byron et autres Maxime Talbot. Mais, comme l’aréna Jacques-Plante, il ne convient malheureusement pas aux normes des années 2000. 

Faute de loges, les propriétaires voient de gros revenus leur échapper. Et les fans, depuis quelques années, sont de moins en moins nombreux à accepter de s’y entasser. «On va avoir accès à 4000 bonnes places, à une quarantaine de loges. Ça va changer la dynamique au complet», prédit Sear, qui promet de tout mettre en œuvre pour attirer le tournoi de la Coupe Memorial en Outaouais quand le nouveau domicile de l’équipe sera livré.

En attendant, les Olympiques doivent composer avec Robert-Guertin. Sear s’encourage avec de nouvelles promotions qui semblent avoir été bien accueillies dans le milieu. 

«On a baissé le prix de certaines sections. Nos détenteurs de billets de saison auront tous un billet gratuit pour assister au match en plein air face aux 67’s d’Ottawa. On a eu une foule de plus de 3000 personnes la semaine dernière. Ce soir (face aux Cataractes vendredi dernier), nous serons plus de 2000. Nos efforts portent fruit.