Marc-Antoine Camirand s’associe avec Jean-Claude Paillé de Berthierville pour toute la saison 2018 de la série NASCAR Pinty’s.

Paillé et Camirand officialisent leur entente

Trois-Rivières — Il n’est pas reconnu pour être le plus exubérant ni le plus démonstratif, mais lors du point de presse confirmant son entente avec GM Paillé pour la saison 2018 de NASCAR Pinty’s, Marc-Antoine Camirand est devenu très émotif en prenant le micro.

«C’est le match parfait. Ça fait longtemps que je cherche un commanditaire qui me permettra de participer à toutes les épreuves du championnat. C’est enfin chose faite», a lancé le pilote de 38 ans de Saint-Léonard-d’Aston, dont le retour à temps plein au sein de la série la plus importante de stock-cars au Canada amènera du piquant dans la course au titre.

Recordman du nombre de victoires et de podiums dans l’histoire du Grand Prix de Trois-Rivières, Camirand se voit dérouler le tapis rouge par le concessionnaire automobile de Berthierville. Il travaillera aussi avec le réputé Scott Steckly, quadruple champion canadien de NASCAR et dont la réputation n’est plus à faire.

«Si vous regardez le bilan des courses des voitures de l’écurie de Scott, année après année, c’est très rare qu’on recense des problèmes mécaniques. C’est une écurie fiable, tout est rodé au quart de tour.»

Qui plus est, Steckly a toujours préparé des bolides compétitifs pour les circuits ovales, un endroit où Camirand devra s’imposer s’il souhaite prétendre au championnat 2018. «Mes dernières courses sur ovale remontent à 2015, lors de ma seule autre saison à temps plein dans la série. J’avais réussi deux podiums», rappelle le principal intéressé, au courant des intentions de GM Paillé depuis la fin de la dernière saison.

«Ça fait quelques mois déjà que je sais que tout va se matérialiser. J’ai dû garder ça pour moi et ce fut difficile! Maintenant, on se prépare pour le printemps. L’hiver va être long!»

Un mythe

Marc-Antoine Camirand sourit quand il entend certaines personnes, dans le milieu du NASCAR, prétendre qu’il n’a pas d’expérience sur les ovales. «Oui, je pense que je suis encore sous-estimé, on dit que je ne suis pas un gars d’ovale. Pourtant, j’ai eu du succès il y a deux ans et avec l’équipe de Scott, je peux faire encore mieux. Ils sont d’ailleurs en train de construire la voiture.»

Il n’en reste pas moins que le Léonardais a toujours des choses à prouver pour forger sa place parmi les meilleurs représentants de la série, lui qui est en quête d’une première victoire, après être passé proche trop de fois. En 23 courses, il revendique cinq podiums et une pole position, obtenue au GP3R en 2014. L’année suivante, on lui décernerait le titre de recrue de l’année.

«J’ai hâte de gagner! J’aurais aimé le faire avec les White [ses anciens partenaires et préparateurs], mais je sens que ça devient possible avec Steckly et Paillé. Je cherche un commanditaire sérieux depuis un bon bout de temps. Courir dans cette série, ça coûte 300 000 $ pour une année complète.»

Imiter Dumoulin?

Lorsqu’il a mérité le titre de recrue de l’année en 2011, Louis-Philippe Dumoulin a pu signer une entente lucrative avec WeatherTech et trois ans plus tard, il devenait champion de la série canadienne. Marc-Antoine Camirand peut-il répéter ses exploits, maintenant qu’il semble bénéficier de tous les critères pour connaître du succès?

«L.-P. avait gravi les échelons en trois ans, ce serait bien que je puisse le faire à mon tour! À l’époque où Louis-Philippe travaillait avec la gang de Steckly, Scott était encore pilote, donc il avait certainement un avantage pour les pièces et la fiabilité de la voiture. Les choses ont changé depuis et Scott n’est plus un pilote dans la série. Pour moi, je pense que c’est un plus. Paillé ne me mettra pas de pression indue, mais j’ai vraiment l’impression qu’on va se battre jusqu’à la fin pour le championnat.»

Et ça tombe bien, Camirand assure carburer à la même passion qu’il affichait à 17 ou 18 ans. «C’est la première fois depuis la fin des années 90 que je sais où je m’en vais aussi tôt dans une saison. Ça remonte à ma période en Formule 1600, quand mon père préparait mon char!»

Beaucoup de choses ont changé depuis et Camirand aurait pu abandonner sa carrière de pilote, lui qui a souvent frappé un mur – au sens figuré – aux pires moments de son cheminement. «La crise économique aux États-Unis, quand j’évoluais en série Rolex, a fait mal. Je gagnais ma vie là-dedans. L’arrestation de [Derek] White au printemps 2016, à quelques semaines de l’ouverture de la saison en NASCAR, a aussi été un dur coup à encaisser. À ce moment, je croyais que tout était fini. J’ai failli tout lâcher.»

Ça aura pris un coup de fil de Jean-Claude Paillé, en 2016, pour régler la question du GP3R en dix minutes. «Je tenais absolument à rouler à Trois-Rivières et avec J.-C., ç’a cliqué tout de suite. On se ressemble beaucoup, côté personnalité.»

Tant mieux, car ils auront souvent à travailler ensemble, dorénavant.