Laurence Vincent Lapointe et son avocat Adam Klevinas

«OUF!», dit Dave Frost

TROIS-RIVIÈRES — C’est un immense soupir de soulagement qui est poussé par toute la communauté sportive de la Mauricie qui s’était rangée derrière Laurence Vincent Lapointe, lors de l’annonce de son test positif au ligandrol, en août dernier. Pour l’ex-olympien en canoë-kayak Dave Frost, cet épisode devra toutefois servir de leçon à l’international sur la question du dopage et de la contamination croisée.

Dave Frost connaît Laurence Vincent Lapointe depuis son très jeune âge et a suivi toute sa carrière d’athlète. Pour lui, il ne faisait aucun doute que la jeune femme était honnête et disait la vérité... mais encore devait-elle réussir à le prouver.

«Ma première réaction, et je pense que c’est celle de tout son entourage aussi, c’est: OUF! C’est un énorme soupir de soulagement pour elle et pour tout son entourage. Imaginez la pression qui pesait sur les épaules de Laurence. Je l’ai vue grandir, je sais que c’est une personne intègre et qu’elle prenait un soin méticuleux à couvrir tous les angles possibles pour s’assurer de pratiquer un sport propre, pour ne rien échapper», se souvient Dave Frost.

Dave Frost

Ainsi, cet immense coup reçu dans le dos de l’athlète, à quelques mois de l’atteinte de son rêve olympique, est vite apparu comme un cauchemar. «Laurence, dans toute sa carrière, elle a ramé à contre-courant. Elle a dû s’imposer en canot, car ce n’était pas une discipline olympique pour les filles dans le temps, mais maintenant elle est devenue une figure de proue. Et là, il lui est arrivé cette malchance, mais elle s’est battue pour démontrer la vérité. Si elle peut se remettre de ça, je dis qu’elle peut accomplir n’importe quoi désormais», mentionne-t-il.

Réflexion

Pour Dave Frost, le cas Vincent Lapointe devra permettre au Comité international olympique de se poser de sérieuses questions et d’agir rapidement pour développer de nouvelles politiques tant pour le dopage que pour les substances interdites, de même que leur concentration dans l’organisme.

«Ça vient juste confirmer que le sport vient d’entrer dans une nouvelle phase à travers le monde. Maintenant, on peut se retrouver contaminé par le biais de son conjoint ou sa conjointe, par contamination croisée. Est-ce que les athlètes devront désormais vivre dans une bulle à l’approche des Olympiques? Est-ce qu’on devra éviter tout contact avec l’extérieur», se questionne Dave Frost, qui constate que les choses ont drôlement changé depuis sa participation aux Jeux de Séoul et de Barcelone.

«À mon époque, ça se résumait à quelques médicaments bien spécifiques. Plus tard, dans les années où Gabriel Beauchesne-Sévigny est allé aux Jeux, on parlait aussi des différents types de vitamines», se souvient-il, rappelant qu’une substance comme le ligandrol agit comme un stimulateur des récepteurs à la testostérone.

Selon sa compréhension, la quantité qui a été retrouvée dans le test de Laurence Vincent Lapointe n’aurait pas fait en sorte que son organisme puisse en être modifié au niveau des performances. Mais puisque c’était là, le test est sorti positif. «Il n’y a aucune limite d’établie quant à la concentration de ce qui peut être considéré comme du dopage pour ces substances. Il va falloir bouger rapidement et développer des politiques pour ça, parce que c’est clair qu’il y aura d’autres cas comme celui de Laurence», croit Dave Frost.