La formation de soccer féminin des Patriotes traverse sa meilleure séquence en plus de 20 ans.

«On veut écrire l’histoire»

TROIS-RIVIÈRES — En débarquant à la tête du programme de soccer féminin des Patriotes de l’UQTR à l’hiver 2017, Durnick Jean avait l’ambition de redorer le blason de ce programme trop souvent relégué au fond du classement provincial. Après une première saison en demi-teinte, le nouvel entraîneur-chef semble en voie de réussir son audacieuse mission.

À mi-chemin du calendrier automnal 2018, les Patriotes pointent au deuxième rang du circuit universitaire québécois avec un dossier de quatre victoires, une défaite et deux matchs nuls. À ce rythme, les porte-couleurs orange et vert pourraient savourer une première saison gagnante depuis 1997. Une disette de 21 ans! Cet automne-là, les Patriotes venaient de boucler une troisième saison avec une fiche positive. Depuis, les représentantes de l’UQTR n’ont jamais dépassé le seuil des quatre victoires en une saison, un total qu’elles ont déjà égalé à la mi-saison.

Pour l’entraîneur-chef des Patriotes, nul doute que les premiers jalons posés l’an dernier rapportent des dividendes. «La saison dernière, 13 nouvelles filles sont arrivées dans l’équipe. Cette saison, il n’y en a que quatre. Notre groupe demeure donc sensiblement le même. Tout le monde a progressé ensemble et ça se transpose bien dans les résultats.»

Au fil des semaines, Jean a évidemment été mis au parfum du cachet historique de cette campagne. Malgré un début fort intéressant, pas question de s’arrêter là. L’objectif est bien clair: participer aux séries éliminatoires pour la première fois depuis 1997.

«On veut écrire l’histoire. Dans notre groupe, on n’a pas nécessairement de joueuses qui se démarquent au niveau des statistiques individuelles. Tout le monde met l’épaule à la roue pour obtenir du succès», explique-t-il, notant au passage le rôle de leadership exercé par les Marie-Laurence Ouellet, Stéphanie Bouchard et Gabrielle Lambert.

De retour chez les Patriotes après deux saisons chez les professionnels en France, Lambert vient d’ailleurs stabiliser une formation qui cherchait désespérément une solution entre les poteaux. «On ne commet pas beaucoup d’erreurs, mais quand on en fait, elle les répare très souvent. Sa présence est réconfortante pour tout le monde.»

Un déclic
Jean a compris qu’il misait sur un groupe dédié lors de la troisième semaine d’activités. Au Stade Telus de l’Université Laval, ses équipières ont arraché un verdict nul de 2-2 aux puissantes joueuses du Rouge et Or, en revenant de l’arrière deux fois. Dimanche, il a aussi aimé le rendement de sa bande lors de la première défaite de la saison, 2-0 devant les Carabins de l’Université de Montréal, championnes canadiennes en titre.

«Notre match nul contre Laval a fait des vagues à travers le réseau. Plusieurs personnes m’en ont parlé. Les filles ont beaucoup gagné en confiance avec ce résultat. Ensuite, on a réussi à tenir 0-0 la première demie contre Montréal. C’est très positif!»

Au-delà de tout le positivisme à court terme dégagé par un aussi bon début de saison, le grand manitou du programme de soccer féminin souligne les bénéfices à long terme. «Mon but, c’était de rendre le programme compétitif. Par contre, ce n’était pas toujours facile d’attirer des joueuses ici, en raison de l’historique du programme. Déjà, je ressens une grande différence pour les prochaines saisons alors que des joueuses ont déjà démontré leur intérêt pour venir jouer chez nous», ajoute Jean, qui est secondé par Marie-Ève Nault et Philippe Marchand derrière le banc.

Les Patriotes vont amorcer la deuxième moitié de leur calendrier jeudi en recevant la visite des Stingers de Concordia au Stade Gilles-Doucet sur le coup de 18 h 30. Plus tôt cette saison, l’UQTR a remporté le premier match entre les deux équipes, au compte de 2-1.