Nathalie Vincent et Guy Lapointe étaient aux côtés de leur fille lors de ce moment fort émotif.

«On va se battre avec elle»

Montréal — Nathalie Vincent et Guy Lapointe devaient partir pour la Hongrie mardi, où ils allaient encourager leur fille, la triple championne du monde des trois disciplines du canoë féminin. Les plans ont changé pour les raisons que l’on connaît.

Secoués par la nouvelle qui ébranle le monde du sport amateur au Québec, les parents de Laurence Vincent Lapointe ont juré à leur fille qu’ils la seconderaient dans sa quête de justice, elle qui aura le fardeau de la preuve et qui devra donc prouver son innocence. «C’est impossible et surréel. Il n’y a pas plus honnête et intègre que ma fille», a lancé Nathalie Vincent, déterminée à se rendre au bout de cette affaire pour maintenir le rêve olympique bien vivant.

«Laurence est championne depuis presque 10 ans, elle a été testée à plusieurs reprises. Nous allons tout analyser ce qu’elle a pris, on va remuer ciel et terre pour elle.»

Guy Lapointe n’en revenait pas «du courage» de sa fille. «Nous allons être près d’elle», a-t-il soufflé, pris par l’émotion.

«Elle est dévastée, on ne dort pas beaucoup depuis une semaine. Quand elle m’a appelé, elle m’a dit "Papa, je ne veux pas être perçue comme une tricheuse, je ne serais pas capable de me regarder dans un miroir." C’est difficile à entendre.»

Un autre combat à mener

Laurence Vincent Lapointe n’avait pas 10 ans quand elle est montée à bord d’un canoë. Ses parents l’ont vu chuter plusieurs fois, avant qu’elle ne commence à gagner des courses.

Remplis de fierté, ils étaient aux premières loges quand leur fille se battait avec d’autres athlètes pour faire reconnaître le canoë féminin comme une discipline olympique. C’est à Tokyo, en 2020, que le sport sera inclus, alors que les hommes y évoluent depuis 1936.

«Laurence a travaillé pour amener les femmes aux Jeux et elle a réussi. On va se battre avec elle face à ce nouveau défi. Nous ne sommes pas des spécialistes, mais croyez-moi, on va le devenir!»

Ce printemps et au début de l’été, la Trifluvienne distançait toujours ses adversaires dans les catégories individuelles. Ceci dit, le couple Vincent Lapointe ne croit pas en un sabotage.

«Pour avoir assisté à quelques compétitions, les filles s’embrassent à la fin des courses, elles fraternisent, affirme Guy Lapointe. Il n’y a pas de tricheuses reconnues dans ce sport et on voit mal comment ça aurait pu arriver. De ce qu’on comprend, c’est une dose résiduelle qui a été retrouvée, ça ressemble à une contamination.»

Les parents de la multiple championne du monde étaient aussi heureux de constater les réactions des anciens coéquipiers de leur fille, dans Le Nouvelliste de mardi.

«Les gens qui la connaissent ne comprennent pas. Laurence, c’est un livre ouvert, elle aurait été incapable de ne pas l’admettre», mentionne Nathalie Vincent.

Laurence Vincent Lapointe serait prête à passer un polygraphe afin de dissiper les doutes la concernant.