Le temps commence à presser pour l’entrepreneur Dean MacDonald qui caresse le rêve d’amener un club-école des Canadiens de Montréal au nouveau Colisée de Trois-Rivières.

Nouveau colisée: MacDonald espère une réponse bientôt

TROIS-RIVIÈRES — S’il n’en tient qu’à l’homme d’affaires Dean MacDonald, il y aura suffisamment d’espace dans le nouveau Colisée de Trois-Rivières pour plancher sur une cohabitation entre un potentiel club-école des Canadiens de Montréal de la Ligue ECHL... et les Patriotes de l’UQTR.

Ce n’est pas parce qu’il est à St. John’s, sur l’île de Terre-Neuve, que MacDonald ne s’intéresse pas à ce qui se trame sur le continent, plus précisément en Mauricie.

On le sait, le propriétaire des Growlers, le deuxième club affilié des Maple Leafs de Toronto, désire créer une franchise professionnelle de hockey à Trois-Rivières. Il y a deux semaines, Le Nouvelliste apprenait qu’une lettre avait été envoyée à la Ville pour confirmer l’intérêt de MacDonald. Même si cette organisation n’a rien confirmé, il a aussi été permis d’apprendre que les Canadiens sont dans le coup. Ils n’ont toujours pas de club-école dans la Ligue ECHL.

Rejoint dimanche en début de soirée, l’architecte derrière ce projet n’avait pas encore reçu de nouvelles du maire Jean Lamarche, une quinzaine de jours après s’être manifesté de façon officielle.

«Oui, ça me surprend. J’espère une réponse bientôt. J’ai fixé mon échéancier à la mi-décembre et la ligue m’appuie en ce sens», a-t-il mentionné en entrevue téléphonique. «Je ne peux pas parler au nom de la Ville et je sais que le maire était en mission économique en Europe. Je comprends tout ça, mais un simple retour de sa part m’aurait contenté en attendant la décision. Nous respectons le processus, sauf que le décompte est clairement lancé.»

Le Nouvelliste a tenté dimanche de s’entretenir avec le commissaire de la Ligue ECHL Ryan Crelin, mais en vain. Dean MacDonald a néanmoins assuré que le suivi se faisait sur une base hebdomadaire. «Il suit assidûment tout ce qui se passe avec le dossier de Trois-Rivières. J’ai parlé à nos dirigeants pas plus tard que vendredi dernier et oui, ils ont un vif intérêt à voir une autre équipe canadienne dans le circuit.»

Et cette nouvelle franchise pourrait fort bien manœuvrer dans ses cases horaires avec une formation universitaire comme les Patriotes, croit MacDonald. On l’a déjà dit, le Terre-Neuvien a fait ses devoirs. Depuis sa première visite dans la cité de Laviolette en août, il s’informe beaucoup sur la ville et la région, notamment grâce à Marc-André Bergeron. Pour lui, il serait naturel d’associer les deux produits.

«On serait ici pour faire du hockey, mais aussi pour assurer un volet divertissement. Nous voulons être en symbiose avec la communauté, dont le hockey mineur. À St. John’s, les Growlers sont très impliqués et j’aimerais copier ce modèle chez vous.»

MacDonald rappelle qu’une saison des Patriotes se limite à une quinzaine de rencontres locales tandis que pour la Ligue ECHL, ça monte à près d’une quarantaine. «Quand je vous dis qu’il y a de la place pour deux équipes! Plus que ça, on pourrait travailler ensemble pour certains projets.»

MacDonald prend bien soin de ne jamais mentionner le nom des Canadiens, car il ne veut pas parler pour eux. Par contre, on comprend entre les lignes qu’il verrait d’un bon œil un partenariat entre les Canadiens et le Cirque du Soleil.

Son président et directeur général, Daniel Lamarre, s’implique avec les Patriotes depuis quelques mois, avec l’objectif de les ramener parmi les meilleurs programmes universitaires au pays. L’équipe connaît un excellent début de saison et l’avenir semble prometteur avec plusieurs bonnes recrues.

une Semaine importante

Le maire de Trois-Rivières, Jean Lamarche, a pris connaissance de la lettre envoyée par Dean MacDonald. S’il ne lui a pas encore répondu, c’est qu’il désire en discuter avec les conseillers municipaux. Ça devrait se faire dans les jours à venir.

«Monsieur MacDonald est un entrepreneur respecté et l’intérêt qu’il porte pour Trois-Rivières est flatteur. Il a fait une offre pour occuper le nouveau Colisée, sauf qu’il n’est pas le seul. Je sais que les délais sont courts dans ce dossier. D’un autre côté, je ne veux pas négocier dans les journaux.»

Du même souffle, le premier magistrat assure qu’il ne sent pas de pression du clan MacDonald. Le principal intéressé confirme que ce n’est pas son intention.

«Je ne souhaite pas placer le maire dans une situation impossible. D’un autre côté, c’est important que les gens sachent que nous sommes assez avancés dans le dossier. On a commencé à penser au logo et au nom de l’équipe.»

Quant au calibre de la Ligue ECHL, critiqué par plusieurs amateurs, MacDonald jure que le produit serait de qualité. «Le circuit se rapproche de plus en plus du calibre de la Ligue américaine. Ici à St. John’s, six joueurs des Growlers font désormais partie des Marlies de Toronto de la Ligue américaine. Les fans ne seraient pas déçus.»