Adonis Stevenson défendra son titre des mi-lourds de la WBC pour la cinquième fois à Québec, samedi.

Négligé? Adonis Stevenson s’en fiche

Champion du monde WBC depuis 2013 des mi-lourds, Adonis Stevenson (29-1-1, 24 K.-O.) se fiche d’être considéré comme négligé en prévision de son combat de samedi contre l’étoile montante ukrainienne Oleksandr Gvozdyk (15-0-0, 12 K.-O.). À 41 ans, il estime être dans une excellente forme physique et entend défendre son titre une dixième fois.

«Tout va bien, ma préparation a bien été et j’aime bien me battre à Québec, où j’ai défendu mon titre plusieurs fois», a déclaré Stevenson en entrevue après son entraînement public mardi chez Sportium. Il faisait référence à ses victoires contre Tony Bellew, Dmitry Sukhotsky et Sakio Bika en 2013, 2014 et 2015, au Colisée Pepsi, et contre Thomas Williams Jr, au Centre Vidéotron en 2016.

Pour la première fois cependant, le champion défendra son titre avec un statut de négligé, samedi à Québec. Loto-Québec donne une cote de 1,50 pour ceux qui choississent Gvozdyk gagnant et de 2,20 pour ceux qui misent sur Stevenson. «Je m’en fiche, du statut de négligé. Je ne regarde jamais la cote parce que ça se passe dans le ring.»

Le fait que son adversaire soit toujours invaincu ne semblait pas le préoccuper non plus. «Je me suis bien entraîné, j’ai bien travaillé, qu’il n’ait aucune défaite, ça ne veut rien dire. Moi, je m’en vais là pour boxer et je vais boxer!»

Du «hype»

Pour Stevenson, tout le battage médiatique qui entoure Gvozdyk est du tape-à-l’œil. «C’est toujours du hype... Ok, c’est un gars qui boxe bien et qui finit ses rounds, mais son jeu de jambes n’est pas excellent et il n’a pas tellement un bon équilibre.»

Il ne considère d’ailleurs pas Gvozdyk comme son plus redoutable adversaire. Ce titre reviendrait plutôt à Bellew, qu’il a battu par K.-O. technique. «Vous savez, Bellew a été champion du monde des poids lourds et je l’ai battu.»


« Je ne regarde jamais la cote parce que ça se passe dans le ring »
Adonis Stevenson

Si Stevenson réussit à défendre son titre une dixième fois, il battra le record québécois de Lucian Bute, qui avait défendu le sien neuf fois. Il poursuivrait aussi son règne de champion qui est déjà le plus long parmi les champions actuels, selon le promoteur Yvon Michel.

Encore une fois, le principal intéressé ne semble cependant pas faire grand état de cette possibilité. «Non, je n’ai pas vraiment pensé à ce que ça représente pour moi, cette dixième défense de titre», a-t-il avoué.

Le plus bel historique

Michel estime pour sa part que l’Ukrainien est l’adversaire de Stevenson qui amène avec lui le plus bel historique. «Il a une médaille olympique [le bronze à Londres en 2012], il a une grosse organisation [Top Rank] derrière lui et il a le titre de champion intérimaire», commente-t-il, allant même jusqu’à comparer Gvozdyk au champion du monde des mi-lourds Dmitry Bivol, également invaincu en 15 combats professionnels.

«Mais il y a un bémol, son titre de champion intérimaire, Gvozdyk l’a obtenu en battant un obscur boxeur français [le Marseillais Mehdi Amar, 35-6-2] que personne ne connaît. Moi, je crois que le combat qui l’a mis sur la carte, c’est celui contre Isaac Chilemba en 2016. C’est le seul de ses combats qui a fait “wow! ” selon moi», poursuit Michel, avant de se lancer à la défense de son poulain.

«S’il est négligé, c’est probablement parce qu’il a plus de 40 ans. À son âge, il faut qu’il se prouve chaque jour. Mais on n’a rien vu de lui qui aurait pu démontrer qu’il est en perte de vitesse. Dans son match nul contre Badou Jack, il avait une mauvaise grippe et, s’il était sur la pente descendante, il n’aurait jamais réussi à remonter au 10e et au 11e round pour soutirer le match nul.»

Si Stevenson réussit à défendre son titre une fois de plus, Michel croit qu’il voudra affronter d’autres adversaires de gros calibre. «Adonis rêve toujours de faire une unification de titres, d’aller chercher une autre ceinture. On regardera cette possibilité-­là de près après son combat.»

+

UN ADONIS PLUS TECHNIQUE

Adonis Stevenson fêtant avec son entraîneur «Sugar» Hill Steward sa victoire sur le Polonais Andrzej Fonfara, le 2 juin 2017 au Centre Bell.

Si on se fie aux dires de Javan «Sugar» Hill Steward, les amateurs de boxe qui prendront place au Centre Vidéotron samedi devraient voir un Adonis Stevenson plus technique contre l’Ukrainien Oleksandr Gvozdyk.

«Adonis est reconnu comme un solide cogneur, mais ce n’est pas qu’un cogneur. On a travaillé beaucoup sur l’aspect technique, il arrivera dans le ring avec un esprit différent. On essaie de créer des choses. Samedi, Adonis devrait être plus efficace au niveau technique», a déclaré après l’entraînement public de Stevenson, mardi, celui que tous appellent simplement Sugar Hill.

«Le travail que je fais avec Adonis n’est pas que physique, il est aussi mental puisque c’est aussi ça, la boxe», poursuit celui qui gère le légendaire Kronk Gym de Detroit. Il avoue cependant que ni lui ni Stevenson n’ont regardé beaucoup de films de son prochain adversaire en vue du combat de samedi.

«On ne fait pas beaucoup de vidéo parce que les choses changent beaucoup trop d’un combat à l’autre. Un boxeur peut miser beaucoup sur un certain aspect dans ses combats et changer de tactique pour un autre combat. Tout est différent dans le ring.

«Pour Adonis, c’est un très gros combat. Il veut garder son titre et le faire d’une manière éclatante. Vous savez comment il aime les knockouts, alors que tombe la neige!» a-t-il cependant aussi lancé pour rappeler que Stevenson continuerait de miser sur ses mains rapides et sur sa solide gauche qui a envoyé plus d’un adversaire au tapis.

Quelques rappels

Sugar Hill admet cependant que Stevenson aura devant lui un boxeur de grande qualité. «Gvozdyk est un combattant de l’élite et il mérite d’être là», affirme-t-il en maintenant cependant une foi inébranlable en son poulain natif de Port-au-Prince, maintenant établi à Blainville.

«Tu te souviens quand il avait affronté Tony Bellew? Tout le monde disait d’Adonis qu’il n’avait qu’une seule corde à son arc, mais il a quand même gagné. Adonis a encore plus en lui que ce que les gens ont vu jusqu’à maintenant. Souviens-toi comment il a fait ouvrir les yeux de tout le monde quand il a combattu contre Tavoris Cloud!» a-t-il plaidé.