Simon Fraser est la seule université au Canada dans la NCAA. Les 17 programmes sportifs de l’université de la région de Vancouver évoluent dans le circuit
universitaire américain.
Simon Fraser est la seule université au Canada dans la NCAA. Les 17 programmes sportifs de l’université de la région de Vancouver évoluent dans le circuit universitaire américain.

NCAA: «le meilleur des deux mondes»

TROIS-RIVIÈRES — L’université Simon Fraser (SFU) en Colombie-Britannique est la seule université canadienne à faire partie de la NCAA. Intégrée officiellement au circuit américain en 2012 après deux années à titre de membre provisoire, SFU compte maintenant 17 équipes en NCAA. Il s’agit, selon Annie Hamel, l’entraîneur-chef de l’équipe de soccer féminin de cette université canadienne, «du meilleur des deux mondes».

«Nos joueuses reçoivent leur diplôme canadien et leur expérience sportive du circuit américain. C’est le meilleur des deux mondes», affirme l’entraîneur originaire de Magog au Québec à la tête de l’équipe de soccer féminine de cette université de la région de Vancouver depuis 2014.

Elle-même ancienne joueuse de la NCAA pour l’université du Maine avant de poursuivre sa carrière chez les professionnelles avec le FC Indiana et le Fury d’Ottawa, Annie Hamel connaît bien le sport universitaire américain. Un des principaux désavantages des études dans les universités américaines est l’obligation, lorsqu’un étudiant-athlète souhaite joindre un ordre professionnel d’une province canadienne, il doit retourner à l’école pour obtenir ses équivalences canadiennes.

Être membre d’un circuit de la NCAA ne rend pas nécessairement plus facile le recrutement. C’est du moins le cas de l’équipe de soccer féminin de SFU, mentionne Annie Hamel. La concurrence des autres universités de l’Ouest canadien est féroce. Le choix du programme académique peut jouer pour beaucoup dans le choix d’une université pour plusieurs étudiants-athlètes.

L’entraîneur-chef de l’équipe féminine de soccer de SFU, Annie Hamel.

«Je ne vais pas être capable de signer une meilleure joueuse parce que nous sommes dans la NCAA. Nous avons plusieurs universités comme UBC qui sont dans le circuit universitaire canadien et elles signent autant de joueuses que nous. Et des fois des meilleures que nous parce que le monde veut aller là. Plusieurs joueuses ne changeront pas leur idée par rapport au diplôme qu’elles veulent avoir pour aller en NCAA», souligne-t-elle.

«On a plus de chance par contre de recruter des joueuses de l’Ontario qui veulent évoluer dans la NCCA, pouvoir jouer au soccer à l’extérieur toute l’année et étudier à Vancouver.»

De jeunes joueurs de hockey semblent être séduits de plus en plus par la possibilité d’évoluer pour un collège américain.

«Ça permet de jouer du gros calibre de hockey et en même temps, de sortir avec un diplôme universitaire. C’est un choix personnel, mais si les études sont importantes et de jouer dans un haut niveau l’est aussi, la NCAA est une très belle avenue. Je mets des efforts pour expliquer ça aux Québécois», soutient Dave Noël-Bernier, entraîneur adjoint de l’équipe de hockey Nebraska Omaha évoluant en première division.

Ayant lui-même fait le choix de jouer dans la NCAA plutôt que pour la Ligue de hockey junior majeur du Québec, Dave Noël-Bernier note que le développement d’un jeune joueur de haut niveau qui aspire aux circuits professionnels ne passe plus que par le hockey junior.

«Ç’a changé beaucoup. La preuve, c’est le repêchage de la Ligue nationale de hockey toutes les années. La LHJMQ, c’est là qu’il y a le moins de joueurs québécois de repêchés. Dans les 5-6 dernières années, c’est facile à voir. Il y a beaucoup plus de joueurs de la USHL qui sont repêchés maintenant que de joueurs de la LHJMQ», soutient-il. «On ne peut plus dire aux jeunes que pour être professionnel, il faut jouer junior majeur et que ça va lui donner une meilleure chance. C’est complètement faux maintenant. Tu veux mettre les chances de ton côté pour jouer dans la ligue nationale, les collèges américains vont te donner l’opportunité de le faire.»