­Henri Richard et Jean-Guy Talbot étaient amis depuis 1955, alors qu’ils ont participé au camp d’entraînement du Canadien. ­

Mort d'Henri Richard: «je perds mon meilleur ami»

TROIS-RIVIÈRES — Pour plusieurs, Henri Richard était une idole.

Pour Jean-Guy Talbot, c’est un proche qui est disparu vendredi. Le Trifluvien pleure évidemment le départ de son ancien coéquipier, avec qui il s’est lié d’amitié au milieu des années 50. «Je perds mon meilleur ami, c’est aussi simple que ça. Nous sommes arrivés en même temps au camp du Canadien de Montréal, en 1955. Nous étions deux têtes dures, c’est peut-être pour ça que nous sommes aussitôt devenus amis. Les cinq coupes Stanley d’affilée qui ont suivi ont sûrement aidé aussi», sourit l’ex-défenseur. «Même quand je suis parti pour St. Louis, notre amitié est restée aussi forte. Quand le Canadien venait jouer contre les Blues, Henri, son épouse et ses enfants venaient dormir à la maison. On a joué au hockey, au tennis, on ne manquait aucune occasion pour se voir. Il avait du caractère à revendre, j’appréciais ça», poursuit-il.

Sur la glace, Henri ne passait évidemment pas inaperçu. D’abord pour sa petite taille, mais aussi pour sa façon de jouer sans compromis. Il était bien plus que le frère de Maurice Richard. «Il n’y a pas beaucoup de joueurs de son gabarit qui en faisait autant que lui sur la glace. C’était tout un joueur d’équipe. Même à travers le temps, je n’ai pas vu beaucoup de joueurs en mesure d’amener autant d’intensité. Son record de onze coupes Stanley ne sera jamais battu. Et pour plusieurs de ses conquêtes, il a joué un rôle central. Je sais qu’il avait adoré jouer avec son frère en début de carrière. Mais par la suite, il s’est forgé son propre chemin», fait valoir Talbot.

Sans être aussi proche, Robert Rousseau a connu Henri Richard à l’adolescence. «Quand il jouait dans le hockey mineur, il y avait deux joueurs dominants de son âge au Québec, soit lui et mon frère Guy. J’ai toujours admiré son ardeur au jeu, sa combativité. Des mauvais matchs, lui il ne connaissait pas ça. C’était un acharné, un vrai», lance le Louisevillois, qui établit une certaine comparaison avec le feu qui anime Brendan Gallagher. «Stan Mikita était lui aussi une inspiration semblable pour ses coéquipiers. Henri était un modèle, un gars très respecté.»

Léon Rochefort n’a pas partagé le vestiaire des Glorieux aussi longtemps avec le Pocket Rocket, mais il a eu le privilège de jouer de temps à autre avec lui. «Quand j’étais rappelé de Québec, souvent j’évoluais sur le même trio que lui. C’était incroyable de le voir jouer avec autant de fougue. C’était un vrai passionné du hockey. Il semblait être né pour notre sport. Autant c’était un gars tranquille à l’extérieur de la glace, un gars qui ne cherchait pas la publicité, autant c’était un acharné une fois rendu sur la glace. Et il prenait la défense de tous ses coéquipiers, peu importe qui était devant lui. Pour ça, il avait le respect de tous, pas juste de ses coéquipiers, mais de tous les joueurs de la ligue.»

Comme Talbot, Rochefort assure que sa récolte de 11 coupes n’est pas le fruit du hasard. «Beaucoup de ses Coupes portent son empreinte. Un fier compétiteur, c’est exactement l’image que je vais garder d’Henri.»