Amélia Jacques et Camille Duquette livrent un vibrant témoignage sur leur passion, le football.

«Mon sport est sécuritaire»

Trois-Rivières — Au cours des dernières années, Le Nouvelliste a souvent dressé le portrait de jeunes filles qui s’intègrent avec succès aux équipes de football de leur école. Ce sport qui a parfois mauvaise presse en raison du dossier des commotions cérébrales provoque les débats, mais pour Camille Duquette et Amélia Jacques, il est d’abord une passion. Une passion vécue au quotidien sur le terrain de l’Académie les Estacades.

Camille a 14 ans, Amélia 13. Les deux évoluent sur la formation défensive partante des Estacades cadet et elles en sont fières. Du même souffle, elles admettent ne pas comprendre pourquoi le football, comme il leur est enseigné, a si mauvaise réputation chez une partie de l’opinion publique. «Je juge que le football est vraiment sécuritaire, lance Camille Duquette, sans détour. Ça me fait suer d’entendre dire qu’un jour, le sport disparaîtra à cause des problèmes de commotions. La vérité, c’est qu’il y a des risques de commotions dans beaucoup de sports, dont au hockey. Nous, on veut continuer à jouer et nous ne sommes pas seules, c’est une passion!»

Pour elle et Amélia, rien n’égale l’adrénaline qu’elles puisent en situation de match. Elles jouent au football depuis plus d’un an et jamais elles n’ont regretté leur choix.

«C’est le premier sport que je pratique de façon sérieuse et je m’y suis toujours sentie en sécurité. Je n’ai jamais eu à convaincre mes parents. Mon père connaît ça, il sait que l’équipement répond aux exigences», enchaîne Amélia Jacques.

Ce n’est cependant pas le cas pour tous les jeunes. En ce sens, Camille avoue qu’elle a dû se montrer assez persuasive avec ses parents.

À force de persévérer, elle les a finalement convaincus. C’est d’ailleurs son père qui a écrit au Nouvelliste pour vanter les mérites de la discipline.

«Oui, elles se font plaquer par des gars, mais surtout, elles en plaquent au sol en retour. Ce sport est merveilleux et est très bien encadré. Il y a un protocole très sévère pour les commotions», nous écrivait Martin Duquette, il y a quelques jours.

Sa fille ne peut qu’approuver ses propos. «Le football me défoule! Peu importe ce qui se passe, que tu aies un malentendu à l’école ou une mauvaise passe, il y aura toujours un coéquipier qui va te ramener à la réalité et te recentrer sur toi-même. C’est une super ambiance, il faut le vivre pour comprendre. Le foot m’a amené plein de belles choses et il m’enseigne de bonnes valeurs.»

Voilà qui sonne comme de la musique aux oreilles du responsable de la structure de football aux Estacades, Pierre De Jean.

«Si tout le monde peut embarquer dans ce discours, ça aidera à rendre notre sport populaire à nouveau. Ce n’est pas rien que ce soit des filles qui le disent, c’est une belle marque de confiance envers le football et les intervenants.»

De Jean sait de quoi il parle. L’an passé, son équipe benjamine a perdu par forfait toutes ses parties en raison d’un manque d’effectifs. Cette saison, les jeunes évoluent en football à 9, dans la région de Québec.

«D’autres écoles ont subi les contrecoups de la campagne négative contre le foot. On ne veut pas se comparer aux autres sports, mais on a fait nos devoirs. Les techniques de plaqué ont changé, il n’y a plus de contacts casque contre casque. Même les blocs en angle mort sont désormais interdits. On leur apprend à faire ces blocs en étirant les bras pour éviter les blessures.»

Les Estacades s’investissent dans le football scolaire, à l’instar d’autres organisations. L’an passé, ils ont regroupé des jeunes de six écoles primaires du secteur Cap-de-la-Madeleine pour former «deux grosses équipes.»

«Tranquillement, nous sommes en train de remonter le nombre d’inscriptions au secondaire et au primaire, après la très grande baisse vécue dans les dernières années.»

Responsable des programmes sport-études aux Estacades, Luce Mongrain note que le nombre de commotions cérébrales recensées chaque année à cet établissement d’enseignement est stable depuis 2008, et ce pour toutes les disciplines. «Le gros changement, c’est qu’on a responsabilisé les écoles et sensibilisé les gens face au problème des commotions», note celle qui a participé aux travaux du groupe de travail sur les commotions cérébrales, commandé par le ministère de l’Éducation il y a quelques années. «Le football est un sport qui s’est adapté aux recommandations, en grande partie grâce à ses intervenants.»