Mikaël Zewski et Marie-Ève Dicaire seront les principales têtes d’affiche du gala présenté par Yvon Michel le 28 juin à Montréal.

Mission : ouvrir la fenêtre d’opportunités

Trois-Rivières — Ce n’est pas un grand secret d’état, la carrière de Mikaël Zewski (32-1, 22 K.-O.) n’a pas beaucoup avancé ces dernières années. Il y a eu des blessures, quelques rendez-vous manqués, et un nouvel ordre mondial dans la gestion du noble art qui ont retardé ses projets de se mesurer à la crème.

Son promoteur Yvon Michel convient qu’il doit maintenant provoquer le destin, avec un plan de match qui pourra le mener jusqu’à un statut d’aspirant obligatoire. Ce nouveau plan s’amorce le 28 juin face au Mexicain Abner Lopez (27-9-1, 23 K.-O.) en demi-finale d’un gala au Casino de Montréal où la ceinture internationale WBC de Zewski sera à l’enjeu, de même que deux autres titres vacants nord-américains, ceux de l’IBF et de la WBO.

«Présentement, Mikaël est trop dangereux pour les gars classés devant lui, et pas assez reconnu pour être une cible pour les champions du monde», note avec justesse Yvon Michel, qui va donc délier les cordons de sa bourse pour payer trois sanctions afin de lui donner un élan dans les classements mondiaux. «Une victoire convaincante va permettre à Mikaël d’être classé dans le top 15 de trois associations différentes, et de s’insérer dans le top 10 de la WBC» martèle Michel, qui ajoute que quelques victoires spectaculaires pourraient l’amener en championnat du monde en 2020.

«Il n’est pas trop tard, Mikaël a 30 ans. Éric Lucas est devenu champion du monde à 30 ans. Il y a d’ailleurs des comparaisons à faire entre les deux. Comme Éric, Mikaël est humble, talentueux et déterminé. En boxe, des fois ça peut aller vite, des fois ça prend du temps. Ce qu’il faut, c’est être prêt quand la fenêtre d’opportunités s’ouvre. Eleider Alvarez et Oscar Rivas ont eu ce genre de parcours dernièrement. Ce qu’il manque à Mikaël pour ouvrir cette fenêtre, c’est un peu de notoriété. On va provoquer l’ouverture», sourit le promoteur dans un point de presse intimiste au Salon de jeux de Trois-Rivières, à quelques centaines de mètres où il est tombé en amour avec la boxe, sous les ordres de Jim Girard.

«Je dois livrer»

La part de Michel est de dénicher des opportunités pour le Trifluvien. En retour, ce dernier doit les saisir. Zewski est conscient qu’il doit s’offrir en spectacle le 28 juin dans un duel qui sera présenté à la carte via Indigo, tout juste avant le combat de championnat du monde de Marie-Ève Dicaire. «Je dois livrer la marchandise. Je n’ai jamais prédit ça avant mais là, je m’avance et je prédis un K.-O. Ce Lopez est solide, il ne faut pas se fier à sa fiche. Il a scrapé quelques carrières dans son parcours! D’ailleurs, pour la première fois depuis ma défaite contre (Konstantin) Ponomarev, le site Boxrec accorde une cote de trois étoiles à un de mes combats. C’est signe que j’ai quelqu’un de solide entre les mains et ça fait mon affaire, puisque je m’estime prêt à me battre contre n’importe qui dans ma division.»

Selon Zewski, sa catégorie des 147 livres est la plus talentueuse, la plus embouteillée… et la plus payante actuellement sur l’échiquier mondial. «Évidemment, je suis un peu impatient. Mais en même temps, je comprends que si j’aligne quelques grosses performances, il va finir par se passer quelque chose!»

Après le point de presse intimiste de jeudi matin, Michel et le clan Zewski ont dîné ensemble, question de s’entendre sur le plan des prochains mois. Rappelons que depuis le début de leur association, ils fonctionnent uniquement sur une poignée de main. «C’était comme ça aussi avec Adonis (Stevenson) et Lucian (Bute). J’ai un plan défini pour Mikaël, je suis convaincu de son côté qu’il a aussi certaines demandes. Ce que je vais lui dire, c’est que si une offre d’ailleurs lui était présentée et que c’était bénéfique pour sa carrière, je le supporterais là-dedans sans problème. Reste que je suis convaincu que notre groupe est le mieux placé avec son expertise et son expérience pour maximiser le potentiel de Mikaël.»

Papa de Mikaël mais aussi entraîneur, Jean Zewski a réitéré sa confiance envers Michel. «Mikaël a 30 ans, pas 38. Il a de belles années encore devant lui. Yvon semble avoir un plan pour construire autour de lui, on ne demande pas mieux. Mikaël est toujours dans le gym, il est affamé. Ce n’est pas compliqué, on prend n’importe qui avec six semaines d’avis. Tout ce que Mikaël a besoin, c’est une opportunité. Le reste, il va faire le boulot sur le ring», prévoit l’entraîneur, qui assure prendre Lopez au sérieux. «C’est un rival de qualité. Mais il est mieux d’arriver prêt, car on prépare Mikaël de façon à ce qu’il soit très explosif.»

Carnet de notes

Un gala à Trois-Rivières avec Zewski comme tête d’affiche n’est plus dans les cartons de GYM à court terme. Son prochain combat devrait être livré à Québec cet automne. «Mais nous ne sommes pas fermés à cette possibilité, si jamais quelqu’un dans le milieu se manifestait», a confié Michel…

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Dicaire veut unifier les titres

GYM veut faire de Marie-Ève Dicaire (15-0) sa prochaine tête d’affiche. Le 28 juin, elle deviendra la première femme à faire la finale d’un gala qui sera présenté à la télé à la carte au Canada alors qu’elle défendra son titre de championne IBF des super mi-moyennes contre Maria Lindberg (17-4-2, 9 K.-O.), sa deuxième aspirante.

«C’est spécial d’être en finale d’un gala à la télé à la carte. J’ai tellement de beaux souvenirs de jeunesse quand on se réunissait plusieurs familles ensemble pour écouter les combats Hilton-Ouellet. C’est une très belle opportunité pour moi.»

Dicaire est évidemment heureuse de voir sa carrière prendre du galon si rapidement. Et elle n’est pas rassasiée. «Ça va à 200 milles à l’heure présentement, mais c’est pas encore assez vite à mon goût. Je veux unifier les titres le plus rapidement possible.»

Ça ne sera vraisemblablement pas pour l’automne, mais Yvon Michel a révélé plancher sur un tel scénario pour la fin 2019.