Steve Turcotte
Mikaël Zewski
Mikaël Zewski

Mikaël Zewski prêt à affronter n’importe qui

CHRONIQUE / Comme tout le monde, Mikaël Zewski est confiné à la maison et il trouve le temps long. Il court, il fait souffrir le sac de sable dans son garage, mais c’est à peu près tout ce qu’il peut faire en attendant que son sport, la boxe, recommence à respirer.

Pour lui, chaque semaine qui passe lui coûte cher. Il a tellement bûché pour revenir dans les classements mondiaux. À 31 ans, il est pile dans sa fenêtre pour monnayer une carrière qu’il a amorcé au début de l’adolescence.

Zewski n’est pas qu’un boxeur. Il aime cette industrie. Il l’étudie. Il se tient au courant de tout. Alors, les rumeurs, lui, ça ne l’excite pas trop.

Il a donc pris avec un grain de sel les commentaires de Camille Estephan rapportés par Réjean Tremblay dans le Journal de Montréal jeudi matin, sur une possible confrontation avec le super espoir  natif du Kazakhstan Sadriddin Akhmedov. Ce dernier est un ancien champion du monde chez les amateurs, qui a choisi de passer chez les pros avec Eye of the Tiger Management. «La vérité, c’est que je ne crois pas qu’EOTM souhaite réellement mettre ce combat sur pied. Je pense qu’on se sert simplement de mon nom. Si EOTM est sérieux, il n’a qu’à appeler Yvon Michel, qui est mon promoteur…»

Akhmedov se bat à 154 livres, Zewski à 147. Le Trifluvien ne voit pas ça comme un obstacle insurmontable. «Le poids, il y a toujours moyen de s’entendre quand deux parties veulent un combat. Mais je le répète, je doute qu’on enclenche même l’étape des pourparlers. Je connais bien Akhmedov, il est très bon. Je mets souvent les gants avec lui. Il pourrait éventuellement devenir champion du monde. Moi, je suis prêt à affronter n’importe qui, si ça sert mes intérêts.»

Autre obstacle, et pas un mince celui-là : EOTM et GYM sont en guerre depuis des années. Mais bon, la COVID-19 bouscule tout en ce moment. Et si ces promoteurs de boxe souhaitent réellement repartir la machine dans les prochains mois, pas sûr qu’ils vont pouvoir s’appuyer sur les boxeurs des autres pays. Les frontières sont fermées à l’heure actuelle, et elles pourraient le rester un bon bout de temps.

Estephan, qui planche sur une relance au cours de l’été, assure que les deux parties peuvent s’entendre… indirectement. «Je ne brasse pas d’affaires avec GYM, mais j’ai des gens autour de moi qui peuvent intervenir», lance-t-il, content de savoir que Zewski ne fermait pas la porte du tout. «Tout ce qu’on dit, on le fait. Notre matchmaker (Stéphane Loyer) va déposer une offre à son promoteur, et elle sera très intéressante. Akhmedov, personne ne veut l’affronter. C’est le gars le plus dur à jumeler de notre organisation. Même Brandon Cook a refusé. Si Zewski est intéressé, ça va faire notre affaire!»

Ça ne sera pas si simple. Rien n’est simple dans la boxe, après tout. Mais bon, de l’autre bord, Yvon Michel est prêt à tendre l’oreille. «J’ai fait des ententes avec Régis Lévesque, Henri Spitzer, Don King, je peux travailler avec n’importe qui. Si quelqu’un veut les services de Mikaël et dépose une proposition, je vais m’asseoir avec lui pour analyser si c’est bon pour sa carrière. Si c’est le cas, on va aller de l’avant car Mikaël est prêt pour n’importe qui.»