Mikaël Zewski a respecté de justesse la limite fixée à 147 livres.
Mikaël Zewski a respecté de justesse la limite fixée à 147 livres.

Mikaël Zewski: «Je suis prêt»

Steve Turcotte
Steve Turcotte
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — Plus rien ne peut empêcher Mikaël Zewski et Egidigus Kavaliauskas de se retrouver pour faire un maître sur le ring samedi soir.

Vendredi après-midi, dans la bulle de Top Rank, les deux pugilistes ont respecté la limite de poids de 147 livres, afin de pouvoir se disputer deux titres mineurs.

Il n’y avait pas d’animosité entre Mikaël Zewski et Egidigus Kavaliauskas à la pesée. Ça risque de changer lorsque la cloche va sonner samedi soir.

Un peu plus grand que son rival, Zewski a étiré l’élastique au maximum, faisant stopper l’aiguille directement sur la limite. Réhydraté, le Trifluvien devrait se présenter entre les câbles autour de 170 livres samedi! «C’est toujours difficile pour moi de me rendre à la pesée mais là, je suis délivré. J’ai maintenant un protocole à suivre, le même que d’habitude, alors je sais que j’aurai retrouvé toutes mes énergies à temps pour le combat. Je suis prêt», lance le protégé du Groupe GYM.

Kavaliauskas, largement favori, sera certainement plus léger. Vendredi, il a affiché un poids de 146,5 livres. Le Lituanien est toutefois considéré comme le plus puissant des deux finalistes de cette soirée télévisée à ESPN et RDS, lui qui a enregistré 17 de ses 21 victoires par K.-O. «Je n’en reviens pas à quel point il est favori dans les cotes», avouait Zewski, un peu vexé. «Je suis convaincu que je peux gagner ce combat-là. Assez pour avoir le goût de miser ma bourse sur moi! Je ne le ferai pas, je ne veux pas m’imposer une pression additionnelle, mais disons que je suis très confiant en mes moyens. Ce sera un combat dur, j’ai besoin d’arriver au sommet de mon art, avec tous mes outils, et de rester concentré du début jusqu’à la fin mais c’est justement ce que j’anticipe.»

Zewski connaît l’enjeu de la soirée mais il ne se sent pas plus nerveux qu’à l’habitude. «Franchement, je me sens bien. Comme avant chacun de mes derniers combats. Je suis concentré sur ce que j’ai à livrer.»

À la pesée, il n’y avait pas d’animosité entre les deux boxeurs. «Il n’y en avait pas plus lorsqu’on s’est croisé en coulisses. Il a été très respectueux avec moi, c’est la preuve à mon avis qu’il est fin prêt pour ce combat. Tant mieux, je le suis aussi, alors ça va donner un excellent duel aux fans. J’espère que les gens au Québec vont regarder. Nos styles font en sorte que ce sera explosif.»

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«Avec une victoire, il pourra défier n’importe quel champion»

C’est depuis son salon, entouré de ses proches, qu’Yvon Michel va assister au combat de Mikaël Zewski (34-1, 23 K.-O.). 

Le vétéran promoteur  a livré la marchandise, même si Zewski a dû être patient.  Quand il l’a pris sous son aile après son retour des États-Unis, il lui a promis de lui dénicher une autre chance de s’établir parmi l’élite des 147 livres, après une première tentative  bousillée. Ce rendez-vous face à Egidigus Kavaliauskas (21-1-1, 17 K.-0.) dans la bulle de Top Rank à Vegas matérialise cet objectif.

«Ç’a pris le temps que ç’a pris. Le plus important, c’est que ça arrive au bon moment», lance le Grand Manitou du Groupe GYM. «Avant sa défaite face à Konstantin Ponomarev, ses combats avaient été mis sur pied pour monter sa fiche. De notre côté, il fallait remonter dans les classements, il n’a pas eu de cadeau. Sur cette route, son nez a été fracturé, sa main aussi. Il est allé au plancher. Il s’est battu tantôt sur un petit ring, tantôt sur un très grand. Les gars devant lui étaient solides, et ils n’avaient rien à perdre. Toute cette adversité l’a préparé à saisir l’opportunité qui est devant lui samedi», poursuit l’élève de Jim Girard. 


Yvon Michel et Mikaël Zewski font équipe depuis 2017.

Dans un monde idéal, ce combat aurait été présenté au Québec. Michel est d’accord. La pandémie ayant paralysé la boxe dans la province depuis le printemps, c’était impossible. Il y a aussi le fait que la notoriété du Trifluvien n’est pas encore établie. Une victoire samedi devant les caméras d’ESPN et RDS et hop, le portrait change de façon drastique. «C’est sa première finale. C’est sa meilleure bourse en carrière. Et avec une victoire, il pourra défier n’importe quel champion. C’est donc une soirée très importante pour Mikaël, pour GYM et pour l’industrie québécoise de la boxe en général», perçoit Michel, en avouant sa nervosité. «Je suis toujours nerveux avant les gros combats. Il y a tellement de choses qui peuvent se passer sur un ring. Mais bon, je sais à quel point Mikaël voulait ce combat. Ça me donne des frissons juste de penser à son enthousiasme des dernières semaines.»

Ce combat a blindé l’entente entre Zewski et GYM, qui travaillaient ensemble par le passé que sur une poignée de main. Il fallait maintenant coucher le tout sur papier… de façon à ensuite accorder des options à Top Rank pour les deux prochains combats de l’athlète de 31 ans. «C’est de la bonne business de la part de Top Rank. J’ai travaillé avec eux  dans le passé pour les Beterbiev, Rivas et Clavel et ils n’ont jamais été perdants au change. Si Mikaël gagne samedi soir, il aura un pouvoir de négociation malgré cette entente.»

Michel dit qu’il saura assez tôt dans le combat si son poulain sera en mesure de causer une surprise. «Il a devant lui un gars qui cogne fort. Est-ce que Mikaël peut prendre cette puissance? Si la réponse est oui, alors il gagnera en confiance dans le ring et il pourra utiliser tous ses atouts. Il est plus rapide et plus créatif que Kavaliauskas, alors
si sa puissance ne l’embête pas, je suis confiant que ça va bien se passer.»