Jean Zewski, Mikaël Zewski et Yvon Michel ont hâte au 12 septembre.
Jean Zewski, Mikaël Zewski et Yvon Michel ont hâte au 12 septembre.

Mikaël Zewski face à Egidigus Kavaliauskas le 12 septembre: «Il peut devenir une grande vedette au Québec»

Steve Turcotte
Steve Turcotte
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — C’est le genre de combat qui peut passer une ou deux fois dans une carrière.

Le 12 septembre dans la bulle à Las Vegas, Mikaël Zewski (34-1, 23 K.-O.) fera les frais de la finale du gala de Top Rank face à Egidigus Kavaliauskas (21-1-1, 17 K.-0.), ex-aspirant numéro un à la couronne de Terrence Crawford, qui l’a d’ailleurs stoppé par K-.O. à sa dernière sortie entre les câbles.

Déjà classé mondialement par trois des quatre associations les plus crédibles dans son sport, Zewski veut lui aussi avoir sa chance pour un titre mondial. Il va s’en approcher sérieusement s’il peut battre Kavaliauskas, ex-olympien qui possède une réputation très enviable dans le milieu. «C’est le combat le plus important de la carrière de Mikaël. Il affronte un boxeur de grande qualité, en finale d’un gala présenté à ESPN (RDS au Québec). Une victoire le propulse certainement dans le top 3 ou 4 de sa division», explique Yvon Michel. «En fait, ce combat dépasse le cadre habituel. Avec une grosse performance, Mikaël peut devenir une grande vedette au Québec. Je vois à quel point il est enthousiaste par rapport à ce combat et ça me donne des frissons. J’ai très hâte de le voir à l’œuvre», indiquait Yvon Michel.

Zewski est effectivement affamé. «C’est très motivant. Je suis bien classé mondialement, mais je n’ai pas le crédit que je mérite dans les cercles de la boxe. Une victoire le 12 septembre et tout change. Je m’en vais chercher la légitimité pour me battre en championnat du monde», lance le Trifluvien, amusé par tout ce qu’il a lu sur les médias sociaux depuis que la nouvelle s’est concrétisée. «Moi, je vois le combat 50-50 mais je suis conscient que dans la tête des gens, je ne suis pas le favori. Je sais aussi que le boxeur de Top Rank, c’est Kavaliauskas. J’ai lu plusieurs qui croient que je m’en vais à l’abattoir, disons que j’aime bien le statut de négligé. Je n’ai rien à perdre. Et puis j’ai le vent dans les voiles, face à un adversaire qui n’a pas gagné à ses deux derniers combats. Il est très rapide, très puissant. Mais je pense que je suis plus talentueux que lui, et j’ai vu des petites failles à exploiter chez lui à son dernier combat. Je vais l’obliger à se battre dans des zones où il n’est pas confortable.»

Il va renouer volontiers avec Vegas, même si à son dernier séjour là-bas, il encaissait sa seule défaite en carrière face à Konstantin Ponomarev. «Ce sera mon neuvième combat là-bas. J’ai appris beaucoup du dernier au plan psychologique. Je me souviens, après le premier round, de m’être dit que ça allait être facile. Tu ne peux faire cette erreur quand tu te bats à ce niveau.»

Son entraîneur, Jean Zewski, assure que son élève – et fils – se présentera au sommet de son art le 12 septembre. «C’est le combat qu’on attendait. Quand on l’a su, mon cœur a fait boum, boum», confiait-il. «Mikaël n’a jamais vraiment quitté le gym, et nous avons eu une très belle préparation. On voulait un top 10, on l’a. Mikaël répond toujours bien sous pression, alors nous avons très hâte au combat.»

Désavantagé?

Au Québec, les règles du jeu dans le noble art sont actuellement différentes. Pas de gala de boxe. Pas même le droit de simuler des combats à l’entraînement. Zewski sera-t-il désavantagé? «Nous avons fait ce que nous avions à faire», lance Zewski. «Jamais je n’irais dans un ring mal préparé, ni si je ne croyais pas avoir de chances de gagner. On s’en va à Las Vegas virer les tables de bord et changer les données. On s’en va créer une surprise», martèle-t-il. «J’ai tendance à m’ajuster au niveau de mes adversaires. Cette fois, j’en ai un excellent devant moi. Le combat sera électrisant à cause de nos styles. Je serai all in. Je vais faire la performance de ma vie», conclut-il.

Carnet de notes

Comme tous les gens qui veulent entrer dans la bulle boxe à Las Vegas, Zewski sera testé pour la COVID sept jours avant son combat. Puis une deuxième fois avant d’entrer dans la bulle. Les portes ouvriront à la suite de ce deuxième test négatif. Puis, il y aura un dernier test à subir, la veille du duel.