Aucune équipe du Club de soccer de Trois-Rivières n’a pris part aux activités de la Ligue mauricienne de soccer, depuis le début de la saison. L’association régionale estime que les règles de base des nouvelles mesures sanitaires n’ont pas été respectées par le CSTR, le club le plus important en Mauricie.
Aucune équipe du Club de soccer de Trois-Rivières n’a pris part aux activités de la Ligue mauricienne de soccer, depuis le début de la saison. L’association régionale estime que les règles de base des nouvelles mesures sanitaires n’ont pas été respectées par le CSTR, le club le plus important en Mauricie.

Mesures sanitaires: le CSTR reçoit un carton jaune

TROIS-RIVIÈRES — Environ 150 joueurs du Club de soccer de Trois-Rivières sont privés de matchs pour quelques jours, en pleine saison, après que l’Association régionale de soccer de la Mauricie eut observé des carences importantes en ce qui a trait à l’application des mesures sanitaires exigées par la Santé publique.

Le conseil d’administration du CSTR a reçu un courriel de l’ARSM, il y a une semaine, l’avisant de sa décision. Ainsi, toutes les rencontres impliquant les équipes des niveaux A et local du CSTR, pour les adolescents de 13 à 16 ans, sont annulées ou reportées pour une période d’au moins deux semaines. Ces équipes évoluent dans la Ligue mauricienne de soccer.

Il est cependant important de spécifier qu’aucun cas de coronavirus n’a été recensé au sein de ces groupes.

Selon la directrice générale de l’ARSM, Sophie Poujade, les dirigeants du club trifluvien étaient aux faits de certains manquements dans le protocole visant le retour au jeu sécuritaire. Le CSTR a jusqu’au début de la semaine prochaine pour corriger le tir.

«Pour en arriver à cette décision, il a fallu que nous constations le non-respect des règles de base. On a visité beaucoup de sites à travers la région et certaines choses ne nous ont pas plu. L’objectif n’est pas de pointer des gens, mais d’assurer la protection des joueurs du CSTR ainsi que des autres clubs.»

Sophie Poujade penche vers un problème de communication, et non de mauvaise foi. «Je ne veux pas viser un problème en particulier, car il y en avait plusieurs.»

Le CSTR, avec ses 1200 membres cet été, est le club le plus important en Mauricie. Contrairement à d’autres structures de tailles similaires ailleurs en province, où l’adhésion a chuté de plus de 50 %, il a réussi à sauver les meubles en ramenant la majorité de ses joueurs.

«On ne s’attend pas à ce que nos entraîneurs et nos bénévoles soient parfaits. Par contre, il faut développer certains réflexes en temps de pandémie et le CSTR, de par son statut, doit montrer l’exemple. En contrepartie, nous avons tous été pris par surprise, en juin, lorsque le gouvernement a déconfiné les sports d’équipe. Il a fallu réagir rapidement, organiser une saison en quelques semaines.»

Soccer Québec suit le dossier

Au début du mois de juillet, Soccer Québec a demandé à ses 18 associations régionales de serrer la vis, question que tous les adeptes du ballon rond collaborent dans cette fragile reprise.

«On notait déjà un relâchement au sein de plusieurs clubs», confirme le directeur général de Soccer Québec, Mathieu Chamberland.

«Jouer au soccer organisé, en 2020, c’est un privilège. Le Québec a redémarré ses matchs plus tôt que toutes les autres provinces, mais le protocole à suivre était aussi très clair. Le suivre, ce n’est pas un élément de négociation, c’est une obligation. Dans le cas qui nous intéresse, le club avait reçu le go pour retourner sur les terrains, mais des petites anicroches ont ensuite été observées.»

Le CSTR surpris

Soccer Québec et l’ARSM ont préféré ne pas entrer dans les détails spécifiques concernant la décision de «mettre en pause» la saison des 150 jeunes de 13 à 16 ans du Club de soccer de Trois-Rivières, identifiés dans les niveaux A et local.

Directeur technique au CSTR, Shany Black reconnaît que son club, par sa structure regroupant plus d’un millier de joueurs, a dû s’adapter à une nouvelle réalité.

«On fait énormément de sensibilisation, mais il y a encore des comportements instinctifs, comme se taper dans les mains. Il y a aussi certains endroits où c’est plus compliqué, gérer les allées et venues. Contrairement à d’autres clubs, nous avons quatre ou cinq plateaux différents.»

Le parc Isabeau, entre autres, est un espace ouvert où il peut s’avérer difficile de contrôler la foule. «On a fait des rappels à l’ordre, afin que tout le monde passe par le registre et le lavage des mains.»

Le président du CSTR, David Cossette, admet de son côté avoir été surpris de recevoir cette «suspension de deux semaines».

«On ne prend pas les mesures sanitaires à la légère. Au contraire, on juge que nous sommes dans les règles de l’art depuis deux ou trois semaines. Ce qui me surprend, c’est que la veille [lundi dernier], nous avions démontré à l’association régionale, pendant 90 minutes, qu’on prenait au sérieux la situation. Nous avons avoué nos torts sur la première semaine et demie d’activités. Par contre, on s’est grandement amélioré par la suite.»

Lui-même joueur de soccer senior au niveau AA, Cossette a pu comparer les actions prises par son club à celles d’autres organisations, ailleurs au Québec.

«Pour être honnête, on accomplit du bon boulot en Mauricie, à des années-lumière de certains clubs. Les consignes de base ne sont même pas toujours respectées, que ce soit la désinfection des ballons ou le lavage des mains.»

Respecter la distanciation

Les recommandations des associations régionales et de Soccer Québec s’appliquent aussi aux spectateurs.

Shany Black confirme une hausse de personnes présentes dans les gradins des stades et autres terrains en Mauricie. «Il y a des endroits où la distanciation physique est plus difficile à respecter. Dimanche au Stade Diablos, trois de nos équipes AAA étaient en action et il y avait pas mal de monde dans les estrades. Le sport a manqué à tout le monde: maintenant on doit s’assurer de bien faire les choses pour que ça dure. On est tous encore en apprentissage...»

David Cossette a bon espoir de revoir les jeunes de 13 à 16 ans sur les terrains, la semaine prochaine, dans le cadre de rencontres officielles. Pour l’instant, ils se contentent de séances d’entraînement.

«Notre objectif, c’est que les jeunes s’épanouissent dans un environnement sécuritaire. Ç’a toujours été notre but.»

Malgré le contexte difficile de l’été 2020, Soccer Québec a dépassé les 100 000 inscriptions, a annoncé la fédération, lundi, sur ses réseaux sociaux.