Daniel Mateo n’a pas digéré la transaction de novembre qui l’a expédié aux Miners de Sussex. Le troisième-but de 26 ans ne jouera pas pour les Miners puisqu’il a décidé de poursuivre sa carrière au Japon, où évolue déjà son grand frère.

Mateo aurait voulu rester

TROIS-RIVIÈRES — Daniel Mateo a eu une longue période de réflexion lorsque les Aigles l’ont échangé, l’automne dernier, aux Miners de Sussex en retour de trois joueurs, dont Alexi Colon.

Attristé à l’idée de quitter Trois-Rivières, où il vivait pendant la période estivale depuis 2015, le Dominicain de 26 ans a écouté les conseils de son frère aîné Marcos. Il poursuivra sa carrière dans la Ligue Challenge de baseball, chez les Million Stars d’Ishikawa. Il s’agit d’un circuit indépendant dont le niveau ressemble à celui de la Ligue de l’île Shikoku, la même qui a délégué une sélection de joueurs étoiles dans la Ligue Can-Am en 2015 et 2016.

Au Japon, Mateo touchera un salaire plus élevé par rapport à celui qu’il gagnait chez les Aigles, en plus des bonis de performances mensuels qui s’ajoutent au salaire régulier des joueurs dans ce circuit.

«C’est pour ça que j’ai choisi le Japon, mais au départ, je voulais rester à Trois-Rivières, assure Mateo. Le gérant [T.J. Stanton] peut dire ce qu’il veut, ce n’est pas vrai que j’aurais quitté les Aigles pour le Japon si on avait voulu de moi ici. Je suis déçu. Sauf que rendu où j’en suis, je préfère me concentrer sur le positif. Mon frère joue dans les Ligues majeures japonaises et il aime son expérience là-bas. Je gagnerai plus d’argent, ça va m’aider à faire vivre ma famille.»

Si Mateo concède que les premiers mois avec Stanton se sont bien déroulés, un accrochage à la fin de la dernière campagne a assombri leur relation. Alors que les Aigles s’apprêtaient à quitter la ville pour l’ultime voyage de la saison à Sussex, dans la nuit du 31 août au 1er septembre, Mateo aurait eu une solide prise de bec avec Stanton, qui lui reprochait d’être arrivé en retard à l’autobus. Mateo n’a pu monter à bord pour accompagner l’équipe.

En dépit de cette finale en queue de poisson, Mateo gardera de doux souvenirs de son aventure mauricienne. «Le championnat de 2015 ainsi que l’amitié développée avec plusieurs personnes, dont Pierre-Luc Laforest, le meilleur entraîneur que j’ai eu dans ma carrière. Je ne pourrai pas oublier ça.»

En quatre saisons à Trois-Rivières, le joueur de troisième but a conservé une moyenne au bâton de ,299 et frappé 33 circuits.

Rapprochements avec la Ligue de l’Atlantique
Le président des Boulders de Rockland, Shawn Reilly, en a surpris plusieurs, jeudi, en affirmant au site lohud.com que son club songeait à quitter la Ligue Can-Am pour migrer dans la Ligue Atlantique, vers 2020.

«Je crois que leur modèle d’affaires nous rejoint plus, avec notre stade et nos partisans. La Can-Am reste un excellent circuit, mais nous n’avons peut-être pas la reconnaissance que nous mériterions.»

Dans les faits, les intentions des Boulders sont connues depuis un certain temps. Lors de la rencontre des dirigeants de la Can-Am à Montréal, il y a quelques semaines, le sujet a été abordé. «Ça fait longtemps que la Ligue Atlantique reluque Rockland, concède le directeur général des Aigles René Martin. Sur le plan géographique, les Boulders sont près des villes de la Ligue Atlantique et de New York. Par contre, on aurait aimé que ça sorte de façon différente dans les médias.»

Car toutes les équipes de la Can-Am ont un intérêt pour la Ligue Atlantique, selon Martin.

«Parmi les projets étudiés, il y a celui de créer une division Can-Am dans leur ligue. On pourrait affronter leurs équipes pendant la saison et même en séries, mais on ne disputerait pas 140 matchs comme eux. On se limiterait à une centaine, c’est impossible de jouer au baseball à Trois-Rivières le 15 avril.»

La Ligue Atlantique est considérée comme le circuit de baseball indépendant le plus compétitif aux États-Unis. Depuis sa création en 1998, des étoiles du sport comme Tim Raines, Rickey Henderson et Roger Clemens y ont séjourné. «On veut tous que la Can-Am progresse et ce progrès passe peut-être par une association. Si on a eu des partenariats avec l’Association américaine du baseball indépendant par le passé, avec des clubs du Midwest, je ne vois pas pourquoi ça ne fonctionnerait pas avec des clubs de la Ligue Atlantique, sur la côte est.»