La dernière présente au Brier de Martin Ferland (au centre) remonte à 2007. Après sa victoire dans Charlevoix, le Trifluvien admet qu’il pense de plus en plus au Championnat national de curling.

Martin Ferland vise le Brier

TROIS-RIVIÈRES — Martin Ferland lance des pierres depuis une quarantaine d’années et ce n’est pas demain la veille qu’il rangera sa brosse. Tant mieux, car le Trifluvien demeure l’un des athlètes de pointe du curling au Québec et il l’a encore prouvé, la fin de semaine dernière, en gagnant le prestigieux Challenge Casino de Charlevoix.

Ferland et ses équipiers ont eu raison du champion défendant Stuart Thompson, de la Nouvelle-Écosse, par la marque de 11-5. Le tandem québécois s’est détaché en enfilant six points en deux bouts. L’équipe a bouclé le tournoi avec une fiche immaculée. Pour une compétition comptant pour le World Curling Tour, voilà un résultat plus qu’encourageant. 

En 2013, une défaite en finale face au champion olympique Brad Jacobs avait privé le Mauricien du trophée. Cette fois, il a mis la main sur le précieux objet. Une coquette somme de 8000 $ accompagne le trophée.

«On est encore de taille», analyse Ferland en souriant. Représentant le club Etchemin de Lévis aux côtés de François Roberge, Maxime Elmaleh et Jean Gagnon, il a, en quelque sorte, passé un message aux autres joueurs de l’élite, à quelques semaines du Championnat provincial de Curling Québec, à Montréal.

«Nous ne voyageons plus autant qu’avant, mais c’est toujours plaisant de savoir que nous sommes encore dans le coup. Les gars de l’équipe sont tous dans la fin de la quarantaine. Nous allons devoir décider si on poursuit dans la classe élite ou si on monte chez les seniors», lance Ferland en rigolant.

«Sérieusement, je vise le Brier. J’aimerais y retourner.»

Le Brier, c’est bien sûr le Championnat canadien masculin de curling, l’un des événements phares de la saison qui, en 2018, sera présenté au terme des Jeux olympiques de Pyeongchang, à Regina en Saskatchewan.

La seule participation de Martin Ferland au Brier remonte à 2007. «C’est toujours difficile de gagner les provinciaux car Jean-Michel [Ménard] est vraiment fort dans les gros tournois. On l’a souvent affronté par le passé et nous avons déjà mené dans nos affrontements. J’aime nos chances pour cette année.»

Ménard alignait une équipe dans Charlevoix ce week-end, mais il n’a pas pris part au rendez-vous. Un autre curleur de Trois-Rivières, Philippe Lemay, se retrouvait au sein du quatuor mené par le capitaine Martin Crête, qui remplaçait Ménard. Ils sont venus à une pierre près de se mesurer au groupe de Ferland en finale.

Fini, le rêve olympique

À 47 ans, Martin Ferland assure qu’il n’entretient plus de rêve olympique. Il est passé à autre chose. «À l’âge que nous avons, juste d’aller au Brier, ce serait génial! Deux de mes coéquipiers étaient avec Jean-Michel il y a une dizaine d’années au Championnat mondial, ce sont des expériences de vie. Le Brier, c’est très haut placé aussi dans la hiérarchie du curling, même si ce n’est pas international. Ça me permettrait de conclure ma carrière élite sur une bonne note.»

Ferland et sa bande poursuivent leur saison dans quelques jours, à Sorel-Tracy pour un tournoi mettant en vedette les meilleures équipes de la province. Le championnat de qualification pour le Brier aura lieu au début du mois de février.

Bonne moyenne mauricienne

Les curleurs de la Mauricie n’ont pas été des figurants dans Charlevoix. Inscrit au sein du volet ouvert catégorie A, Marcel Marchand s’est imposé aisément en finale (7-1) avec ses acolytes Normand Bornais, Richard Lavigne et Michel Cossette. Dans la catégorie B, on a eu droit à un choc tout trifluvien entre Stéphane Michaud et Jean-Pierre Lachance, un match qui a tourné à l’avantage du premier. David Jutras, Sylvain Proulx et Luc Bellefeuille complétaient l’équipe.

Chez les senior (classe B), Yves St-Louis de Grand-Mère a perdu en finale devant Alain Brassard de Kénogami.