Depuis 2013, St-Léonard-d’Aston et Louiseville (photo) se sont échangé les championnats.

Louiseville veut un rappel

Trois-Rivières — Dix-neuf victoires en 22 matchs et un différentiel positif de 58 buts: qui dit mieux? Le Bellemare de Louiseville a survolé la compétition cette année, mais plus rien ne compte à compter de vendredi soir, alors que se met en branle le deuxième tour éliminatoire dans la Ligue de hockey senior AAA du Québec. En effet, sept autres prétendants ont la ferme intention de succéder aux Louisevillois, les champions en titre.

Le Nouvelliste vous dresse un portrait de la situation, à l’aube de cette ronde qui sera disputée sous la formule du quatre de sept.

Joliette (10) vs Louiseville (1)
Les Sportifs étaient à moins de 30 secondes de subir l’élimination, la semaine dernière contre le Cap-de-la-Madeleine. La troupe du nouvel entraîneur-chef Alain Gardner a créé l’égalité, avant de s’imposer en prolongation. Elle a répété cette recette le lendemain soir, à l’aréna Jean-Guy-Talbot, expédiant du coup le Climatisation Cloutier en vacances hâtives.

De son côté, le Bellemare a hâte d’en découdre avec les patineurs de Lanaudière, qui n’ont pas joué comme une équipe de dernière position récemment. «Les gars ont faim, c’est l’enfer! On a confirmé notre championnat de saison au début du mois de janvier, donc ça fait longtemps qu’il n’y a pas eu un gros enjeu pour nous», souligne l’entraîneur de Louiseville André Lachance qui, selon la plupart de ses pairs, mise sur la meilleure défensive du circuit.

Recrue défensive du dernier mois d’activités, François Godin a marqué 10 buts durant la campagne. Des arrières comme Mathieu Roy et Antoine Desmeules ont aussi solidifié la ligne bleue, sans oublier le tandem de Philippe Gatien et Joël Quirio devant le filet. Dans une ligue réputée pour sa touche offensive bien aiguisée, le Bellamre n’a jamais alloué plus de cinq buts au terme d’une partie.

«On n’a jamais eu nos trios complets cette année, ça prouve qu’on a de la profondeur», ajoute Lachance, qui retrouve les Sportifs. Il a été leur premier entraîneur il y a quelques années. «Joliette a fait un beau retour en première ronde, c’est tout à leur honneur. Par contre, on va s’organiser pour que ça arrête en deuxième ronde pour eux.»

Windsor (9) vs La Tuque (2)
Tommy Gauthier l’admet d’emblée, ses joueurs auraient aimé renouer avec le Cap-de-la-Madeleine, un an après l’intense série du printemps 2017. Ce sera plutôt le Wild de Windsor qui se dressera devant les Loups de La Tuque dès vendredi, au Colisée Denis-Morel.

«On avait le Cap dans la tête, nous étions prêts à ça et financièrement parlant, ça aurait été une belle vache à lait pour les deux clubs», sourit Gauthier. «Le Cap contre La Tuque, c’est la plus grosse rivalité de la ligue.»

Ceci dit, la reprise de 2017 attendra. Le Wild se dressera devant la meute, qui espère se rendre très loin. «Ce ne sera pas facile, car Windsor vient de sortir Donnacona et ils ont l’avantage d’avoir joué la semaine passée. Je m’attends à des débuts de match ardus.»

Depuis les Fêtes, les Loups gagnent environ trois matchs sur quatre et de l’avis de Gauthier, son gardien Steven Veilleux est peut-être le meilleur de sa profession dans la LHSAAAQ. «À l’avant, Carl-Antoine Delisle est sûrement le joueur le plus complet de la ligue. Il affrontera souvent le trio d’Alexandre Durette.»

Gauthier est d’ailleurs catégorique: ses Loups misent sur de la profondeur, contrairement au Wild, toujours selon lui. «Ce n’est rien de méchant contre leurs dirigeants, mais ils n’ont qu’un trio. Il marche à la planche par contre!»

Son vis-à-vis Simon Robidas ne partage pas l’opinion du pilote latuquois. «Tommy a droit de le penser. Ce que je sais, c’est que nous avons des joueurs de rôle. Chacun peut apporter ses ingrédients pour nous aider à concocter une bonne sauce à spaghetti!»

Les deux premiers matchs auront lieu à La Tuque, vendredi et samedi. Une contrainte qui n’effraie pas Robidas. La semaine dernière, ses hommes ont sauté sur la glace vers 22 h 45 en raison d’un tournoi! «Ça fait partie de la réalité du hockey senior. On ne connaît pas beaucoup les Loups, mais à voir l’ensemble des joueurs, nous aurons droit à une série très rapide. Ça va patiner!»

Waterloo (6) vs St-Cyrille (3)
Le Bellemare de Louiseville n’a jamais été inquiété d’octobre à février, mais le club de l’heure de la LHSAAAQ se trouve peut-être un peu plus au sud. Avec six gains d’affilée, le Condor de St-Cyrille roule à plein gaz. On parle tout de même d’un club qui avait perdu ses cinq premières rencontres du calendrier.

«Un meilleur départ nous aurait permis de finir au deuxième rang», indique l’entraîneur du Condor Gaby Roch. «Deux de nos joueurs avaient enfilé 16 points en trois matchs hors-concours, mais quand la saison a commencé, nous avons figé. Ça s’est replacé par la suite.»

Et comment! St-Cyrille a mis un terme à la séquence de 17 victoires du Bellemare en cours d’année. L’équipe marque plus de cinq buts en moyenne par match, ce qui lui confère le deuxième rang à l’attaque, derrière Louiseville. Reste à voir comment cette offensive réagira sur la grande patinoire de Waterloo. «Les Maroons ont une bonne attaque aussi et ils sont rapides. Ce ne sont pas les plus gros, ça va offrir des matchs intéressants.»

St-Léonard (5) vs Bécancour (4)
Voilà une série intéressante entre deux voisins. D’un côté, le BigFoot de St-Léonard-d’Aston, élevé au rang d’équipe dynastique; de l’autre, le Formule Fitness de Bécancour, le club d’expansion sans complexe.

Si la série s’inspire des quatre affrontements de saison, les amateurs de la rive-sud en auront pour leur argent! Trois des quatre matchs ont nécessité une prolongation. «Ce sera de bonne guerre», opine l’entraîneur bécancourois Kevin Desrochers, dont la moyenne d’âge du groupe avoisine les 22 ans.

«Nous sommes partis de zéro avec une liste de protection de l’ancienne équipe de Lac-Mégantic. Les gens ne s’attendaient pas à ce qu’on soit si compétitifs, certains prédisaient qu’on commencerait l’année 0-8! On a cru en nos jeunes et on ne le regrette pas aujourd’hui», souligne-t-il, mentionnant au passage que le Formule Fitness s’est rapidement intégré dans sa communauté. «Il y a entre 350 et 500 personnes à nos matchs.»

La confrontation entre l’as pointeur du BigFoot Jason Pitt et le défenseur étoile du Formule Fitness Éric Bégin sera à surveiller. Les gardiens Vincent Lamontagne (St-Léonard) et Nicolas Lachance (Bécancour) seront d’office devant leur cage respective.

«Ce n’est pas une saison décevante, sauf qu’on s’attendait à mieux», soutient l’entraîneur-chef de St-Léonard André Alie. «La bonne nouvelle, c’est que nos gars savent comment gagner en séries. C’est toujours à ce moment que des joueurs comme Samuel Fortier, Jason Pitt et Marc-André Laroche donnent leur meilleur hockey. De l’autre côté, il faudra avoir à l’oeil le trio de William Couture. Nous devrons être alertes quand nous aurons le dernier changement.»