Louis-Philippe Bourassa est le spécialiste des longues remises du Rouge et Noir d’Ottawa depuis 2017.
Louis-Philippe Bourassa est le spécialiste des longues remises du Rouge et Noir d’Ottawa depuis 2017.

Louis-Philippe Bourassa prend son mal en patience

Louis-Simon Gauthier
Louis-Simon Gauthier
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — Louis-Philippe Bourassa venait de signer un contrat de deux ans avec le Rouge et Noir d’Ottawa. Comme spécialiste des longues remises, le Shawiniganais devait figurer parmi les joueurs les mieux payés à sa position. Pourtant, tout sera à recommencer pour lui l’an prochain.

Bourassa, 28 ans, compte 50 matchs à son actif avec Ottawa, en trois saisons dans la Ligue canadienne de football. Élu sur l’équipe d’étoiles du circuit en 2019, il s’attendait à connaître une grosse année dans la capitale fédérale.

«Ça devait être une saison payante pour moi, alors oui, ça fesse», mentionne-t-il, au sujet de l’annulation des activités pour 2020. «C’est déstabilisant et frustrant. Avec cette pandémie, tout le monde passe dans la laveuse et la sécheuse en même temps.»

À l’image de la majorité de ses coéquipiers et adversaires, Bourassa n’a pas été impressionné par les demandes initiales du commissaire Randy Ambrosie, qui demandait au gouvernement 150 M$ pour aider le circuit à traverser la crise. Ambrosie est revenu avec une deuxième offre: un prêt sans intérêt de 30 M$. Deuxième refus.

«Ce que nous avons déploré, c’est le manque de communication avec les joueurs. Nous, on se nourrissait des rumeurs sur Twitter, de ce que les journalistes publiaient. Il y a eu de l’espoir ce mois-ci, ce qui ajoute à notre déception.»

Bourassa a au moins pu toucher à l’argent de son boni à la signature. «C’est nous le produit, on s’entend? Pourtant, nous n’avons pas reçu grand-chose. Il y a des joueurs qui ne recevront pas un sou cet été.»

Bourassa ignore ce qui l’occupera dans les semaines et les mois à venir. «J’ai étudié en relations industrielles, je pourrais me dénicher un emploi dans ce secteur. Sinon, je suis un gars assez manuel, donc la construction m’intéresse aussi. Je suis ouvert à de nouvelles opportunités.»

Sauf qu’il compte bien revenir dans la LCF si les conditions lui permettent, dès l’an prochain. «Je touche du bois. J’ai été assez chanceux, côté blessures, depuis le début de ma carrière. J’ai commencé à jouer au football avec les Diablos, mon corps n’est peut-être pas aussi hypothéqué que les autres gars de mon âge.»

L’ancien des Carabins a remporté la Coupe Vanier durant son stage universitaire. Il ajouterait volontiers une bague de championnat à sa collection. Comme des centaines de joueurs à travers le pays, il s’accroche à une reprise pour 2021.