L’oasis de Jean-Philippe Parr

TROIS-RIVIÈRES — Ce n’est pas la COVID-19 qui va empêcher Jean-Philippe Parr de se préparer pour la prochaine saison de golf.

L’adolescent de 15 ans natif de Saint-Célestin est rentré en milieu de semaine au domicile familial, après avoir eu le privilège de passer un mois dans les quartiers généraux de Golf Canada, à Victoria.

Après quelques jours, Parr en a eu assez de tourner en rond à la maison. Il a entrepris de déneiger le vert de pratique aménagé sur le terrain de ses parents l’été dernier. Une besogne, à la main, de plus de cinq heures, qui lui permet de garder ses sensations avec son fer droit.

«Ce vert de pratique, j’en ai rêvé pendant des années. Ce fut un gros cadeau de fête, mettons», sourit Parr, l’un des plus beaux espoirs sur la scène nationale du golf. «Ce n’était pas évident à déneiger. Sous la neige, il y avait un bon fond de glace. Mon père m’a donné un coup de main. Ça valait la peine, je peux recommencer à m’en servir», ajoute-t-il fièrement à propos de cette oasis de 20 pieds par 30, qui compte quatre trous. On n’est pas loin d’un vrai vert de pratique d’un terrain de golf!

«On a même une fosse de sable, mais je ne l’ai pas déneigée. Pas encore!»

En revanche, le jeune athlète a réaménagé le patio couvert de la résidence, afin de se bricoler une aire de frappe pour le reste de ses bâtons.

«Avec mes parents, on a pris ce qu’on avait sous la main pour bâtir quelque chose de pas mal bien! Ça va me permettre de garder la forme. Ce n’est pas parfait, évidemment, mais c’est bien mieux que de se tourner les pouces.»


« Ce n’était pas évident à déneiger. Sous la neige, il y avait un bon fond de glace. Mon père m’a donné un coup de main. Ça valait la peine, je peux recommencer à m’en servir. »
Jean-Philippe Parr

Belle expérience

Dans un monde idéal, Parr serait resté en Colombie-Britannique, où il commençait à se sentir vraiment à l’aise. «Je m’étais habitué à vivre loin de mes parents. Je m’amusais. Là-bas, il faisait à peu près 8-9 degrés chaque jour, on pouvait jouer sur de vrais terrains. J’ai été très déçu de quitter, ce sont les familles de pension qui ont pris la décision de nous renvoyer à la maison. Je comprends la situation, évidemment. Mais ça reste une déception car c’était un environnement super pour continuer à progresser.»

Il se croise les doigts en espérant y retourner au début mai. «C’est la date prévue à ce moment-ci. Elle peut changer en cours de route, j’en suis conscient. Mais j’espère vraiment que ça va être ça!»

Il avait un premier tournoi programmé ce week-end en Floride. À regret, il a annulé. «Le tournoi a eu lieu quand même. Mais bon, avec tout ce qui se passe, ce n’était pas une bonne idée de s’y rendre.»

Parr sait qu’il devra donc ronger son frein quelques semaines à la maison. Au moins, il s’est donné les moyens de ne pas trop s’éloigner de ses bâtons. «Les journées vont être moins longues comme ça!»