Jean-Yves Ballou Tabla a fait un bain de foule remarqué avec des jeunes du programme de soccer des Estacades.

L'Impact fait des heureux chez les Estacades

«C'est une journée parfaite et un beau cadeau qu'on nous fait. En plus, on a manqué de l'école!»
En deux phrases, Félix Lajoie a bien résumé l'état d'esprit de ses coéquipiers du programme Sport-études des Estacades qui ont eu la chance, lundi, de rencontrer deux joueurs de l'Impact de Montréal au Complexe sportif Alphonse-Desjardins.
Le défenseur Hassoun Camara et le milieu de terrain Jean-Yves Ballou Tabla étaient de passage à Trois-Rivières dans le cadre d'une tournée provinciale de l'Impact. Après avoir visité Québec il y a quelques jours, le Bleu-blanc-noir a mis Trois-Rivières sur son itinéraire en ce début de semaine, au grand plaisir des joueurs de soccer de l'Académie.
Ces derniers ont enchaîné les questions pendant une trentaine de minutes. Des bonnes questions, il faut le spécifier. «Ils sont très intéressés, nous avons eu droit à un bel échange ce matin. C'était vraiment formidable», souriait Camara, un vétéran de 33 ans bien connu des amateurs de soccer.
À ses côtés, la jeune sensation de 18 ans Ballou Tabla n'affichait pas la même verve, mais il faut dire qu'il sort à peine de l'adolescence. En fait, il aurait pu prendre place aux côtés des finissants de cinquième secondaire sans problème! Mais il a du talent, ce Ballou Tabla, à qui on promet une longue et belle carrière en Europe si les astres s'alignent pour lui. Et les jeunes des Estacades le savent.
«C'est mon joueur préféré chez l'Impact, il fait déjà ses preuves. C'est spécial de le voir ici après l'avoir suivi à la télé», témoignait Geoffroy Thivierge.
«Je me rappelle qu'il n'y a pas si longtemps, c'est moi qui étais à leur place, racontait Ballou Tabla. C'est bon de prendre du temps avec eux, de leur parler de notre mode de vie, nos entraînements. On veut se rapprocher des personnes qui ne sont pas nécessairement en contact avec nous, mais qui sont toujours là pour nous encourager.»
Bien qu'il soit devenu majeur il y a moins de deux mois, le milieu offensif originaire de la Côte d'Ivoire a déjà enfilé deux buts avec l'Impact et son talent crève les yeux. Plus jeune, il idolâtrait Didier Drogba.
En termes de notoriété, il pourrait devenir un rouage important chez l'Impact, un peu comme Drogba l'a été, mais à un âge différent. Voilà pourquoi un jeune a osé lui demander, lundi, s'il aspirait à un niveau de jeu supérieur que celui de la MLS.
«J'ai été surpris de la question, je ne m'attendais pas à ça! Mais les gens le savent, l'Europe a toujours été un rêve pour moi alors je ne peux pas le cacher», a lancé le célèbre numéro 13, qui est arrivé au Québec avec sa famille il y a dix ans.
Camara, lui, est débarqué à Montréal en février 2011. «Avec une veste de cuir et une température de -38 degrés Celsius je dirais», a-t-il raconté, provoquant les rires. Il compte aujourd'hui plus de 10 000 minutes jouées en MLS avec le onze montréalais et le club l'a désigné défenseur par excellence en 2016. Il est toutefois incommodé par une commotion cérébrale depuis un certain temps. À l'image de l'équipe, il a connu des jours plus heureux.
«Je vous promets que les choses se replaceront pour notre équipe. On pourra s'en reparler dans quelques mois.» Et voilà, une autre salve d'applaudissements. L'Impact mise sur un bon public à Trois-Rivières.
«J'aurais aimé échanger des conseils avec eux, mais on a manqué de temps. C'est quand même le fun de parler avec eux», disait Steeve Jr Lamy.
Rejoindre le Québec
Le vice-président de l'Impact, Richard Legendre, accompagnait ses deux joueurs en Mauricie, une région qu'il affectionne pour avoir gradué à l'UQTR au milieu des années 70.
«De plus en plus, nous voulons devenir l'Impact du Québec et pas seulement l'Impact de Montréal. Nous avons l'exclusivité du territoire québécois alors il faut aller au-devant des jeunes», expliquait-il, en citant au passage les quatre représentants de la région avec l'Académie de l'Impact (Gabriel Balbinotti et Dumel Kamwa) et le Centre national de haute performance (Shanie Soulières et Florence Brunelle).
«Au total, 16 % de nos joueurs proviennent de l'extérieur de la région de Montréal. Des tournées comme celle d'aujourd'hui, il y en aura d'autres.»
Ce ne sont pas les joueurs des Estacades qui s'en plaindront! Pour l'entraîneur cadre Durnick Jean, la venue de Camara et Ballou-Tabla s'ajoutait à une saison de rêve pour son programme. Les filles juvéniles ont gagné les provinciaux tandis que les gars ont atteint les demi-finales. Toutes ces réalisations valaient bien une petite visite de l'Impact!