Steve Tahsler est tombé sous le charme du Stade de Trois-Rivières

Ligue Frontière: mieux structurée, plus crédible

CHRONIQUE / En mettant les pieds au Stade de Trois-Rivières vendredi dernier, le commissaire adjoint de la Ligue Frontière de baseball, Steve Tahsler, est tombé sous le charme. Pourtant, il venait d’arriver de Québec, où le Stade Canac est pratiquement une copie conforme!

«J’ai peut-être une légère préférence pour celui des Aigles, mais les deux sont très beaux dans leur style», a-t-il partagé au Nouvelliste, lors d’une rencontre dans un restaurant de la ville, à l’abri du vent qui avait commencé à souffler violemment sur une bonne partie du Québec.

«Une équipe de notre ligue s’appelle les Thunderbolts de Windy City. J’ai déjà vu ça!»

La visite du bras droit du commissaire Bill Lee s’inscrivait dans une tournée des cinq marchés de la défunte Ligue Can-Am, officiellement devenue une division de la Ligue Frontière il y a quelques semaines. Ce nouveau circuit comptera 14 clubs, du Mississippi au St-Laurent et jusqu’à l’océan Atlantique, et formera ainsi la plus importante structure du baseball indépendant nord-américain, du moins en termes d’équipes.

«L’objectif, c’est de devenir la référence du baseball indépendant», a dit Tahsler, qui croit au marché trifluvien, malgré l’incertitude de septembre, quand la franchise a failli disparaître après sept ans d’opérations.

«Il y a des marchés semblables à Trois-Rivières dans notre ligue, qui misent sur des partisans dédiés et une forte présence médiatique. Ce ne sont pas tous les clubs qui ont les mêmes ressources financières, sauf qu’il y a un réel potentiel ici, et ce en dépit des embûches rencontrées.»

Voilà une bonne nouvelle pour l’organisation des Aigles. Dès l’annonce de la fusion, on a senti que le ton était différent dans la Frontière. Déjà, voir un dirigeant débarquer à Trois-Rivières en novembre témoigne du sérieux manifesté par la ligue pour que le projet fonctionne. Car les défis sont grands, notamment du point de vue des règlements, du statut des joueurs et des transports.

À ce sujet, tous les clubs devront débourser un certain montant d’argent qui ira dans un fonds commun afin d’assurer une harmonie. Ça aussi, ça amène de la crédibilité. Or, la rapidité déployée par les administrateurs pour régler les principaux dossiers surprend, et ce de manière positive. Les dirigeants des 14 équipes se rencontreront à compter du 11 novembre, à Phoenix en Arizona, pour finaliser les règles de la saison 2020.

Curiosité

Tahsler le reconnaît, les deux marchés québécois piquent la curiosité des propriétaires dans le Mid-Ouest. On a hâte de voir comment se vit la culture baseball à Trois-Rivières et Québec: d’ailleurs, à ce chapitre, Bill Lee – à ne pas confondre avec l’ancien lanceur des Expos – a déjà confirmé qu’il ferait une tournée de toutes les villes de sa ligue l’été prochain.

Dans la Ligue Can-Am, il était difficile pour les journalistes et les partisans de savoir à qui les propriétaires devaient rendre des comptes. On avait parfois l’impression que cette ligue était gérée par les proprios alors que le bureau central demeurait un concept flou.

La donne changera dans la Frontière. Steve Tahsler, en poste depuis plusieurs années, a aussi confirmé que le nom de la ligue serait francisé pour les partisans du nord de la frontière américaine. Une belle façon de séduire un nouveau public.

Du côté des Aigles, on semble encouragé par ce nouveau souffle. Le directeur général René Martin est confiant de conclure une entente avec un partenaire pour le nom du stade, tandis que d’autres partenaires pourraient grossir les rangs.

Les chiffres pour les abonnements de saison sont encourageants, quoique l’équipe aimerait toujours en enrôler davantage. Ceci dit, les fondations sont en place et le retour du gérant T.J. Stanton, un as du recrutement, représente une bonne nouvelle pour la stabilité.

Stanton a ses forces et ses faiblesses comme tout bon gérant, mais depuis deux ans, on ne peut pas lui reprocher grand-chose dans sa recherche d’agents libres. Il devra encore avoir la main heureuse si l’équipe souhaite connaître du succès rapidement dans la nouvelle entité.