Ken Griffey a certes été un des grands joueurs de l'époque des Aigles de la Ligue Eastern.
Ken Griffey a certes été un des grands joueurs de l'époque des Aigles de la Ligue Eastern.

Ligue Eastern à Trois-Rivières: Griffey a laissé son empreinte

Steve Turcotte
Steve Turcotte
Le Nouvelliste
Entre 1971 et 1977, les amateurs de baseball trifluviens ont pu épier plusieurs joueurs qui ont accédé aux Majeures par la suite et certains d'entre eux ont connu une très belle carrière. «Douze gars de l'équipe en 1972 ont fait carrière dans les Majeures par la suite», rappelle fièrement Yvon Després. «Certains ont même fait de grandes carrières, le plus connu étant sûrement Ken Griffey.»
Griffey s'était amené avec les Aigles à la fin de la saison 1971 et en 1972, il était l'une des grandes vedettes du circuit. Il s'est assuré de laisser son empreinte dans la cité de Laviolette pour des décennies.
«Mon meilleur souvenir de cette époque est lié à Griffey», confie Després. «En '72, on a gagné le championnat au dernier match. Il y avait trois hommes sur les buts, deux retraits quand Griffey s'est présenté à la plaque et la balle a frappé le haut de la clôture dans le champ avant de disparaître de l'autre côté pour se transformer en circuit!»
Després et André Pleau avaient beau traiter les joueurs aux petits oignons, ils gagnaient très peu d'argent dans le AA. Griffey jouait avec des souliers à crampons si amochés que Després a fini par lui en acheter une nouvelle paire.
«Il «tapait» ses souliers pour que ça tienne, ça n'avait pas de bon sens de voir notre meilleur frappeur jouer avec ça. On lui a donc fait venir une paire flambant neuve et quand on a voulu la lui remettre, le gérant Jim Snyder s'est interposé. Il n'était pas question de donner quelque chose à Griffey sans donner la même chose aux autres», se souvient Després en riant.
«J'ai alors demandé à Snyder si je pouvais au moins lui vendre et il a accepté. J'ai donc abordé Griffey en lui demandant un prix dérisoire de 5 $ et il m'a dit: «Si j'avais ces cinq dollars, je les achèterais, mais malheureusement, c'est trop cher pour moi!» Ça fait drôle de penser que quelques années plus tard, ce gars-là a fait de la grosse argent.»
Griffey s'était amené à Trois-Rivières avec sa petite famille. Pendant les matchs, ses deux fils s'amusaient dans le stade, dont un était assez turbulent merci. «Il était tannant en sacrifice, Ken Jr. Il jouait à la balle en avant du restaurant, ce n'était pas rare de le voir frapper des gens avec son bâton. Sa maman avait un bon gabarit, elle était assez autoritaire... mais elle n'en venait pas à bout!»
Ken Jr a fini par se concentrer uniquement à taper sur des balles comme son papa et les dommages ont été fracassants. «Au plan statistiques, fiston a surpassé son père sans aucun doute», tranche Després. «Le papa avait des cuisses d'un joueur de football, il courait à 100 milles à l'heure. Lui, passer du premier au troisième coussin, c'était tellement facile. Et c'était tout un gentleman. Mais c'était un frappeur de gap alors que son gars avait plus de puissance... »