L’igloo fera partie du paysage du secteur Grand-Mère pour les 12 prochains jours.

L’igloo prend forme!

Shawinigan — Non, le Mellon Arena de Pittsburgh, domicile des Penguins pendant des décennies, ne renaîtra pas à Grand-Mère. Mais le comité organisateur du Championnat canadien junior de curling misera tout de même sur son «Igloo» durant la semaine à venir.

L’imposante structure, qui a pris forme tôt mercredi devant l’Aréna de Grand-Mère et le Centre municipal de curling, accueillera les amateurs pendant la compétition.

À l’intérieur de cet igloo chauffé, il sera notamment possible de prendre un verre, fraterniser, regarder les matchs en direct sur un écran géant ou assister à des prestations musicales. «On voulait un endroit pour se retrouver entre les séances de jeu. À Victoria l’année passée, au Championnat canadien junior 2017, il manquait cette zone de festivités. C’était important pour nous», explique le directeur général de Shawinigan 2018 Alain Boucher.

«L’idée vient de Philippe Brunelle, un des membres de notre conseil d’administration. C’est un investissement majeur pour notre budget d’opération, mais nous sommes confiants que ce soit populaire. Ça amène une plus-value.»

Ultimes préparatifs
Une armée de bénévoles s’activait pour compléter les derniers préparatifs avant l’arrivée des compétiteurs, mercredi après-midi. Les techniciens de glace, entre autres, ne chôment pas. Ils sont une dizaine à s’assurer que la surface réponde aux attentes de Curling Canada.

Des employés de la chaîne sportive TSN travaillaient également à monter leur équipement, eux qui présenteront, avec RDS2, les demi-finales et la grande finale, les 20 et 21 janvier. «Les gens de TSN sont heureux, car ils n’ont aucun aménagement à faire grâce à la mezzanine, relate Boucher, visiblement fébrile à l’idée de recevoir la visite d’un océan à l’autre. Dans quatre ou cinq ans, ces jeunes joueurs feront partie de l’élite mondiale du curling. On a vendu l’événement comme ça à nos bénévoles, c’est pour ça qu’ils ont répondu en aussi grand nombre (environ 200). Il y aura de l’ambiance, c’est garanti!»

Les organisateurs se frottent les mains en constatant le nombre de passeports vendus. En date de mercredi, on en comptait plus de 600 alors que l’objectif de départ, assez modeste, avait été fixé à 225. Il sera possible d’acheter des billets à l’unité, c’est-à-dire à la séance. Il y aura trois séances de jeu par jour (9 h 30, 14 h et 18 h 30). Tous les spectateurs devront entrer par l’Aréna de Grand-Mère, l’accueil du centre municipal de curling étant réservé aux athlètes, aux entraîneurs et aux bénévoles.

L’Aréna de Grand-Mère, principal terrain de jeu de la compétition, dispose de cinq des huit glaces alors que les trois autres sont du côté du centre municipal. Le premier site peut recevoir 1028 personnes, le deuxième autour de 120. Évidemment, la phase éliminatoire se déroulera dans l’aréna.

«La cure jeunesse fait du bien», sourit Alain Boucher, en regardant l’intérieur de l’aréna, mis au goût du jour ces dernières années. «On reçoit de bons commentaires.»

Le comité a vendu une douzaine de loges corporatives, situées derrière les glaces et devant les vieilles estrades populaires, qui seront monopolisées par les chronométreurs. «On ne peut pas asseoir les spectateurs dans ces gradins.»

«Les gens en ville nous en parlent, ils ont hâte que le tournoi commence, que les jeunes arrivent», souligne le vice-président Jean-François Morand. «Ce fut un grand malheur de perdre le centre de curling dans l’incendie de décembre 2007, mais on a fait beaucoup de chemin depuis. C’est une grande fierté de voir ça.»

Le Centre-de-la-Mauricie mise sur une belle culture du curling et cette région a déroulé le tapis rouge quelques fois depuis 25 ans pour les meilleurs curleurs, entre autres pour les Jeux du Québec de 1991, mais aussi lors des qualifications nationales autant du côté des hommes (2004, 2007 et 2010) que pour les dames (1998).

À Trois-Rivières, on se souviendra qu’en 1993, une certaine Jennifer Jones, future championne des Jeux de Sotchi, jouait pour le Manitoba. En 2004, l’élite mondiale des juniors convergeait vers la cité de Laviolette. Le Suédois Niklas Edin, médaillé de bronze olympique en 2014, était de la partie. Et pour les prochains jours à Shawinigan, il y a de bonnes chances qu’un futur champion lance des pierres. Reste à savoir lequel...