Le défenseur de Bécancour Guillaume Beaudoin est enfin en santé, ce qui lui permet de contribuer activement aux succès de l'Armada.

«Tout ce que je veux c'est un championnat»

CHRONIQUE/ Méconnaissable en décembre, l'Armada de Blainville-Boisbriand a repris du poil de la bête depuis le début du mois, invaincu en six sorties en temps réglementaire.
Samuel Montembeault trouve motivant de s'aligner pour une équipe qui n'a pas eu peur d'ajouter du renfort.
Visiblement, les transactions réalisées par Joël Bouchard ont recrinqué cette équipe, qui a ajouté les attaquants étoiles Pierre-Luc Dubois et Alex Barré-Boulet, de même que le vétéran défenseur Tobie Paquette-Brisson à son mélange. Le retour de Bouchard a sûrement lui aussi aidé, après un mois d'absence qui a servi à encadrer Équipe Canada junior. 
Cette poussée de l'Armada lui permet de revenir dans le portrait de la bataille pour la tête du classement général. Mais surtout, elle motive au plus haut point les vétérans dans le vestiaire, qui sentent maintenant qu'ils ont tout ce qu'il faut pour soulever le gros trophée à la fin du printemps.
«Tout ce que je veux, c'est un championnat. Je l'ai dit dès mon arrivée au camp cette année à Joël, je suis all-in, prêt à tous les sacrifices. C'est ma cinquième année, c'est ma dernière année. Ça doit se passer maintenant», tranche le capitaine Guillaume Beaudoin, pas peu fier des acquisitions de son patron. 
«Dubois est un des joueurs les plus dominants de la ligue, Barré-Boulet est une menace constante en zone offensive. Et Paquette-Bisson enlève de la pression sur les épaules des autres défenseurs. Ces trois gars-là font de nous une bien meilleure équipe», affirme le défenseur natif de Bécancour, qui n'a raté qu'un seul match cette saison, après quelques campagnes marquées par plusieurs séjours à l'infirmerie. 
«Je touche du bois à tous les jours. Vendredi dernier, j'ai failli demander congé puisque c'était un vendredi 13! J'ai finalement prié toute la journée! Ça va tellement bien, je ne veux pas que ça s'arrête. On a trois bonnes lignes, on a le meilleur gardien de la ligue. On a le droit d'y croire. Surtout que notre entraîneur fait de l'excellent boulot. On a vu en décembre à quel point il pouvait faire une différence dans nos succès.»
Samuel Montembeault est aussi excité que son concitoyen. Le portier étoile est heureux de faire partie d'une équipe qui a foncé lors de la dernière période de transactions. 
«C'est très motivant, ce qui s'est passé avec notre équipe. On a maintenant de la profondeur à toutes les positions. À ma première année avec l'Armada, on avait perdu en demi-finale face à Baie-Comeau. On avait alors une très bonne équipe. Notre groupe de cette année se compare sans problème à cette édition-là», analyse l'espoir des Panthers de la Floride. 
«Notre but, c'est de se rendre jusqu'au bout», lance à son tour le Latuquois Morgan Adams-Moisan, qui en est à sa troisième saison à bord du navire de Joël Bouchard. 
«L'esprit d'équipe est très solide, tout le monde est prêt à jouer son rôle au sein de l'équipe et il n'y a aucune jalousie. Pour ma part, j'ai un peu plus de responsabilités cette année, on m'utilise aussi en désavantage numérique. C'est gratifiant.»
S'assurer que tous soient sur la même page, c'est un peu le mandat de Beaudoin en tant que capitaine. 
«La chimie n'a été difficile à refaire, ce sont de bonnes personnes qui ont été ajoutées au groupe. Il n'y a pas de cliques, on se pousse les uns les autres. Pour vrai, de ce côté, il n'y aucun souci. Sur la glace, il nous reste des petites choses à peaufiner. On doit se servir des matchs qu'il reste à la saison pour certaines facettes de notre jeu.»
Parmi les vétérans qui se font pousser dans le dos, il y a, à la surprise générale, Montembeault! Francis Leclerc présente même de meilleures statistiques que le gardien étiqueté comme le meilleur de la LHJMQ, tant pour la moyenne que pour le pourcentage d'efficacité. 
«C'est rassurant de savoir qu'on peut avoir du succès, peu importe lequel de nos deux gardiens est dans le but. Ceci dit, Il n'y aucun autre gardien dans la ligue qui est égal à Samuel», lance Beaudoin.
Bientôt une loterie Armada?
Habituellement conservateur sur le marché des transactions, Joël Bouchard s'est payé cette fois deux des joueurs les plus convoités en Pierre-Luc Dubois et Alex Barré-Boulet. 
Le travail de Bouchard alimente bien sûr les rumeurs voulant que l'Armada en soit à sa dernière saison sur la couronne nord de Montréal. Avec l'arrivée du Rocket de Laval en 2017-18, club-école du Canadien dans la Ligue américaine, il est permis de douter que ces deux organisations puissent cohabiter bien longtemps. L'Armada s'annonce perdant d'avance, lui dont les foules oscillent généralement autour des 2000 spectateurs. 
Quebecor aurait même testé il y a quelques mois l'appétit des dirigeants du Canadien de se porter acquéreur de l'Armada, afin de meubler au maximum le nouveau Colisée de Laval. Un scénario qui aurait été complètement repoussé.
À partir de là, il sera intéressant de voir si Quebecor gardera son équipe à Blainville, si au contraire elle regardera les options pour la déménager ou si elle va préférer vendre la concession. Si l'un des deux derniers scénarios se matérialisent, bien sûr que Trois-Rivières reviendra dans les conversations comme site potentiel. Le projet de Réal Breton, actif depuis 2013, est toujours dans les cartons, même s'il se fait discret. 
Il y a aussi des promoteurs à Saint John's, à Terre-Neuve, qui ont fait savoir leur intérêt aux autorités de la LHJMQ. Pas de demande officielle pour l'obtention d'une franchise, du moins pas encore. Mais les discussions préliminaires ont eu lieu. 
Le défi à Saint John's n'est pas l'aréna, ou la crainte de ne pas rallier les fans de hockey. Là-bas, le problème est géographique, Terre-Neuve étant tellement éloigné, les promoteurs doivent accepter de faire voyager les équipes adverses à leur frais par avion. Ce modèle d'affaires avait eu raison des Fog Devils après seulement trois ans d'existence, en 2008. Peut-il être viable une décennie plus tard?