Marc-André Dumont vante les mérites de ses vétérans de 20 ans, notamment l'ex-Cataractes Giovanni Fiore.

Le plan, c'est le plan!

CHRONIQUE / Sept des huit premières places au classement général de la LHJMQ sont occupées par des équipes qui ont fait du magasinage à la période des Fêtes. L'intrus dans le groupe, a fait l'inverse en monnayant les services de son meilleur attaquant, possiblement le meilleur joueur de la ligue!
Dans ces conditions, il faut lever notre chapeau au travail accompli par Marc-André Dumont. Il y a une dizaine de joueurs de 16 et 17 ans dans l'alignement des Screaming Eagles du Cap-Breton.
Ça n'empêche pas l'équipe dirigée par cet ancien journaliste de pointer au huitième rang sur les 18 clubs du plateau, à des poussières du sixième rang. Voilà pourtant un club qui devait se battre pour une place en séries au sein de la très compétitive division des Maritimes, non?
«On le savait depuis la mi-septembre qu'on aurait du succès. Les gars sont arrivés tellement prêts pour cette saison-là. En début d'année, on perdait nos matchs, mais je n'arrêtais pas de dire à nos joueurs et à nos partisans qu'on travaillait bien, et que ce n'était qu'une question de temps. Nous sommes les moins surpris de notre rendement», s'enthousiasme Dumont, qui n'a pas fait de compromis pour gonfler le palmarès du club.
Clairement, ça veut dire que les recrues à qui il voulait confier d'importantes responsabilités n'ont jamais été tassées en cours de route. 
«Leur place dans l'équipe n'a pas été gratuite, ils ont dû se battre. Le camp a été très compétitif, on a gardé huit recrues pour 23 gars qui étaient en lice. Il faut donner beaucoup de crédit à nos vétérans. Nos trois joueurs de 20 ans et les gars de 19 ans montrent l'exemple. Derrière eux, les jeunes ont décidé d'embarquer. Ça produit de bons résultats.»
Dumont porte à la fois le chapeau de pilote et de directeur-gérant avec les Screaming Eagles. Deux tâches dont les visions diffèrent parfois. Le pilote est dans le court terme, le gérant se doit de planifier à plus long terme. Quand les deux fonctions sont occupées par le même homme, il peut y avoir tiraillement interne!
Mais Dumont assure ne pas avoir été tenté de basculer dans le camp des acheteurs ou même d'opter pour le statu quo à la dernière période de transactions, ce qui lui aurait permis de diriger Pierre-Luc Dubois jusqu'à la fin de sa carrière junior.
Dumont avoue lui-même que la route est ouverte cette année jusqu'à la coupe du Président, qu'on ne peut identifier une équipe complètement au-dessus de la mêlée. Un club flirtant avec les gros clubs misant sur un Dubois métamorphosé depuis le championnat du monde junior serait encore plus dangereux, non? 
«On a établi un plan à tête reposée, en fonction de nos objectifs, et on s'en tient à ce plan-là. Ce n'est pas à propos des joueurs qui ne sont plus là, c'est à propos des joueurs qui sont ici, dans l'alignement. C'est sur eux que nous mettons l'emphase.»
Au coeur des réussites des Screaming Eagles, il y a notamment les jeunes gardiens Kyle Jessiman et Kevin Mandolese, deux bourreaux de travail selon Dumont.
«Je ne me souviens pas d'une seule pratique où ils ne sont pas arrivés sur la glace dix minutes au moins avant le début et où ils n'ont pas fait de temps supplémentaire après. Comme nos autres joueurs, ils récoltent ce qu'ils méritent.»
Après avoir été retranché de l'équipe midget AAA des Estacades de Trois-Rivières en 2014, Alexis Sansfaçon poursuit sa progression dans la LHJMQ avec les Screaming Eagles du Cap-Breton.
«À 19 ans, il va être incroyable»
Parmi les jeunes loups des Screaming Eagles, il y un Shawiniganais de 6 pi 3 po et 210 livres qui passe de moins en moins inaperçu à la ligne bleue. Alexis Sansfaçon, 17 ans, était impliqué dans un ménage à neuf défenseurs en début de saison. Marc-André Dumont a ramené ça à sept, ce qui a donné plus de marge de manoeuvre à tout le monde. 
Sansfaçon, choix de troisième ronde il y a deux ans, fait partie de ceux qui en ont profité.
«C'est une saison d'apprentissage pour lui. Parce qu'il habitait en pension depuis deux ans, ce bout-là ne le dérangeait pas mais pour le reste, il y avait beaucoup de nouveautés. Il fait bien ça, c'est un joueur intelligent à l'éthique de travail irréprochable. Et il a toute une portée!», remarque Dumont.
Et qui prend beaucoup de millage par les temps qui courent! Mercredi dernier au centre Gervais Auto, il a affronté durant une bonne partie de la soirée le trio numéro un des Cataractes formé d'Alexis D'Aoust, Cam Askew et Mathieu Olivier. Pas trop commode comme jumelage pour un défenseur recrue, mettons.
«Et ce n'est pas la première fois que ça arrive, au contraire. Un gars de 17 ans, en mesure d'affronter déjà les meilleurs éléments ennemis, qui va encore grossir et grandir. À 19 ans, avec tout ce bagage et ses outils, il va être incroyable. »