Les Cataractes ont été renversés par les Foreurs, vendredi soir au Centre Gervais Auto, en lever de rideau de leur série huitième de finale de la Ligue de hockey junior majeur du Québec.

Le jour de la marmotte pour les Cataractes

Ils nous le disent tous. Les séries, c'est un univers complètement différent de la saison. Une autre preuve a été fournie vendredi soir au Centre Gervais Auto, alors que les Foreurs ont signé un gain de 5-2, lors du premier match de la série quatre de sept qu'ils disputent aux Cataractes de Shawinigan.
Les 29 points qui séparaient les Cataractes des Foreurs au classement général après le calendrier régulier ont visiblement disparu durant la dernière semaine. Les locaux, auteurs d'une quarantaine de tirs contre ces mêmes Foreurs pas plus tard que samedi dernier, ont été limités à 22 lancers vendredi soir. Claude Bouchard a pris le pari de répartir son offensive plutôt que de se concocter deux gros trios et la stratégie n'a pas été très payante. Malgré tout, après 40 minutes, les Foreurs étaient encore moins dégourdis qu'eux en territoire ennemi, alors que les Shawiniganais menaient ce match 2-1.
Le scénario a toutefois complètement changé en début de troisième. À la grande surprise des quelque 3000 personnes sur l'avenue Jacques-Plante, les Foreurs ont orchestré une poussée de trois buts en un peu plus de deux minutes. Jake Smith a parti le bal avec un tir parfait, puis Alexis Pépin a fait dévier une rondelle derrière Mikhail Denisov pendant une mauvaise pénalité écopée par Samuel Girard. Charles Graaskamp a terminé cette séquence infernale en portant la marque à 4-2.
Claude Bouchard a eu beau changer son fusil d'épaule et réunir ses gros canons, ces derniers ont été très dociles. À part Girard et Dennis Yan, bien peu de joueurs ont réussi à défier avec succès la défensive pourtant habituellement poreuse des Foreurs. En fin de match, Graaskamp a porté le coup fatal en inscrivant un autre but d'assurance dans un filet abandonné.
«Le soleil va se lever demain pareil»
Cette fin de match rappelait le premier match de la série face au Phoenix disputé il y a un an. Claude Bouchard a passé la semaine à prévenir ses hommes de ne pas prendre les Foreurs à la légère, en se servant de la douloureuse expérience de l'an passé. Visiblement, le message est passé dans le beurre. «Le soleil va se lever demain pareil, il faut garder la tête haute», soulignait d'entrée de jeu le vieux routier aux journalistes. Ce qui ne veut pas dire qu'il était prêt à passer l'éponge sur cette première sortie très décevante pour une équipe qui clame sa volonté de boire dans la coupe du Président à la fin mai.
«Les Foreurs ont travaillé plus fort que nous. On n'avait pas 20 joueurs prêts à payer le prix pendant 60 minutes. Le fil est mince entre la victoire et la défaite. À ce stade-ci de l'année, ce n'est pas le talent qui fait la différence, c'est la tête et le coeur. Faut pas paniquer, mais faut rapidement corriger le tir.»
Bouchard ne croit pas avoir miné son offensive en répartissant sa force de frappe. «On a gardé sensiblement les mêmes combinaisons qu'au dernier match face aux Foreurs. Ça ne s'était pas trop mal passé, on ne voulait pas tout chambarder. Il y a des joueurs qui n'ont pas connu un grand match, c'est tout. On va se dire les vraies affaires, peu importe avec qui ils auraient joué, ça n'aurait pas produit plus», a commenté Bouchard, en se gardant bien de les identifier.
Samuel Girard partageait les conclusions de son patron. «On n'a pas joué selon notre identité. On a manqué de jus. Ils ont travaillé plus fort que nous. Maintenant, il faut penser au prochain match. Nous sommes déjà passés par là, nous savons comment il faut réagir.»
«Faut redoubler d'ardeur et gagner plus de batailles un contre un», proposait pour sa part Alexis D'Aoust, invisible vendredi.
Bouchard a, de son côté, promis des changements dans l'alignement. Laissés de côté, Samuel Bucek, Vincent Senez et Xavier Pouliot seront utilisés. «On va utiliser leurs atouts. Mais ce ne sont pas des sauveurs. C'est en équipe qu'on doit rebondir.»
Dans l'autre vestiaire, Mario Durocher refusait de pavoiser. «C'est une victoire, ça nous en prend quatre. C'est loin d'être terminé. On est content de notre performance, on a été capable de patiner avec eux. Maintenant, on ne peut pas se satisfaire uniquement de ce match, on doit reprendre le boulot demain.»
Son gardien Étienne Montpetit, qui a mal paru sur le filet de Justin Bernier, était ravi de la performance de ses coéquipiers.
«Ce fut comme ça tout au long de l'hiver. Quand j'avais besoin d'eux, ils m'aidaient. Quand c'était le contraire, c'était pareil. Je m'en voulais sur le deuxième but des Cataractes. Mais les gars sont revenus très forts. C'est une bonne performance pour nous. Il faut quand même se rappeler que nous n'avons encore rien accompli. On tourne la page.»