Comme les autres surdoués de la LHJMQ, Samuel Girard doit vivre à l'intérieur d'un horaire infernal.

Calendrier trop exigeant pour les surdoués?

La question mérite d'être soulevée. Le calendrier de la LHJMQ est déjà assez exigeant merci. Ce n'est pas un hasard si plusieurs entraîneurs se plaignent de leur horaire chaque hiver. Il y a un camp d'entraînement interminable chevauchant août et septembre, 68 matchs de saison régulière et les séries. Ajoutez le voyagement en autobus, et l'école, et vous avez des jeunes de 16 à 20 ans qui sont plus sollicités que les hommes dans la LNH!
C'est encore pire pour les surdoués de la ligue, dont les temps libres sont meublés par des invitations liées à leur statut. Camps provinciaux, nationaux, Combine de la LNH, Match des meilleurs espoirs, Défi face à la Russie, camp de développement de l'équipe du circuit Bettman qui les ont repêchés, suivi du camp d'entraînement, alouette.
Tout ça, c'est la base. Maintenant, il y a aussi les sessions de perfectionnement offertes par les agents, comme le power skating, par exemple. Et l'entraînement estival personnalisé. Ouf! 
Et si par malheur, ces gars-là - qui sont épiés étroitement par les amateurs - ont une baisse de régime au cours de cet interminable marathon, rapidement des questions sont posées sur leur désir ou leur progression réelle...
«On devrait s'étonner des blessures?»
Certains hommes de hockey commencent aussi à trouver que ces jeunes se retrouvent davantage exposés aux blessures. Gabriel Fortier, quatrième choix au total de la LHJMQ l'été dernier, a amorcé sa saison avec le Drakkar le week-end dernier seulement, après une blessure subie durant l'été au camp U17 d'Équipe Canada.
Cinq mois plus tard, le directeur-gérant Steve Ahern croit encore que son horaire démentiel a pu jouer un rôle dans ce séjour involontaire à l'infirmerie.
«Ils sont toujours sur la glace, ces jeunes-là. Et on leur demande de performer chaque fois. Après ça, on devrait s'étonner des blessures? Le cas de Fortier n'est pas unique, regarde le nombre de jeunes dans la ligue qui ont été blessés depuis le début de la saison. Il est grand temps qu'une vraie réflexion de ligue se fasse à ce sujet.»
Ahern tient ce discours depuis l'été dernier. D'ailleurs, lors du tournoi des recrues en août, il s'est fait critiquer à l'intérieur des cercles de la LHJMQ pour ne pas avoir utilisé Xavier Bouchard, Shawn Element et Édouard Saint-Laurent, ses trois autres choix de première ronde.
«C'est une décision que je ne regrette pas, au contraire. Si, comme organisation, on ne prend pas les moyens pour protéger nos jeunes, qui va en prendre soin?», questionne-t-il.
«Chez nous, c'est une préoccupation constante. Notre entraîneur roule à quatre trios, vérifie constamment le niveau d'énergie de ses joueurs. En janvier, l'équipe s'entraîne pas plus que 40 minutes par jour. Mais on ne contrôle pas l'horaire au complet...»
Martin Mondou estime lui aussi que les meilleurs éléments sont trop sollicités. La solution ne se trouve peut-être pas à l'interne, cependant.
«Quand j'entends dire que certains clubs de la LNH testent eux-mêmes nos joueurs alors qu'il y a un Combine, j'ai du mal à comprendre. Il y a des choses qui se font actuellement à l'extérieur des cadres de la ligue et qui ne sont pas essentielles», lance le directeur-gérant des Cataractes, qui ne croit pas que la LHJMQ doit plancher sur un calendrier réduit pour permettre à ses joueurs de surfer sur un meilleur équilibre.
«Par contre, il y a peut-être une façon d'élaborer un calendrier plus équilibré. On a eu plusieurs semaines avec seulement deux matchs avant les Fêtes. Et là, en janvier, c'est l'enfer. Je comprends qu'il y a certaines contraintes. Il y a des discussions là-dessus chaque année. Mais il me semble qu'il y a moyen de confectionner un calendrier plus logique.»
Le calendrier, c'est un sujet tabou. Le fameux volume de 68 matchs plaît semble-t-il aux équipes de la LNH, qui y voient une façon d'aguerrir les jeunes, ce qui facilite leur transition chez les pros. C'est probablement vrai. Reste que le principal motif pour figer le nombre à 68 est économique. Avec les budgets d'opération qui ne cessent de grimper, ceux qui épongent les factures au deuxième étage ont besoin de chacun des matchs à l'horaire pour espérer boucler le budget.
Ahern ne nie pas le motif financier derrière cette décision. Sans la défendre, il croit que la LHJMQ peut viser d'autres cibles.
«Le calendrier de 68 matchs? Ce n'est pas à moi de me prononcer s'il y a trop de matchs ou non. Ce que je sais, c'est qu'on aurait besoin de tous réfléchir à mettre en place une politique commune sur l'entraînement et la nutrition. Présentement, tout le monde fait ses trucs de son bord. Si on veut maximiser ces rayons-là, pourquoi ne pas mettre nos ressources en commun? Plus on a de moyens, plus on peut arriver avec quelque chose de précis. C'est l'ensemble de la ligue qui en bénéficierait si au moins, on ferait des progrès là-dessus.»
Duhamel était condamné à gagner
Onde de choc à Gatineau dimanche soir alors que Mario Duhamel a été relevé de ses fonctions d'entraîneur-chef des Olympiques. 
Visiblement, ce n'est pas évident de remplacer un monument comme Benoît Groulx. À son premier départ, Mario Richer s'était retiré par lui-même après une vingtaine de matchs. Cette fois, ce sont les propriétaires de l'équipe qui auraient décidé de tirer Duhamel sous l'autobus, voyant que l'équipe ne performait pas à la hauteur des attentes. 
Il est vrai que le bilan de Duhamel à la tête des Olympiques n'est pas reluisant. L'équipe est menacée d'être exclue des séries et n'a jamais semblé réussir à se remettre de l'interminable périple dans les Maritimes qui a lancé sa saison.
Le directeur-gérant Marcel Patenaude a alors décidé de se ranger dans le camp des vendeurs à la dernière période des transactions, monnayant les services de plusieurs vétérans. 
Mais à la surprise générale, il a refusé de sortir aussi Yakov Trenin malgré une généreuse offre des Cataractes, qui impliquait notamment un choix de première ronde. Patenaude a expliqué sa décision en invoquant qu'à son avis, son équipe était meilleure après les transactions, malgré les départs des Meloche, Dostie, Taillefer et Grametbauer!
À partir de là, Duhamel était condamné à gagner et à faire progresser ses hommes au classement, non? Sa fiche de 2-6-1 depuis la fameuse déclaration de Patenaude explique certainement pourquoi Éric Landry est passé lundi du statut d'adjoint à pilote intérimaire. 
Si Landry remet l'équipe sur les rails, il sera intéressant de voir s'il obtiendra un vote de confiance pour poursuivre le boulot en 2016-17. Il faudra aussi voir si le règne de Patenaude, embauché quelques semaines avant Duhamel, sera lui aussi de courte durée.
En coulisses, on dit qu'Alain Sear n'était pas très heureux que Patenaude ait laissé une offre aussi alléchante sur la table pour trois mois de hockey de Trenin... Patenaude, comme Duhamel, avait paraphé un contrat de deux ans l'été dernier après avoir vu Groulx graduer dans la Ligue américaine.