Steve Turcotte
Dan MacKenzie
Dan MacKenzie

LHJMQ: saisir l’opportunité

CHRONIQUE / Même en ces temps de pandémie mondiale, il y a une opportunité à saisir pour la LHJMQ, et l’ensemble de la Ligue canadienne de hockey.

Leur entente les liant à la LNH est effectivement terminée.

Ce pacte encadre notamment les montants accordés par la grande ligue aux équipes qui développent des joueurs pour elle. Il prévoit aussi comment se déroule la circulation entre les deux niveaux.

Impossible de savoir si Gilles Courteau et ses partenaires canadiens ont des demandes pour donner leur aval avant d’accoucher d’une nouvelle entente. Courteau ne s’exprimera sur ce sujet, semble-t-il, que lorsque les négociations seront terminées!

Espérons quand même que nos dirigeants sont bien conscients que cette entente de sept ans qui vient de se terminer handicape le hockey junior sur un front bien précis, par rapport à ses rivaux directs.

Quel est ce boulet dont il faudrait disposer? De la disparité des droits exclusifs de négociations sur les joueurs qui sont repêchés.

Une équipe de la LNH qui réclame un joueur évoluant au Canada dispose de deux ans pour le mettre sous contrat, à défaut de quoi il redevient libre. Les joueurs évoluant aux États-Unis et en Europe, eux, ont droit à quatre ans. Le double!

L’avantage est important. Dans les deux premières rondes, ça ne change probablement rien. Ces joueurs vont pratiquement tous être mis sous contrat, de toute façon. Mais plus le repêchage s’étire, plus ça devient un facteur. Tant qu’à prendre une chance avec un gars dans un sport à développement tardif, aussi bien avoir le maximum de temps pour l’évaluer. Un dépisteur de la LNH me disait cet hiver que son équipe plaçait une ligne imaginaire à chaque repêchage à partir de laquelle la consigne était de regarder uniquement vers les États-Unis et l’Europe. Il ne croyait pas que c’était une pratique généralisée à travers la ligue, mais il ajoutait que cette question sur les droits teintait assurément la liste finale de la très grande majorité des équipes.

Un avis que partage Paul Corbeil, de Paraphe. «Il est évident que le système actuel pénalise les joueurs de la Ligue canadienne. Si les équipes avaient au moins un an de plus, les joueurs pourraient faire tout leur junior avant d’être évalués, l’équilibre serait alors plus grand entre toutes les ligues. Pour en avoir parlé à quelques reprises autour d’un café avec des dépisteurs, disons que c’est un constat assez unanime…»

Ni Corbeil, ni les dépisteurs n’ont malheureusement de poids dans un tel dossier. C’est à la LCH de mettre ses culottes. Elle a un nouveau président, la LCH, vous savez. Dan MacKenzie a été embauché l’été dernier. Il est bien peu visible depuis cette nomination. Voilà un premier cheval de bataille intéressant, non?

Chose certaine, une réglementation plus uniforme pourrait inciter les équipes de la LCH à ajouter davantage de joueurs de 20 ans dans leur alignement. Ça fait des années qu’une proposition pour passer de trois à cinq vétérans de dernière année par équipe circule d’un bout à l’autre du pays. Le fruit serait alors mûr pour passer à l’action.

Plus de joueurs de 20 ans, ça ne peut que tirer le hockey junior vers le haut. Ainsi que les couches de la pyramide en-dessous. Deux places de moins dans le vestiaire, c’est en effet deux places de moins pour les adolescents de 16 ans dont certains graduent prématurément par défaut, il faut bien l’avouer. Ces 36 adolescents un peu trop verts se retrouveraient donc dans le midget AAA, une manne qui rendrait cette ligue plus puissante. L’effet boule de neige serait par ailleurs ressenti dans le midget Espoir.

C’est donc tout le hockey élite canadien qui a intérêt à voir la LCH tenir son bout face aux géants de la LNH…