Simon Kean lors de la pesée officielle.

L’heure des réponses

C’est une carte des ligues majeures qui sera présentée au Centre Gervais Auto. Jetez un œil aux derniers galas tenus en province, par exemple à Drummondville et Sorel, et vous verrez que les Cataractes et Eye of The Tiger Management ont raison de vanter le menu fort étoffé de samedi soir.

Évidemment, tous les yeux seront d’abord et avant tout tournés vers la finale. Simon Kean, le poids lourd trifluvien, aura droit à un premier examen depuis qu’il évolue chez les pros. Ce Alexis Santos a été soigneusement choisi par les promoteurs parce qu’il a la réputation de livrer des guerres quand il se retrouve entre les câbles. Kean va se faire tester par un gars prêt à manger des claques pour en distribuer. Et c’est tant mieux.

Car Kean a de grandes prétentions. Il évoque souvent son rêve de se battre en championnat du monde. Son patron Camille Estephan a même repris cette semaine la comparaison du Doc Mailloux entre le protégé de Jimmy Boisvert… et Maurice Richard! Bon, il y a de l’enflure sur celle-ci, il faut être honnête, mais la boxe est un univers de superlatifs et Kean a une fiche immaculée jusqu’ici, alors pardonnons un peu cette excitation des proches du jeune homme.

C’est même compréhensible, considérant sa feuille de route chez les amateurs. Aux Jeux de Londres en 2012, Kean a battu le Français Tony Yoka, futur champion olympique de Rio en 2016. Voilà un trophée de chasse qui rend légitimes les aspirations planétaires du Trifluvien.

Pour les appuyer, il a maintenant besoin de lancer un message face à Santos samedi soir. Rien n’avantage ce dernier. Le talent, la portée, le bagage amateur, l’environnement, tout est à l’avantage de Kean. Santos a, de plus, pris le combat à trois semaines d’avis. Il s’en va dans une fosse aux lions avec son courage et sa puissance.

Ça devrait être suffisant pour offrir de l’action aux quelque 3500 spectateurs qui seront présents. Mais Santos n’appartient pas à l’élite, Kean devrait être en mesure de lui faire chèrement payer son audace. Il le dit lui-même, il en battait trois par semaine, des gars comme lui chez les amateurs! Alors logiquement, il faut s’attendre à une sortie explosive, mais pas trop compliquée pour le favori de la foule.

Si ce scénario tient la route, Kean s’enligne pour une année payante. Il y a Adam Braidwood à l’horizon, peut-être aussi les titres canadien et du Commonwealth. Ce gala à Shawinigan profite d’une couverture médiatique exceptionnelle, ça va renforcir sa position comme étant l’homme à battre au pays… à condition de dominer Santos.

Kean a donc beaucoup à gagner samedi soir. Il peut aussi perdre son aura de super espoir. Il y aura de la pression dans l’air. Ce sera vraiment intéressant de voir comment il va négocier avec celle-ci.

Considérant la sous-carte très bien balancée, la Mauricie est privilégiée d’être l’hôtesse d’une telle soirée. Il y a des cartes au Centre Bell qui sont parfois bien moins intéressantes! D’ailleurs, le prix de certains billets a été fixé… sous le coût d’un stationnement à la grosse cabine téléphonique montréalaise! Les promoteurs ont joué la carte de la qualité et de l’accessibilité pour tenter de remplir le Centre Gervais Auto. Avec plus de 3000 billets vendus la veille de l’événement, ils ont gagné leur pari!