Les Aigles continuent à travailler sur un plan de configuration du Stade Quillorama qui permettrait de respecter les mesures sanitaires, dans le contexte de la pandémie du coronavirus.
Les Aigles continuent à travailler sur un plan de configuration du Stade Quillorama qui permettrait de respecter les mesures sanitaires, dans le contexte de la pandémie du coronavirus.

Les Trifluviens veulent du baseball

Louis-Simon Gauthier
Louis-Simon Gauthier
Le Nouvelliste
Trois-Rivières — En l’espace de quelques heures, près de 2000 personnes ont répondu à l’appel lancé par les Aigles, par le biais d’un sondage virtuel, à savoir s’ils répondraient présents cet été pour encourager l’équipe. Les chiffres ne mentent pas: si la distanciation physique est contrôlée et que les mesures sanitaires sont rigoureuses, ceux qui sont déjà vendus à la cause du baseball n’hésiteraient pas à se déplacer.

«Je m’attendais à quelque chose de bien, mais à 87 % , je me tape dans les mains», sourit le président des Aigles Paul Poisson.

En effet, près de 9 internautes sur 10 ont répondu qu’ils franchiraient les portes du Stade Quillorama, si les réglementations gouvernementales leur permettaient d’assister à une partie pendant la belle saison. Les Aigles devaient entamer leur calendrier régulier vendredi, à Joliet en Illinois.

«Pour nous, c’est un gros wow! On sait que nous avons un petit noyau dur avec nos 300 abonnés de saison, mais plusieurs répondants ont également écrit qu’ils prévoyaient assister à 3 ou 5 matchs.»

Cet exercice a été commandé par la Ligue Frontière, dont les rencontres hebdomadaires entre présidents se poursuivent afin de sauver un semblant de saison. Il y a quelques jours, Paul Poisson disait au Nouvelliste que le mois de mai serait important, sur le plan des décisions.

«Notre plus récent entretien, ce fut un copier-coller du dernier. Mais attention, ça ne veut pas dire qu’on n’avance pas.»

On sait que le Stade Quillorama de Trois-Rivières pourrait accueillir jusqu’à 850 personnes, dans une nouvelle configuration de l’ère «covidienne», toujours en tenant compte d’une ouverture de la Santé publique à ce chapitre.

«On séparerait les familles par trois bancs de chaque côté, avec personne en avant, ni à l’arrière. Nous prévoyons aussi une douzaine de personnes à la sécurité. La nourriture serait vendue en boîte, les concessions alimentaires n’ouvriraient pas avant le début de la partie. Les toilettes seraient désinfectées après chaque utilisation.»

Les Aigles recommanderaient aussi le port du masque, voire l’obligation du dit masque si les gouvernements en décidaient ainsi. «Je verrais mal nos employés travailler sans masque, que ce soit obligatoire ou non», reconnaît Paul Poisson.

Plus de 70 % des répondants n’entretiendraient pas de craintes à amener un enfant voir les Aigles et la mascotte Grand Chelem. C’est moins clair pour les 70 ans et plus, une part non négligeable des amateurs assis dans les gradins au Stade Quillorama. Au sein de cette catégorie d’âge, on tourne autour du 50-50.

«C’est sûr qu’on serait triste de ne pas les voir. En ce moment, la Santé publique ne le recommande pas. Est-ce que le discours changera cet été? Chose certaine, on développe notre plateforme de webdiffusion des matchs. Si on joue cet été, et je suis persuadé qu’on aura du baseball en 2020, ce sera une possibilité pour cette clientèle.»

De l’espoir

La ministre Isabelle Charest a souligné, mercredi, que le baseball pourrait s’adapter plus facilement que d’autres sports collectifs au déconfinement. Le directeur général de Baseball Québec, Maxime Lamarche, a salué cette ouverture dans La Presse. Les Aigles sont également confiants. Pourquoi pas du baseball à la mi-juillet?

«On pense au baseball professionnel, mais aussi à toute la communauté du baseball mineur, à nos jeunes. Il faut remettre le sport sur les rails et nous voulons continuer à être présents pour eux.»

La direction des Aigles s’attend à recevoir bientôt la confirmation de la Ville de Trois-Rivières qu’elle peut entrer dans ses bureaux, au stade. Car beaucoup de travail reste à faire, ne serait-ce que pour entretenir l’espoir qu’il y aura bel et bien du baseball au parc de l’Exposition.

«On l’a déjà dit: si les frontières demeurent fermées cet été, il y aurait moyen d’organiser une mini saison avec les Capitales de Québec, d’aligner des joueurs canadiens. Tous les scénarios sont encore sur la table.»