Trois des quatre joueurs vétérans des Aigles cet été seront des Vénézuéliens: le bien connu Javier Herrera, le lanceur Yender Caramo ainsi que le voltigeur Alberth Martinez (photo), qui est arrivé à Trois-Rivières il y a quelques jours à peine.

Les renforts sont là!

TROIS-RIVIÈRES — Alberth Martinez a poussé un soupir de soulagement quand il a franchi les douanes de l’aéroport international Montréal-Trudeau.

Des vols de la capitale vénézuélienne Caracas jusqu’au Panama, puis du Mexique jusqu’à Montréal, avant le trajet entre la métropole et Trois-Rivières ont occupé ses journées de vendredi et samedi.

Le voltigeur de 27 ans a par la suite eu l’occasion de rencontrer ses coéquipiers des Aigles, avec qui il passera une partie de l’été. Il était d’ailleurs dans l’abri des joueurs, dimanche à Québec, pour l’ultime match d’une série de trois face aux Capitales.

De Caracas à Trois-Rivières
«Je suis content d’être ici. J’ai déjà joué dans l’Ouest canadien quand j’évoluais dans le baseball affilié, mais pas aussi longtemps que ce que je m’apprête à faire. Ce sera ma première saison dans le baseball indépendant, j’ai hâte de commencer», a livré l’athlète originaire de San Felix, au Venezuela, un pays plongé dans une grave crise diplomatique avec la réélection du gouvernement socialiste de Nicolas Maduro, le 20 mai.

«Quand je pense à mon pays, ça me rend triste. Imaginez, c’est difficile de trouver de la nourriture dans certains quartiers, il y a beaucoup de violence. Tout le monde est touché, ce n’est pas croyable», poursuit le jeune homme, la voix grave, au terme d’une séance d’entraînement déplacée à l’intérieur du Complexe sportif Alphonse-Desjardins, en raison de la pluie.

«Je parle aux membres de ma famille chaque jour. J’essaie de communiquer avec mes soeurs, ma mère, mon père, mon neveu. Mais je dois aussi penser aux Aigles et à mon jeu. Je veux donner une bonne impression aux entraîneurs.»

Long processus
Il n’a pas été facile pour Martinez de quitter le Venezuela. Son visa de travail a été délivré dans les derniers jours, voilà pourquoi il a dû rater les premiers matchs de la saison. À l’instar de son ami, le lanceur Yender Caramo, qui obtiendra son premier départ avec les Aigles, mardi soir face aux Boulders à Rockland.

Martinez, lui, n’accompagnera pas l’équipe aux États-Unis. Le Sommet du G7 cause un ralentissement des activités à l’ambassade située à Québec. Il fera donc ses débuts avec les Aigles vendredi, contre les Capitales au Stade Stéréo Plus de Trois-Rivières.

«Je ne connais rien à la Ligue Can-Am, mais je sais qu’il y a de bons joueurs. Javier Herrera [un autre Vénézuélien] m’a parlé de la ville et de l’équipe, je suis enthousiaste. Je sais aussi qu’il a décidé de quitter le Venezuela pour des raisons de sécurité. Il n’est pas le seul. Chez moi, on connaît plusieurs personnes qui fuient vers la Colombie, le Mexique, l’Argentine ou l’Europe.»

Le fait d’être aux côtés de Caramo, un ami d’enfance qui a grandi dans la même ville que lui, aidera certainement Martinez à se familiariser avec le baseball de la Can-Am et son nouveau domicile. Ceci dit, ce frappeur droitier mise déjà sur une belle expérience professionnelle. Il n’a pas le statut de joueur vétéran pour rien.

Entre 2010 et 2017, il a disputé 682 matchs dans le réseau des Padres de San Diego, dont 253 dans les rangs AA à San Antonio. Il cognait à la porte des Majeures, comme le prouvent ses 16 parties hors-concours jouées pendant cette période. Le congédiement des têtes dirigeantes des Padres a entraîné le départ de plusieurs espoirs des clubs de réserve, comme c’est souvent le cas.

Polyvalent
L’entraîneur des frappeurs, Kole Zimmerman, estime que Martinez pourrait atteindre le plateau des 10 circuits, même s’il accuse quelques matchs de retard sur les autres. «Il va cogner plusieurs doubles. C’est un gars avec une multitude d’habiletés», analyse Zimmerman, sous le regard approbateur du gérant T.J. Stanton.

«Au Venezuela, tout le monde le connaît», s’exclame Stanton. «Il est ce qu’on appelle au baseball un five-tool player, c’est-à-dire qu’il a le potentiel pour une bonne moyenne au bâton, de la puissance, de la vitesse sur les sentiers, un bon bras et une excellente couverture défensive. Je crois qu’il a le talent pour devenir le meilleur voltigeur défensif de notre circuit. Maintenant, il faut lui donner un peu de temps pour s’acclimater.»

Il y a fort à parier que Martinez sera d’abord utilisé comme frappeur désigné, avant d’être testé au champ extérieur. Son arrivée ajoute du tonus au bâton chez les Aigles, une facette du jeu qui impressionne en ce début de saison.

Brennan au sommet
Sans surprise, Taylor Brennan a été nommé le joueur offensif de la semaine dans la Can-Am. Le troisième-but de 26 ans a claqué six circuits et présenté une moyenne de puissance astronomique de 1,381! Il a aussi produit 11 points en plus de voler trois buts.