Le Shawiniganais Jonathan Bédard est passé par toute la gamme des émotions lors de sa première année avec le Blue Hose de Prestbyterian College, en première division du réseau de tennis NCAA.

Les montagnes russes de Jonathan Bédard

TROIS-RIVIÈRES — «Ç’a été une année en grosses montagnes russes.»

Jonathan Bédard ne passe pas par quatre chemins pour raconter sa première saison en première division du réseau de tennis de la NCAA. Le Shawiniganais a connu un apprentissage ardu avec le Blue Hose de Prestbyterian College, à Clinton en Caroline du Sud.

En plus de la barrière de la langue, avec laquelle il admet avoir eu passablement de difficulté à s’adapter, le tennisman de 22 ans a aussi dû se familiariser avec un nouveau style de jeu, très relevé. La combinaison de ces facteurs a donc fait passer un automne plutôt misérable à Bédard.

«Ma première moitié d’année, c’était loin d’être ma meilleure. C’était un dépaysement total pour moi, tant pour le tennis, l’anglais que l’école. Le fait d’évoluer en anglais tout le temps, ç’a été mentalement épuisant au début», explique-t-il, en entrevue téléphonique avec Le Nouvelliste.

«À l’automne, je ne jouais pas bien, je ne gagnais pratiquement jamais. Je sentais que j’avais une petite coche en arrière de mes coéquipiers. Ça m’a beaucoup fait perdre confiance.» Au plus fort de la tourmente, Bédard a même songé à laisser tomber son rêve américain. «À un certain point, j’ai vraiment eu envie de juste rentrer chez moi. Ça n’allait tellement pas bien...»

Jonathan Bédard a mérité quatre victoires en douze matchs de simple cette saison.

Confiance retrouvée

La pause des Fêtes est donc tombée à point pour lui. Ces quelques semaines en Mauricie lui ont permis de tout remettre en perspective, tout en faisant le plein d’énergie auprès de ses proches. «Les choses se sont replacées à mon retour de Noël. J’ai retrouvé ma confiance, petit à petit. L’entraîneur ne me faisait pas jouer beaucoup, et je ne gagnais pas beaucoup de matchs encore, mais je sentais que mon jeu se rapprochait des autres.»

Et comme c’est souvent le cas dans le monde du sport, il aura fallu une blessure à un coéquipier pour que Bédard puisse gravir les échelons dans l’alignement de l’entraîneur Patrick Fediuk. À la fin du mois de mars, il a été dépêché en renfort pour fermer les livres du duel contre Longwood University. Et il a livré la marchandise! «J’ai fait gagner mon équipe en remportant mon match. Il y a vraiment eu un déclic à ce moment-là pour moi. Ça m’a permis de finir la saison en force. J’ai joué plusieurs bons matchs très serrés par la suite.»

Au final, Bédard a bouclé sa première année au sein du Blue Hose avec un dossier de 4 victoires et 8 revers, en simple, ainsi que 3 gains et 2 défaites, en double, sur le circuit de la NCAA.

Changement de garde

À peine la saison terminée, le 18 avril , une autre tuile est venue s’abattre sur le Shawiniganais et ses coéquipiers de Prestbyterian College. L’entraîneur-chef du programme, Patrick Fediuk, a annoncé qu’il quittait ses fonctions, après quatre saisons à la tête du Blue Hose, pour aller diriger une académie de tennis située à quelques centaines de kilomètres plus au sud.

La surprise a été totale. «Ça nous a rentré dedans. Tous les gars étaient tristes, ça pleurait dans le vestiaire. La plupart des gars sont venus ici à cause de lui. Moi, il est venu jusqu’au Québec pour me recruter. C’est à lui que je dois ma chance de jouer en première division. Je ne pourrai jamais assez le remercier pour ça...»

Aussitôt Fediuk parti, un nouvel entraîneur a pris le relais. Eduardo Rincon est maintenant aux commandes du programme, sous la recommandation de son prédécesseur. Même s’il est déçu de voir son entraîneur quitter le navire, Bédard entrevoit néanmoins l’avenir avec optimisme. «On n’a pas eu beaucoup de temps pour avaler la pilule. Ils nous ont rapidement présenté le nouveau coach. L’équipe va rester intacte pour l’an prochain. J’ai eu un bon feeling à notre première rencontre avec lui. Je suis confiant pour la suite de mon parcours ici. Je sais maintenant à quoi m’attendre», explique le Shawiniganais qui rentrera en Mauricie pour l’été au cours des prochains jours.