Quelques années après avoir subi une greffe du pancréas, Josée Massicotte a remporté deux médailles lors des Jeux mondiaux des transplantés, du 25 juin au 2 juillet derniers, en Espagne.

Les médailles du courage de Josée

On peut accomplir beaucoup de choses avec du courage et de la détermination. Quelques années seulement après avoir subi une greffe du pancréas, Josée Massicotte a raflé deux médailles lors des 21es Jeux mondiaux des transplantés présentés à Malaga, en Espagne, du 25 juin au 2 juillet derniers.
Dès l'âge de 12 ans, elle a appris qu'elle serait prisonnière d'un organe en mauvais état et a dû composer avec le diabète de type 1 durant près de quatre décennies. Ce n'est qu'en septembre 2013 que l'opportunité de recevoir une greffe d'un nouveau pancréas s'est présentée à elle, une occasion que la Trifluvienne allait évidemment saisir.
«Plus les années avancent, plus il est difficile de contrôler le diabète. Malgré les risques que ça impliquait, je voulais à tout prix procéder à la greffe afin de pouvoir retrouver la santé pour de bon».
Issue d'une famille de sportifs, Massicotte n'a pas pris trop de temps à la suite de la chirurgie pour se remettre en forme, elle qui voulait se prouver qu'il était possible de reprendre son ancien rythme de vie. «Je me suis installé sur mon vélo stationnaire, j'ai commencé à pédaler cinq minutes, puis 10 et puis 15. Ça m'a pris environ six mois pour reprendre mon erre d'aller afin de m'entraîner réellement», explique-t-elle.
Au bout de quelques mois, la physiothérapeute de métier a vite retrouvé sa condition physique d'antan. C'est en naviguant sur le site de l'Association canadienne des greffés qu'elle a pris connaissance des Jeux mondiaux des transplantés. «Même si je bougeais au quotidien, j'étais craintive à l'idée de pousser mon corps à fond. En voyant cela, j'ai vu que c'était réalisable de pratiquer du sport à un haut niveau même après une greffe».
Une expérience incroyable
Massicotte se pinçait lorsqu'elle a pris part à la soirée d'ouverture de ces Jeux mondiaux. Pour une mordue de sport, de baigner au centre d'une compétition internationale de la sorte revêtait un cachet très particulier. «C'était tellement beau de voir défiler les membres des 52 différents pays avec le sourire aux lèvres. Ça ressemblait drôlement à une cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques», soutient-elle.
Les Jeux mondiaux des transplantés se tiennent tous les deux ans, la Trifluvienne avait donc l'intention de se distinguer en sol espagnol, et c'est ce qu'elle a fait. Après avoir décroché l'argent en cyclisme au 30 km dans sa catégorie d'âge des 50-59 ans, elle a remporté la médaille de bronze en double au badminton. 
Lors de sa troisième épreuve au tennis, elle a toutefois baissé pavillon au premier tour. «J'étais vraiment heureuse d'avoir performé de la sorte. C'était vraiment surprenant à quel point le niveau de compétition était élevé. Ce qui m'a toutefois le plus émerveillé, c'est de voir les gens croiser le fil d'arrivée avec les yeux pétillants, heureux d'être en santé, peu importe le résultat».
Sensibiliser la population québécoise
Tenir un événement comme les Mondiaux des transplantés à l'intérieur de ses frontières permet à un pays de conscientiser sa population sur l'importance des dons d'organes. 
Josée Massicote tentera du mieux qu'elle peut de sensibiliser les Québécois au cours des prochains mois à ce qu'une transplantation peut apporter dans la vie d'une personne qui en a grandement besoin. 
«Nous sommes quelques-uns à vouloir promouvoir la cause plus fermement chez nous. Il y aura des conférences et des réunions qui se tiendront afin de sensibiliser la population».
D'ici là, Julie Massicotte continuera de s'entraîner et faire du sport au quotidien. En plus d'aspirer à amener les Jeux des transplantés à Montréal en 2021, elle garde en tête de rester en forme pour se rendre aux mondiaux 2019 en Grande-Bretagne.