Vincent et Olivier Deschênes ont vécu toute une expérience à la Coupe Dodge.

Les jumeaux font la paire... en défense!

TROIS-RIVIÈRES — Ils ont toujours été dans la même classe et au hockey, dans la même équipe. Pourtant, Olivier et Vincent Deschênes, deux défenseurs de 15 ans, un droitier et l’autre gaucher, ont rarement eu la chance de jouer ensemble sur une patinoire. C’était avant l’édition 2019 de la Coupe Dodge, remportée contre toute attente par leur équipe, les Estacades bantam AAA, il y a de cela quelques semaines.

C’est l’une des belles histoires du hockey mineur en Mauricie cette année. Les rangs bantams riment avec la fin d’un cycle pour plusieurs joueurs, qui s’éparpillent ensuite dans divers niveaux, dont le midget Espoir ou le midget AAA.

Il n’est pas acquis que ces jeunes, qui ont grandi ensemble dans la structure intégrée, se retrouveront pour la suite du cheminement. C’est aussi vrai pour les jumeaux Deschênes, inséparables dans la vie.

«On n’a jamais demandé à jouer ensemble, même si on savait qu’on pouvait bien se compléter», sourit Olivier, le plus loquace des deux, sous le regard approbateur de son frère, son aîné de quelques secondes. «D’être le plus vieux, ça me donne un plus grand sens de la répartie», réplique en riant Vincent, à peine un peu plus grand que son complice. «Si l’un fait une erreur, l’autre va le soutenir.»

Sur la glace, les deux ont un style qui s’apparente. Olivier utilise du ruban noir et Vincent, du ruban blanc! Ça donne une chance à leurs entraîneurs ainsi qu’aux coéquipiers pour les différencier...

«Les gars les plus proches de nous sont capables de nous reconnaître facilement, mais pour les autres, on s’appelle tout simplement les jumeaux», ajoute Vincent qui gardera, à l’instar d’Olivier, de précieux souvenirs de cette conquête de la Coupe Dodge, l’une des plus significatives pour une équipe de la Mauricie depuis 10 ans.

Les gagnants de la Coupe Dodge pour les Estacades bantam AAA. Première rangée: Étienne Gélinas et Vincent Filion. Deuxième rangée: Trystan-Félix Tremblay, Lucas Boisvert, Vincent Deschênes, Jacob Lefebvre, Jacob Lafontaine, Thomas Magny, Olivier Deschênes, Yannis Ménard, Élie Massicotte et l’entraîneur-chef Gabriel Boies. Troisième rangée: l’adjoint Steven Dazé, Thomas Marchand, Charles Juneau, Ludovick Abran, Antoine Michaud, William Lemire et Justin Beauchemin.

«On a gagné beaucoup de tournois de printemps au fil des années, mais les Championnats provinciaux, c’est difficile à égaler, s’enthousiasme Olivier. Vincent et moi avons joué ensemble durant la demi-finale contre Saguenay, ils étaient parmi les favoris. La clé, c’est que tous les gars dans l’équipe ont cru qu’on pouvait les battre. On avait vraiment une belle gang.»

Les Deschênes ne se comportent pas comme des superstars, ils sont plutôt du type terre à terre. Ils ne sont pas les grandes vedettes de leur club et ça fait bien leur affaire.

«Nous n’avons jamais caché à nos entraîneurs qu’on aurait aimé jouer ensemble, mais on ne faisait pas un plat avec ça non plus. À la Coupe Dodge, la situation s’est présentée à nous et on a su en profiter. C’était très spécial», convient Olivier.

Multisports

Piano, soccer, hockey, tennis: les deux frangins ont toujours grandi ensemble dans leurs activités. S’ils se débrouillent bien au hockey, ils sont également très forts au soccer, un sport qu’ils ne se contentent pas de jouer, mais d’arbitrer aussi!

Et dans cette jungle que peut représenter le quotidien d’un étudiant-athlète très impliqué, ils peuvent compter sur la présence de leurs parents. Leur maman, Marie-Perle Hénault, est chiropraticienne et connaît les avantages de pratiquer plusieurs sports... quand le tout est bien encadré.

En ce sens, les périodes de repos s’avèrent primordiales et la gestion du temps tout autant. La famille Deschênes reconnaît d’ailleurs que les entraîneurs de hockey et de soccer sont compréhensifs à ce chapitre.

Sans papa

Leur papa, Jasmin Deschênes, a joué dans le hockey junior en Ontario. Professeur d’anglais, il a toujours suivi ses deux garçons, que ce soit offrant de son temps comme entraîneur ou gérant. Or, lors de la Coupe Dodge, le paternel a dû s’absenter. Il devait se faire opérer au genou dans les jours précédents les championnats de hockey mineur. Pour la première fois de sa vie, il était loin de l’aréna... et ce au moment où ses fils vivaient les moments les plus intenses de leur jeune carrière de hockeyeurs. «Ça nous a fait de la peine autant qu’à lui, sauf qu’on savait qu’il était avec nous en pensées. Ce moment-là, on le partage avec lui», assure Olivier, dont les propos sont repris par Vincent.

À leurs côtés, ont lit la fierté dans les yeux de Jasmin Deschênes et Marie-Perle Hénault. Les gars sont encore jeunes, ils visent des études en médecine. Ils ignorent s’ils continueront à jouer ensemble dans le futur, mais une médaille d’or les unit à jamais.