Vincent Jourdenais

Les Jeux... au bout de la pagaie

TROIS-RIVIÈRES — De retour sur l’eau en Floride après une semaine de répit, les athlètes de l’équipe nationale en canoë-kayak entameront bientôt l’ultime bloc d’entraînement devant les mener aux essais nationaux. En d’autres mots, ça commence à sentir les Jeux olympiques. Dans le lot, trois ou quatre Mauriciens ont une réelle chance de se classer pour Tokyo.

On a beaucoup parlé du cas de Laurence Vincent Lapointe – avec raison – dans les derniers mois, mais d’autres prétendants de notre région cognent à la porte de la grand-messe des sports amateurs. Ils ont tous développé leurs aptitudes sous l’égide de Mathieu Pelletier et son équipe, au Club de canoë-kayak de Trois-Rivières.

Pour eux, les trois à quatre prochaines semaines seront cruciales dans leur préparation avant les essais nationaux de la mi-avril, à Gainesville en Géorgie.

Vincent Jourdenais, kayak

Le Trifluvien est en excellente position, aux côtés de son partenaire du K-2 1000 mètres, le Britanno-Colombien Brian Malfesi. Les deux avaient notamment raflé les honneurs des essais nationaux, en 2019 à Montréal.

S’ils gagnent les essais 2020 en avril, ils devront répéter un mois plus tard, dans le cadre des qualifications continentales au Brésil.

Dominik Crête

Dominik Crête, kayak

Sa distance de prédilection demeure le K-1 200 m. À l’image de Jourdenais, il devra s’imposer autant aux essais nationaux qu’aux qualifications en Amérique du Sud s’il veut enfiler le maillot canadien, cet été au Japon.

Le hic, c’est que Jourdenais et Crête ne pourraient vivre l’extase des Olympiques ensemble. En raison des quotas et des résultats obtenus par le Canada sur la scène internationale, il faudra probablement trancher entre le K-1 200 m et le K-2 1000 m. On peut donc parler d’une «lutte» pour les places disponibles... si, bien sûr, ces places sont décrochées par les athlètes concernés.

«On le sait depuis l’été dernier et ce n’est pas le scénario idéal, car c’est de la compétition interne», explique Mathieu Pelletier, nommé en début d’année entraîneur adjoint de l’équipe nationale de canoë de vitesse.

«Le K-2 avait une longueur d’avance l’an passé, sauf que le K-1 a toujours bien performé. C’est donc difficile de trancher pour l’instant. On aura droit à de bonnes batailles...»

Andréanne Langlois, kayak

Des athlètes de la Mauricie, la Trifluvienne d’adoption est la seule à avoir pris part aux Jeux de 2016.

Andréanne Langlois

Victime d’un épuisement professionnel après Rio, une histoire qu’elle a racontée au Nouvelliste puis à d’autres médias nationaux, l’athlète originaire de la région de Québec a sensibilisé beaucoup d’athlètes à la problématique de la santé mentale. Pleinement rétablie, elle peut maintenant se concentrer sur son projet olympique.

Et ce ne sont pas les opportunités qui manquent! Deux fois médaillée d’or aux Jeux panaméricains, Langlois détient plusieurs options, dont le K-4 féminin, l’embarcation qui lui a permis, il y a quatre ans, d’atteindre les Olympiques. Le K-4 est déjà qualifié pour Tokyo, grâce aux résultats obtenus aux Championnats mondiaux de 2019, en Hongrie.

Ses chances au K-2 500 m avec Alanna Braylougheed et le K-1 200 m ne sont pas à négliger non plus. «C’est à elle de faire sa place, résume Pelletier. Il y aura une forte compétition en K-4 féminin, car deux embarcations visent une seule place disponible aux Jeux. Ce sera serré!»

Laurent Lavigne, kayak

Ce jeune homme de 18 ans continue à impressionner. Doté d’un bon physique, Lavigne pourrait forcer la main des entraîneurs de l’équipe canadienne d’ici la fin du camp floridien.

Il n’est pas exclu que l’étudiant du Collège Laflèche se faufile au sein du K-4 masculin, dont le laissez-passer olympique est dans la poche. Chose certaine, il aura son audition, selon Pelletier.

Laurent Lavigne

«Depuis le début du camp d’entraînement, Laurent figure parmi les meilleurs. Dans les circonstances, les prochaines semaines seront importantes pour lui.»

Au dire de Pelletier, la polyvalence du plus récent vainqueur du trophée de l’athlète international par excellence au Gala Sport-Hommage Mauricie pourrait faire la différence.

«Laurent excelle sur les trois distances individuelles. En bateau d’équipe, il est très bon aussi.»

Aux Mondiaux de 2019, l’équipe du K-4 avait un peu déçu, donc la porte pourrait s’entrouvrir. À suivre.

Si Lavigne ne parvient pas à se classer, il pourra toujours se rabattre sur les Championnats mondiaux des moins de 23 ans, tout comme un autre Trifluvien, Alexandre Martin.

Laurence Vincent Lapointe mise encore sur quelques semaines d’entraînement afin d’arriver bien préparée aux essais nationaux de Géorgie.

Laurence Vincent Lapointe, canoë

Chaque jour, la multiple championne du monde se rapproche de ses standards de 2019, ceux d’avant sa suspension par la Fédération internationale de canoë. De retour sur l’eau avec l’équipe nationale depuis près d’un mois, elle mise encore sur quelques semaines d’entraînement afin d’arriver bien préparée aux essais nationaux de Géorgie. Vincent Lapointe aura l’occasion de mériter sa qualification olympique en C-1 lors de ces essais.

Un mois plus tard, elle voudra faire la même chose pour le bateau C-2, en Amérique du Sud.