Sawer Kaeser, Tristan MacPherson, Joe Sturgeon, Garret Minute et l’entraîneur Nick Kaeser forment le noyau de l’équipe masculine des Territoires du Nord-Ouest.

Les jeunes loups du Nord

SHAWINIGAN — Ils sont jeunes, très jeunes si on les compare aux joueurs des autres provinces et territoires, pour la plupart âgés entre 19 et 21 ans.

Nick Kaeser, entraîneur de l’équipe masculine des Territoires du Nord-Ouest, dirige quant à lui des adolescents. Ils ont entre 13 et 15 ans et jouent ensemble depuis quelques années.

«Pour trouver un adversaire de leur groupe d’âge, on doit voyager 300 kilomètres vers le sud, en Alberta», sourit Kaeser dont le fils, Sawer, agit comme capitaine du quatuor.

Le groupe demeure à Fort Smith, une petite ville de 2500 âmes située à la frontière albertaine.

Si une forte majorité d’athlètes présents à Shawinigan cette semaine étudient à l’université, nos quatre Ténois, eux, fréquentent l’école secondaire. Ils ont d’autres préoccupations que les travaux de session ou les stages d’études.

«Les jeunes de nos communautés dans les Territoires du Nord-Ouest sont d’abord attirés par le hockey ou le patinage artistique, le curling n’est pas le sport le plus populaire, mentionne l’entraîneur. Par contre, cela nous confère un avantage: si les gars veulent pratiquer, la patinoire est presque toujours disponible pour eux! Et vous savez quoi? Ils y sont six jours sur sept.»

À Fort Smith, les citoyens se réjouissent de la présence du quatuor à l’Aréna de Grand-Mère.

«Il règne un grand sentiment de fierté dans notre petite ville en ce moment. Ils savent que nos gars sont plus jeunes que les autres et malgré ça, ils démontrent une belle attitude.»

Pas évident, pour ces curleurs, de placer des pierres dans la maison ou d’exécuter une sortie difficile contre des hommes qui aspirent à remplacer les Brad Gushue et Kevin Koe de ce monde.

Pleinement conscients de leurs limites, les gars aspirent à remporter quelques victoires et avoir du plaisir. Aucune pression indue.

«On apprend! L’an dernier au même championnat, on n’atteignait jamais les dix manches, on perdait souvent après la huitième. Cette semaine, nous allons plus loin dans nos matchs.»

Qu’à cela ne tienne, l’objectif avoué, avec ces jeunes loups, est de les amener à maturité d’ici trois ou quatre ans. Car lorsqu’ils rencontrent des athlètes de leur âge des autres provinces, ils se tirent plutôt bien d’affaire.

«S’ils restent motivés par le curling et que nous gardons l’équipe intacte, nous avons la possibilité de les garder longtemps. Je pense que dans le futur, nous pourrons viser un top 5 ou un top 6. Et peut-être mieux encore.»

«L’important, c’est de progresser et on sent que nous le faisons. Nous sommes heureux de participer à nos deuxièmes nationaux juniors», soulignait l’un des membres de l’équipe, Joe Sturgeon, dans un bon français.

Si l’entraîneur Nick Kaeser paraît détendu en se souciant peu des résultats, cela n’a pas toujours été le cas. Il confirme avoir vécu des moments d’angoisse quand il a amené sa troupe dans un premier événement d’envergure.

«Dans les semaines précédant ce gros tournoi, je me réveillais la nuit, très stressé. Au final, j’étais pas mal plus nerveux que les gars! Pendant la compétition, ils m’ont impressionné. Ce sont des ados, mais ils me rendent meilleur comme entraîneur. Je suis privilégié de travailler avec eux.»

Son homologue du côté féminin, Nick Saturnino, dirige lui aussi une équipe d’adolescentes pour les Territoires du Nord-Ouest, dont les membres n’ont même pas 15 ans!

Le pire... et le meilleur!

Les gars d’Équipe Québec sont passés par toute la gamme des émotions en l’espace de cinq heures, lundi à l’Aréna de Grand-Mère.

L’équipe de Lacolle du capitaine Alek Bédard a reçu un bon coup de main de Dame Chance, en soirée face à la Nouvelle-Écosse.

Avec deux pierres québécoises près du bouton et bénéficiant du marteau, un joueur des Maritimes a raté la double sortie, passant entre les deux pierres ennemies!

Le Québec a ainsi empoché les deux points de la manche ultime. Fin des émissions, avec une victoire dramatique de 8-7. Un scénario rêvé pour les uns, un cauchemar pour les autres.

Quelques heures plus tôt, alors qu’ils faisaient face aux champions défendants de la Colombie-Britannique, les fleurdelisés avaient échappé le match d’une manière similaire, en prolongation.

Ces scènes nous rappellent que malgré tout leur talent, ces joueurs, toutes provinces et territoires confondus, en ont encore beaucoup à apprendre, entre autres sur la gestion du stress et des matchs.

La dernière journée de la première ronde est présentée ce mardi. Le Québec, tant chez les garçons que du côté des filles, se retrouve dans une position intéressante pour avancer au tour suivant.

Les quatre meilleures formations des deux groupes accèdent à la deuxième ronde, pour un total de huit équipes. 

En cas d’égalité à la fin du premier tour, des parties de bris d’égalité pourraient être disputées, tôt mercredi. Contrairement à d’autres sports, le résultat entre deux équipes ne compte pas comme bris d’égalité au curling.