Les Gothics de l'école secondaire des Pionniers ont réalisé un exploit hier en remportant le championnat provincial scolaire de soccer en salle dans la catégorie cadet D2. Ci-dessus, Jonathan Levasseur, entraîneur, Jose Maria Agudelo, entraîneur, Yusuf Kamanzi, Jhon Alexander, Frédéric Chabot, Andres Collazone, Harold Steven Casas, Sympho Nkuela, Camilo Montoya, Olivier Gélinas, Glody Abibu, Caio Brayner, Wilson Andres Jansasoy et Alpha Diallo, entraîneur.

Les Gothics champions provinciaux

Les joueurs d'âge cadet des Gothics de l'école secondaire des Pionniers ont soulevé la bannière de champions provinciaux de soccer en gymnase (D2) devant leurs propres partisans, dimanche. Un titre qui relève presque de l'exploit, puisque le programme n'en est qu'à sa deuxième année d'existence.
Tirant de l'arrière 2-1 après la première demie face à l'Impact du Collège Durocher-St-Lambert, les Gothics ont explosé au retour de la pause avec une récolte de cinq buts pour l'emporter 6-3 devant une foule survoltée entassée dans le petit gymnase de l'école secondaire.
Harrold Casas a été particulièrement dangereux pour les Trifluviens avec une récolte de trois buts. «Nous savions que nous étions une équipe du Top 5. L'année dernière, nous avions échappé le championnat régional, mais en 2014 nous avons survolé la ligue avec 12 victoires, en plus de gagner deux tournois sur cinq», a indiqué l'entraîneur Jonathan Levasseur au terme de la rencontre.
«En demi-finale, nous tirions aussi de l'arrière 2-0 et nous avons remonté. Les gars sont en excellente condition physique et savaient qu'ils pouvaient remonter. Ils n'ont jamais paniqué.»
Soccer contre études
Non seulement le succès du programme de soccer intérieur des Gothics est intéressant, mais celui-ci vise, de plus, à assurer la réussite scolaire des élèves immigrants qui composent la majeure partie de la formation. «Les jeunes jouaient du soccer non structuré dans la cour d'école. Ils nous pétaient le ballon dans les fenêtres. Nous leur avons dit qu'il étaient mieux de venir en gymnase», a raconté Levasseur.
En échange de leur présence au sein de la formation, les jeunes se sont engagés à passer trois heures par semaine à l'école après la fin des cours afin d'étudier. Un moyen pour favoriser la réussite scolaire pour ces jeunes qui doivent souvent suivre des cours de francisation.
De plus, puisque certains élèves n'ont pas l'argent nécessaire pour faire partie de l'équipe, les Gothics leur offre la possibilité de faire du bénévolat à l'intérieur de l'établissement pour financer le tout. «L'école nous appuie, elle est vraiment derrière le projet. Les enseignants rappellent aux joueurs que l'éducation, c'est important. Ils ne gagneront probablement jamais leur vie avec le soccer et c'est pourquoi nous voulons leur donner un cadre pour en faire de bons adultes», a indiqué le professeur d'histoire.
Les parents des athlètes se sont joints à l'aventure hier. Une foule enjouée qui ne s'est pas gênée pour entonner les hymnes d'encouragements. «Ils ont des chansons en espagnol. La communauté colombienne est incroyable et c'est très plaisant. Ils sont toujours aux matchs. Ce sont les meilleurs partisans que je n'ai jamais eus. Sans leur soutien, ce serait plus difficile. Il fallait obtenir la confiance des parents», a observé le meneur d'hommes.
La prochaine étape du programme des Gothics sera de lancer une équipe de soccer extérieur à 11 qui disputera des parties dans la région de Québec. Levasseur espère aussi fonder le pendant féminin de son équipe de soccer intérieur. Il doute toutefois que la formation sera composée d'autant d'immigrants que la version masculine puisque ce ne sont pas toutes les communautés qui sont ouvertes à voir les filles participer à un sport organisé.
Qui sait si les Gothics ne seront pas en mesure de faire changer le tout.