En raflant sept titres au tournoi provincial de badminton de Lévis, Josué, Alizée et Maëlie Gélinas ont réécrit une petite partie de l’histoire du badminton compétitif en Mauricie.

Les Gélinas, un trio pas ordinaire

Trois-Rivières — Ça jase beaucoup de raquettes et de petites balles cousues chez les Gélinas, dans le secteur Pointe-du-Lac à Trois-Rivières. Adeptes assumés du multisports, les maîtres de la maison, Sophie Langlois et Sylvain Houle-Gélinas, ont trois enfants qui se débrouillent plutôt bien dans deux disciplines, le badminton et le baseball. C’est sans compter toutes les autres qu’ils pratiquent. Leurs succès impliquent beaucoup de déplacements et de planification, mais au final, personne ne s’en plaint!

En remportant sept titres à eux trois sur les 18 à l’enjeu, la fin de semaine dernière au tournoi provincial de badminton de Lévis, le petit Josué, 10 ans, ainsi que ses sœurs Alizée (13 ans) et Maëlie (17 ans) ont réécrit une petite partie de l’histoire du badminton en Mauricie.

En effet, la dernière fois que la région avait aussi bien paru sur la scène québécoise dans un même événement remonte à une quinzaine d’années. À l’époque, des raquettes comme Roxanne Fraser et Charles-Étienne Côté-Thiffault faisaient la pluie et le beau temps en compétition.

«Depuis Noël, notre équipe civile en Mauricie va très bien et les Gélinas en sont responsables en grande partie», témoigne l’entraîneur-chef du Club élite de badminton compétition Montagnards, Donald Marchand.

La plus vieille, Maëlie, a gagné le tournoi en simple féminin chez les moins de 19 ans, en plus de tout rafler au double mixte. Son frère a imité ses performances, mais chez les M-13.

Celle du milieu, Alizée, s’est distinguée comme athlète surclassée: deux médailles d’or au M-17, autant en simple qu’en duo. Elle a ajouté une première position au double mixte M-15 pour mettre la main sur la triple couronne.

Le trio est accompagné de leurs parents, Sophie Langlois et Sylvain Houle-Gélinas.

Sans surprise, elle a été élue joueuse du tournoi, répétant ainsi ses exploits d’un autre rendez-vous, celui de Drummondville, disputé juste avant. Alizée pointe sur le radar de Badminton Québec dans une position enviable, elle qui a reçu le titre de joueuse par excellence du mois de janvier dans le circuit junior, toutes catégories confondues.

Avec ses récents résultats, l’adolescente pourrait suivre les traces de sa sœur, médaillée de bronze aux Jeux du Québec il y a deux ans. Chose certaine, Alizée aura de grandes aspirations quand s’amorceront les finales provinciales, dans quelques semaines à Québec.

«Le tournoi est exigeant, mais j’ai confiance en moi. Je suis celle dans le groupe des trois qui recherche toujours un peu plus le côté ludique, je vais en profiter», sourit celle qui, en janvier, a aussi été sacrée athlète par excellence en sports collectifs, au Gala Sport-hommage à Shawinigan. Meilleure joueuse pee-wee A selon Baseball Québec, filles et garçons inclus, Alizée possède un talent naturel pour les sports, à l’image de son frère et de sa sœur, mais également de ses parents.

L’influence des parents

C’est Maëlie qui a attiré les deux autres dans le badminton compétitif, en entrant à l’Institut secondaire Keranna. «Elle a eu la piqûre tout de suite, ce qui ne m’a pas tant étonné», sourit son père, lui-même un excellent joueur.

Aux Jeux du Québec de Shawinigan, en 1991, il représentait l’Abitibi-Témiscamingue quand il s’est incliné en finale... contre les Mauriciens dirigés par Donald Marchand.

Aujourd’hui, les deux hommes travaillent ensemble pour la cause du badminton dans la région. Sylvain Houle-Gélinas a déployé beaucoup d’énergie pour démarrer le programme de badminton à Keranna. Le pharmacien propriétaire offre aussi de son temps dans le mini-badminton, pour les enfants du primaire. «Mes parents ne m’avaient jamais parlé de leur amour du badminton avant que j’embarque là-dedans en secondaire 1. Ç’a été une belle surprise pour moi et aujourd’hui, tout le monde dans la famille joue. On vit ça en gang», se réjouit Maëlie, dont le potentiel suscite l’intérêt du Rouge et Or de l’Université Laval. «Pour moi, ce serait un rêve.»

Le plus jeune du groupe, Josué, est peut-être le plus habile des cinq. «Mais le moins travaillant, prend-il la peine d’ajouter, en provoquant les rires de tous les membres de sa famille. Avec l’aide d’une enseignante, j’ai démarré une petite classe de badminton à mon école primaire. Je fais aussi du taekwondo.»

Sophie Langlois et Sylvain Houle-Gélinas sont fiers des succès encourus par leurs jeunes à Lévis. Gagner presque la moitié des catégories à l’enjeu relève de l’exploit. Mais ils sont encore plus fiers de les voir cheminer et de s’épanouir comme adolescents. «Tant qu’ils auront du plaisir, on va en avoir à les suivre et à les encourager.»