Sam Dexter mérite, avec son coéquipier Taylor Brennan, la meilleure note du bulletin de fin d’année chez les joueurs des Aigles.

Les étoiles à Dexter et Brennan

Trois-Rivières — C’est l’heure du bulletin de fin d’année pour les joueurs des Aigles de Trois-Rivières.

T.J. Stanton avait promis un club plus compétitif qu’en 2017 et il ne s’est pas trompé. L’objectif de mettre la main sur un deuxième championnat n’a pas été atteint, mais plusieurs porte-couleurs de cette cuvée méritent une bonne note. On commence la tournée avec les joueurs de position, avant de jeter un oeil sur le travail des lanceurs, dans l’édition de mercredi du Nouvelliste.

Sam Dexter, arrêt-court (A)
Il est, aux côtés de Pedro Lopez (2015), le joueur le plus dominant en défensive ayant porté l’uniforme des Aigles dans leurs six premières années d’existence. Exposé à commettre davantage d’erreurs que ses coéquipiers en tant qu’arrêt-court, Dexter termine pourtant la campagne avec un excellent taux d’efficacité de ,981... et seulement sept erreurs.

Agile et habile pour deviner où la trajectoire de la balle, ce qui n’est pas toujours évident à sa position, il a été presque parfait avec ses relais. Ce pourcentage d’efficacité qu’il a affiché dans une ligue réputée offensive comme la Can-Am fait de lui un incontournable. Il n’a pas volé son titre de joueur défensif par excellence: il jouait sur le terrain le plus capricieux du circuit.

Au bâton, Dexter est passé près de conclure le calendrier avec une moyenne de ,300. On aurait pris plus de frappeurs de contacts comme lui, surtout en séries...

Taylor Brennan, troisième-but (A)
Combien de matchs Taylor Brennan a-t-il remporté à presque lui seul cet été? Il a dominé la ligue pour la moyenne de puissance (,587), les circuits (32) et les points produits (82). S’il n’avait pas été suspendu trois matchs, dans la dernière semaine de la saison, le cogneur tatoué aurait peut-être égalé le record de Joe Maloney (35 circuits), d’autant plus qu’il gardait ses meilleurs élans pour son public trifluvien.

Aucun joueur avant lui n’aura fait bondir de leur siège les amateurs de baseball au parc de l’Exposition avec une telle assiduité. Ce qui impressionne avec ses chiffres, c’est de réaliser qu’il a été en mesure de maintenir une cadence de production plus que raisonnable durant l’été, après un départ canon. Personne ne s’attendait à ce que Brennan, arrivé à Trois-Rivières à la fin de 2017, soit nommé quelques mois plus tard le joueur par excellence de la ligue.

Son destin devrait se jouer loin de Trois-Rivières, à moins d’une énorme surprise. Il aura au moins eu le temps de gâter les partisans. Seules ombres au tableau, son nombre élevé de retraits sur des prises et la production décevante en demi-finale.

Alberth Martinez, voltigeur (A-)
Il a mis du temps à se mettre en marche, mais comment lui en vouloir? Le fait de ne pas pouvoir jouer tous les jours, en raison d’un problème de visa, a empêché le Vénézuélien de rapidement trouver son rythme de croisière avec les Aigles.

Au moment de son embauche, T.J. Stanton parlait d’une énorme prise, probablement de la plus importante de toute sa période de recrutement. Il ne s’est pas trompé, on aurait aimé voir Martinez à l’œuvre plus souvent sur les terrains des Boulders de Rockland et des Jackals du New Jersey, où les Aigles ont connu passablement d’ennuis. Qui sait, l’équipe aurait pu finir troisième, voire défier les Capitales de Québec au deuxième rang avec un Martinez disponible tous les jours.

Pendant la sécheresse offensive de la fin du calendrier, Martinez fut le plus convaincant au bâton. Sa présence derrière Brennan en séries a parfois donné des maux de tête aux lanceurs des Miners. Le fait qu’il ait disputé plus de 250 parties dans le réseau AA des Padres de San Diego fait de lui un candidat recherché.

Javier Herrera, voltigeur (B+)
On pourrait croire que le plus trifluvien des joueurs des Aigles, avec Matthew Rusch et David Glaude, entamerait une lente descente en termes de production offensive, mais ce ne fut pas le cas. La dernière saison de 16 circuits de Herrera remontait à 2013, dans les rangs AA. Ses 63 points produits et ses 101 coups sûrs suivent la tendance observée en 2017, quand il avait aussi pris part à presque tous les matchs des Aigles.

Avec 101 parties au compteur sur les 102 matchs de l’équipe, Herrera est l’homme de fer du groupe, avec Dexter et Michael Suchy. En tant que frappeur du haut de l’alignement, on aimerait qu’il améliore légèrement son taux de présence sur les sentiers. En défensive, Herrera a été beaucoup plus constant comme voltigeur de gauche.

David Glaude, deuxième-but (B+)
Seul Québécois à jouer de façon régulière dans la Can-Am avec Sébastien Boucher (Ottawa) et Karl Gélinas (Québec), David Glaude a été une véritable recrue de luxe pour les Aigles. Son jeu fiable au deuxième coussin a permis de compléter une paire terriblement efficace, avec Sam Dexter sur sa droite.

Glaude a frappé pour plus de ,300 jusqu’à la fin du mois de juin. Il a connu des passages à vide par la suite, avant de vivre une semaine de séries éliminatoires ardue, à l’instar de beaucoup de coéquipiers autour de lui.

Ceci dit, son apport défensif et le fait qu’il est le seul joueur francophone de l’équipe sont des critères importants à considérer pour l’organisation des Aigles. Peut-être que le départ de Taylor Oldham, à la mi-saison, a diminué la profondeur de l’attaque, mais il n’aurait probablement pas été aussi bon au deuxième but.

Impliqué dans la communauté, Glaude demeure un joueur apprécié de ses équipiers.

Anthony Hermelyn, receveur (B)
Sur le strict plan du métier de receveur, Anthony Hermelyn a relevé le défi de succéder à Kyle Lafrenz, qui aura donné de belles années de baseball au club malgré plusieurs blessures. Non, Hermelyn n’a pas le bras le plus puissant de la Ligue Can-Am, mais il a bloqué plusieurs lancers de ses artilleurs. Il a notamment été d’une grande aide aux releveurs, quand ces derniers ont été projetés dans une guigne collective au milieu de la belle saison.

Hermelyn était l’un des meneurs du groupe dans le vestiaire, une étiquette que Stanton lui avait collée dès le camp d’entraînement. C’est dommage que cette grande utilité derrière le marbre et dans la chambre n’ait pu se faire sentir au bâton, où le numéro 18 a parfois été complètement absent.

Michael Suchy, voltigeur (B-)
Un autre qui a connu une fin de saison plutôt pénible. Vrai que ses 12 circuits le placent dans le top-10 du circuit, mais T.J. Stanton aurait probablement pris davantage de doubles et de buts volés. Suchy est un athlète impressionnant à regarder: il est grand, musclé et il se débrouille assez bien sur les sentiers. Dans son cas, c’est le manque de constance qui aura le plus déçu. C’est comme si Stanton n’avait pas su où le mettre dans le rôle offensif afin que l’ancien choix de cinquième ronde du Basball majeur puisse enfin s’épanouir.

Il n’a pas répondu aux attentes lors de son passage dans l’organisation des Pirates. Ça n’a pas été aussi décevant avec les Aigles, mais ce ne fut pas non plus un grand succès.

Alex Herceg, receveur (B-)
Dans les circonstances, le substitut d’Anthony Hermelyn a été un bon dépanneur, du moins pas mal mieux que d’autres receveurs qui sont passés par Trois-Rivières en six ans. Par contre, son impact fut limité, bien qu’il ait pris du gallon à un certain moment, quand Hermelyn ne cassait rien au bâton.

Kevin Cornelius, premier-but (C+)
Il a collectionné les retraits sur des prises et n’a pas affiché les statistiques auxquelles on s’attend d’un joueur posté au premier but. Qu’à cela ne tienne, les Aigles n’ont jamais pu miser sur un premier-but naturel depuis 2013. Cornelius a connu un passage intéressant en juin et juillet, avant de retomber. Seul Mike Montville de Rockland (138) a terminé la saison avec plus de retraits sur des prises que lui (129). Comme c’est le cas chaque année, il y a fort à parier que le gérant des Aigles tentera de trouver un joueur de premier but plus efficace que le dernier...

Alexi Colon, voltigeur (C+)
Il y a tellement de belles choses à dire sur Alexi Colon. Son nombre de buts sur balles élevé (65), les doubles (23) et les buts volés (25). Le hic, c’est qu’il y a eu aussi beaucoup d’aspects décevants.

En tant que premier frappeur, Stanton aspirait à mieux qu’une moyenne au bâton de ,228. Colon aurait pu marquer plus de 75 points s’il avait eu de meilleures présences à la plaque, s’il avait démontré davantage de constance. Avec lui, on dirait que c’était tout ou rien. Comme voltigeur de centre toutefois, force est d’admettre qu’il a accompli du bon boulot. On l’a vu quelques fois lancer des prises vers le marbre, épinglant au passage sa part de coureurs trop agressifs.