Les Estacades ont gagné le championnat de volleyball juvénile pour la première fois. Sur la photo, à partir de derrière, de gauche à droite: les entraîneurs Laurent Bourassa et Myrianne Courteau, Myrika Ayotte, Marilyson Renaud, Élizabeth Boivin, Cameron O’Grady, Madyson Rheault, Justine Alain, Léanne Loranger, Yanie Dupont, l’adjointe Corinne Trottier, Marie-Pier Bélanger, Léonie Petitclerc, Maude Gauthier, Mathilde Milette, Maude Massicotte et Florence Thibeault.

Les Estacades et les points de karma

TROIS-RIVIÈRES — La meilleure équipe scolaire de volleyball juvénile de tout le Québec campe à l’Académie les Estacades. Les joueuses de Myrianne Courteau et Laurent Bourassa ne devaient pas gagner, aux yeux de plusieurs. Et pourtant!

La scène est plutôt ironique. Ce sont deux entraîneurs éclopés qui ont témoigné de l’exploit des leurs, lundi après-midi, au lendemain d’un spectaculaire tournoi au bout duquel les Trifluviennes ont triomphé.

Septièmes sur 11 programmes en saison régulière, un résultat modeste, les Estacades ont atteint leur pic au moment où ça comptait, c’est-à-dire au Championnat provincial de première division. Ça se passait du côté de Saint-Lambert, près de Montréal.

Le fait d’aligner l’équipe la plus petite de tout le circuit n’a intimidé personne au sein des troupes, même que la défensive est parvenue à contrer plusieurs attaques adverses. «Nous n’avons aucune joueuse sur la formation d’étoiles au Québec. Pourtant nous sommes championnes! Ça en dit beaucoup sur notre esprit collectif», sourit Myrianne Courteau, qui se déplace avec une canne.

En novembre, l’entraîneure des juvéniles s’est cassée la rotule en glissant dans sa cour. Impossible pour elle de continuer à diriger ses filles. Le moment était mal choisi, mais on ne décide pas toujours de tout.

Spectateur assidu aux matchs, Laurent Bourassa, un enseignant à la retraite et pour lequel l’entraîneure-chef voue un grand respect, a accepté de prendre le relais. Ses petites-filles, les cousines Marie-Pier Bélanger et Maude Gauthier, font partie de l’équipe.

«J’ai été clair avec Marie-Pier et Maude, j’allais mettre mon cœur de grand-père de côté pour le bien de l’équipe. Toutes les filles ont été réceptives, elles ont eu une attitude irréprochable», souligne celui qui retrouvait ses réflexes d’entraîneur pour la première fois en 20 ans, quand il partageait sa passion du volleyball à l’école secondaire Le Tremplin.

«Laurent, il nous encourage depuis le début de notre secondaire, c’était déjà un membre de la famille», assure l’une des joueuses, Marilyson Renaud.

Voyager entre Batiscan et Trois-Rivières n’a jamais freiné le fier retraité. Sauf qu’un fâcheux épisode est survenu avant Noël...

Alors que les Estacades tenaient un entraînement de routine au CAPS de l’UQTR, Laurent Bourassa s’est déchiré le tendon d’Achille. Il a quitté le gymnase, escorté par des ambulanciers. Il doit encore se déplacer avec une canne aujourd’hui, mais le moral est bon. Surtout avec la victoire de ses protégées!

«C’était difficile à croire. J’ai dit aux filles que tous ces points de karma qu’on accumulait contre nous, ils nous reviendraient de manière positive plus tard», raconte Myrianne Courteau, qui ne s’est pas trompée!

«Tout le mérite lui revient, indique Laurent Bourassa. Myrianne a bien préparé cette équipe. Malgré tous les chambardements vécus, nous avons connu notre meilleur tournoi aux provinciaux.»

La principale intéressée, elle, préfère parler d’une véritable réussite d’équipe. Elle cite d’ailleurs les noms de ses deux autres adjoints, Corine Trottier et Philippe Blanchard, aussi artisans de ces succès.

«C’est dur à expliquer, mais on sentait qu’on devait gagner. On a vécu quelques déceptions, ensemble, dans les dernières années. Il y a des gens dans les autres équipes qui nous surnommaient les petits bouts de cul, parce qu’on formait l’équipe la plus petite de la ligue. On a réussi à se motiver ensemble», déclare la libéro Maude Massicotte, fumante lors de ce championnat.

«On se considérait comme des joueuses étoiles, même sans représentante sur l’équipe d’étoiles», sourit Marilyson Renaud.

Les Estacades gagnent leur premier championnat juvénile dans la catégorie la plus forte au Québec. Ce triomphe suit ceux des équipes benjamines et laisse présager d’autres belles années. Certaines de ces joueuses, titrées en fin de semaine à Saint-Lambert, auront peut-être l’occasion de porter le maillot des Patriotes de l’UQTR, qui joueront en première division universitaire dès l’automne 2020.