L'entraîneur des Électriks Francis Mondou (au centre) travaille fort pour que le programme de basketball au Collège Shawinigan retrouve ses lettres de noblesse. Il est entouré du Français Mouhamed Ba et de Jacob Lessard-Lord.

Les Électriks recrutent en Europe

Ceux qui le connaissent savent que Francis Mondou n'est pas du genre à se contenter des demi-mesures. Nouvellement impliqué comme entraîneur de basketball chez les Électriks du Collège Shawinigan, l'homme d'affaires compte tout mettre en oeuvre pour aider le programme à redorer son blason. Ce plan de redressement passe par un travail de dépistage... en Europe!
Du haut de ses six pieds six pouces, Mouhamed Ba est facilement reconnaissable au sein de l'équipe shawiniganaise. Arrivé en Mauricie il y a quelques jours, ce Parisien de 18 ans a accepté l'offre de Mondou de traverser l'Atlantique afin de poursuivre son cheminement en Amérique du Nord. Son but? Les universités américaines.
«Je crois que ce sera plus facile pour moi de me faire repérer ici, estime le jeune Français, un étudiant en sciences humaines. Le programme de Francis est intéressant. J'ai la clé de sa salle de gym, on participe à plusieurs tournois et le calibre de la ligue est assez bon. C'est beaucoup mieux structuré qu'en France.»
Ces propos sonnent évidemment comme une douce mélodie aux oreilles de Mondou, persuadé que le retour de l'excellence entre les quatre murs du gymnase au Collège Shawinigan se fera grâce à de telles initiatives. 
«J'ai vécu la belle tradition de basketball que nous avions établie dans les années 80 et 90, ce serait cool que ça revienne, lance l'entraîneur, avec un brin de nostalgie. Les cégeps ne vivent pas des moments faciles avec les compressions et la baisse démographique se fait sentir dans la région, mais si on ne bouge pas, il ne se passera rien.»
Mondou a pu entrer en contact avec Ba grâce à une connaissance établie en France. L'an prochain, trois ou quatre autres Européens pourraient se greffer à l'alignement. «Mouhamed s'est bien intégré, je suis optimiste pour l'avenir.»
Le plan de Mondou propose aussi une plus grande intervention dans les écoles primaires et secondaires de Shawinigan et des environs. La base, il veut la développer. Il a entre autres engagé un ancien des Kebs de Québec, Colson Senat, pour l'épauler en tant qu'adjoint. «Nous n'avons pas le choix si on veut créer une élite pour notre sport. On ne peut pas juste se fier sur les Français!»
Même si le club n'affiche qu'une victoire en neuf matchs et que les séries semblent désormais n'être qu'une utopie, les Électriks gardent le moral. Le meilleur reste à venir, assurent-ils.
«Nous ne perdons que deux vétérans l'an prochain. Cette année, on a réduit l'écart d'environ 50 points entre nos premiers matchs et les deuxièmes face à nos adversaires. À moyen terme, je veux qu'on redevienne l'un des meilleurs programmes de basketball en deuxième division au Québec.»
Et pour ce faire, il voudra s'inspirer des actions menées au Cégep de Thetford, où des étudiants étrangers se joignent aux Filons de l'endroit. «Sans les copier, on peut effectivement s'en inspirer. Nous, ici, on repart à zéro.» 
Les Électriks reçoivent Drummondville vendredi soir. Le Collège invite ses anciens joueurs à venir assister à la rencontre.