Avec une équipe plus jeune que celle de l'an dernier, les Cubains espèrent améliorer leur fiche de 11 victoires et 9 défaites contre les clubs de la Ligue Can-Am.

Les Cubains heureux d'être de retour

Il faut croire qu'ils ont apprécié leur séjour en terre d'Amérique du Nord l'an passé. Malgré un bilan de victoires moins reluisant qu'anticipé et la défection d'un des leurs à la fin du mois de juin 2016, les membres de l'équipe nationale cubaine ont accepté l'offre de Michel Laplante des Capitales de Québec. Les voilà de retour dans l'entourage de la Ligue Can-Am pour une séquence de 21 matchs.
La première série les confronte aux Aigles au Stade Stéréo Plus, où ils ont établi leur quartier général pour le camp d'entraînement. Débarqués à Trois-Rivières samedi, les Cubains, autant les joueurs que le personnel de direction, ont ainsi pu redécouvrir la ville. Du moins, la plupart d'entre eux, puisque de nouveaux porte-couleurs se greffent à cette cuvée 2017, qu'on dit plus jeune et aussi talentueuse que la précédente.
«Nous tentons de mixer jeunesse et expérience. Par contre, en termes de talent, ça s'équivaut», expose le gérant Roger Machado, dont le C.V. à la tête de la Selección est bien garni.
«Il y a du potentiel, mais nous sommes d'abord et avant tout en apprentissage», tient néanmoins à préciser le président de la fédération Higinio Velez Carrion, avec en tête les Jeux olympiques de Tokyo en 2020. «On se concentre pour ramener l'or olympique. Nous voulons exposer notre jeunesse au monde entier. Sauf qu'il ne faut pas sauter d'étapes. C'est pourquoi nous croyons aux échanges avec la Ligue Can-Am ou celle du Japon. C'est une bonne chose pour nos joueurs.»
À condition, bien sûr, que ces transferts se fassent dans les règles cubaines. L'année dernier, Lazaro Ramirez a quitté l'équipe pendant le voyage aux États-Unis. Puis, à l'automne, Luis Robert, l'une des sensations du baseball sur l'île, a aussi déserté son pays natal, lui qui avait pris part à l'édition 2016 de la tournée Can-Am. Il y a quelques jours, les White Sox de Chicago organisaient une conférence de presse pour confirmer son embauche. On parle de dizaines de millions de dollars dans son cas.
À Cuba, la défection des frères Lourdes fils et Yuliesky Gurriel a fait grand bruit, en février 2016, pendant les Séries des Caraïbes. Gurriel joue aujourd'hui pour les puissants Astros de Houston. Les deux sont les fils de Lourdes Gurriel, une légende du baseball cubain, qui entretient de bonnes relations avec l'état-major des Capitales.
«C'est une fierté de voir les nôtres dans les meilleurs circuits, mais nous voulons que ce soit fait de manière responsable et, surtout, légale. Ça ne doit pas être dangereux et au risque de leur vie», affirme le président.
Des propos partagés par le directeur général Giovani Aragon, qui salue les rapprochements entre sa patrie et les dirigeants du baseball indépendant. «C'est facile de communiquer avec vous, nous avons une belle cohésion. On a apprécié notre premier séjour et nous espérons que ce sera encore le cas cet été. La seule chose qui nous effraie un peu, c'est le froid. On a connu vos quatre saisons en une seule journée mardi!»
Les Aigles dans les médias nationaux
L'acquisition par les Aigles de Julio Martinez, un voltigeur de 21 ans épié par les recruteurs professionnels depuis au moins cinq ans, a fait les manchettes dans les Antilles. 
Son entraîneur cubain, Roger Machado, se dit très heureux pour lui. 
«Jouer plus souvent aidera à mieux le développer. La Ligue Can-Am est une belle opportunité pour lui, il a tout pour devenir un excellent premier frappeur et nous représenter aux Jeux olympiques. C'est aussi un gars réservé, assez tranquille. Ce sera une période d'adaptation.»
Parlant d'intégration, celle du releveur Miguel Lahera et du joueur de position Alexander Ayala se poursuit à Trois-Rivières. Les deux Cubains sont d'ailleurs heureux de renouer avec leurs compatriotes cette semaine. 
«On suit de près le parcours de Miguel et Alexander dans la Ligue Can-Am, tous les grands médias nationaux parlent d'eux en ce moment.»