Vincent Senez a été étincelant dimanche à Sherbrooke, mais la défaite des Cataractes fait très mal.

Les Cataractes sous le respirateur artificiel

Sherbrooke — Les Cataractes ont été expédiés sous le respirateur artificiel par le Phoenix de Sherbrooke dimanche après-midi. Atroces en deuxième, les hommes de Daniel Renaud ont rendu les choses intéressantes en troisième avec une poussée de deux buts, mais la pente était trop abrupte et ils ont subi un revers de 5-3.

Les Shawiniganais avaient pourtant bien besoin des deux points à l’enjeu pour rester dans la course aux séries. Il reste maintenant huit matchs à la saison, et le retard sur les Foreurs de Val-d’Or, détenteurs du 16e et dernier rang donnant accès aux éliminatoires, est de six points.

Le pointage final fait mal particulièrement à Vincent Senez et Mathieu Bellemare, qui ont été étincelants dimanche. À son retour au jeu, Senez a marqué deux buts, en plus de préparer celui de Gabriel Denis. Ajoutez quelques coups d’épaule et plusieurs tirs bloqués pour le jeune homme de 19 ans, qui n’en pouvait plus d’être sur les lignes de côté.

Bellemare, quant à lui, n’a vu que 40 minutes d’action. Il sentait quand même le caoutchouc à plein nez en sortant du vestiaire. Après un premier tiers qui s’est terminé 1-1, les Cataractes ont perdu le nord en début de deuxième quand ils ont été nuls sur un avantage numérique. Soudainement, les joueurs du Phoenix ressemblaient à ceux des Bruins de Boston tellement l’opposition devant eux était faible. Bellemare a dû faire de la magie pour contrôler les dégâts. Imaginez, il y avait déjà 40 tirs cadrés pour le Phoenix après deux périodes et avec une marque de 4-1, Renaud a voulu protéger son vétéran en le laissant sur le banc en troisième.

Surprise, les Cataractes ont toutefois repris leurs esprits en troisième. Reilly Pickard a dû faire deux gros arrêts en début de période pour garder l’avance de trois buts. À force de mettre de la pression, les visiteurs ont quand même trouvé la bonne combinaison pour enfiler deux buts d’affilée et rendre les choses intéressantes. Une pénalité à Leon Denny a toutefois coupé leurs ailes en fin de match, puis Nicolas Poulin a inscrit le but d’assurance dans un filet désert.

«C’était une disgrâce en deuxième. Ça fait plusieurs fois que ça nous arrive depuis le début de la saison. Je n’ai pas d’explications pour ça. On en parle depuis deux mois aux gars, on a changé des choses pour corriger le tir, sans succès. On semble incapable de jouer dans le cœur des matchs. Je n’ai rien à dire de négatif sur nos première et troisième périodes, mais en deuxième, c’était triste», acquiesçait Renaud, en insistant sur les performances individuelles de Senez et Bellemare. 

«Senez nous harcèle depuis un bon bout pour qu’on le laisser jouer, il a prouvé son point ce soir. Lui le sentiment d’urgence, il l’a compris! On a vu à quel point il peut faire la différence. Bellemare a joué l’équivalent d’un match au complet en deux périodes, et une chance qu’il était là!»

Senez n’arrivait évidemment pas à prendre plaisir à ce retour au jeu malgré ce brio. «On aurait dû lancer plus au but. La deuxième nous a fait mal, une mauvaise pénalité en fin de troisième aussi. Maintenant, il faut trouver une façon de rebondir jeudi, même si ça ne sera pas facile à Blainville. Je crois toujours en notre équipe. Si on joue comme en troisième, on va mettre des points au tableau. Mais il faut que tout le monde contribue.»

Dans l’autre camp, Stéphane Julien convenait que sa troupe avait eu la frousse en troisième. «Les Cataractes ont tout de même travaillé fort et on a raté plusieurs chances de compter. On aurait facilement pu mettre le match hors de leur portée en évitant entre autres deux erreurs qui ont coûté cher», a expliqué l’entraîneur sherbrookois Stéphane Julien.