Les Cataraces ont vaincu les Remparts 4-3 vendredi devant leurs spectateurs.

Les Cataractes renversent les Remparts 4-3

SHAWINIGAN — Emerik Despatie a bien failli réaliser un vol à main armée vendredi soir au Centre Gervais Auto. Après 58 minutes de jeu, la recrue de 16 ans permettait aux Remparts d’être à égalité 3-3, même s’ils étaient largement dominés dans tous les rayons sur la glace. Despatie s’est toutefois aventuré un peu trop loin de son filet, et malheureusement pour lui, la rondelle est tombée sur la palette de Xavier Bourgault. Le joueur de l’heure chez les Cataractes n’en demandait pas tant pour inscrire son deuxième but de la soirée, sur ce 40e tir des locaux transformé en but gagnant.

En faufilant cette rondelle sous les jambières de Despatie, Bourgault offrait une conclusion logique aux 3500 fans réunis au Centre Gervais Auto. Même s’ils ont accordé le premier filet du match, les Shawiniganais ont dicté le rythme d’un bout à l’autre. Despatie a jonglé du mieux qu’il a pu avec ce barrage de tirs pour garder son équipe dans le match, et ses coéquipiers ont fait preuve d’opportunisme autour du filet défendu par Antoine Coulombe, qui a été testé deux fois moins souvent. Les Remparts ont mieux paru en troisième, certes, sauf que c’était écrit dans le ciel que les Cataractes allaient finir par les avoir à l’usure. Bourgault finalement s’est chargé de mettre la récolte espérée de deux points au frigo.

«Après huit matchs, il n’avait aucun point à sa fiche même s’il faisait les bonnes choses. Il n’a pas arrêté de travailler et depuis, il ramasse les points à un rythme hallucinant», convenait le pilote Daniel Renaud, pourtant prudent d’habitude dans l’éloge de ses jeunes joueurs. Faut dire que Bourgault ne lui laisse guère le choix tellement il est en feu. Vendredi, il a touché la cible dans un neuvième match local d’affilée, ce qui lui permet de rejoindre un groupe de joueurs où figure un certain Anthony Beauvillier, qui détient la troisième meilleure séquence du genre dans l’histoire de la concession.

«J’ai vu ça passer, le record. C’est l’fun, mais j’essaie de ne pas y penser», souriait Bourgault, qui a marqué plusieurs buts dignes des bulletins télévisuels ces dernières semaines… mais pas ceux de vendredi! «Ils ont la même valeur pareil! Deux buts travaillés par notre trio, c’est valorisant.»

Les spectateurs ont lancé des peluches sur la glace après le premier but des Cataractes. Ces peluches seront remises à un organisme de charité de Shawinigan.

Ce trio n’est pas le seul qui avait la pédale au plancher. Collectivement, les Cataractes ont très bien fait les choses. «On n’était pas inquiet en troisième, on savait que le gros but s’en venait, car on faisait les bonnes choses», soutenait pour sa part Marc-Antoine Pépin, qui a lui aussi disputé un fort match dans le champ arrière. «Ça va mieux depuis un bout de temps. L’ambiance est bonne dans l’équipe. On voit notre progression.»

Chose certaine, Daniel Renaud va retirer beaucoup de points positifs de cette sortie face à ses anciens employeurs. «J’ai aimé notre réaction en troisième. Quand tu domines autant dans les tirs après deux périodes et que c’est l’égalité, le défi devient mental. On a défié les gars là-dessus après la deuxième. C’est un gros 60 minutes que nous avons livré.»

Dans l’autre camp, Patrick Roy était déçu de repartir les mains vides. «On a mieux fait les choses en troisième. Au cours des deux premières périodes, on ne compétitionnait pas à mon goût. Peut-être que les gars sont ébranlés par le départ de leur capitaine, et par les autres mouvements qui s’en viennent. Nos joueurs n’y croient pas assez. Ils sont meilleurs qu’ils ne le pensent», soupirait le meilleur gardien de l’histoire de son sport, en se permettant à nouveau de critiquer sa brigade défensive. «Nos défenseurs ne jouent pas à la hauteur de nos attentes. Ils ne sont pas assez allumés, ils ont souvent les pieds dans le ciment. C’est plate, car nos jeunes jouent bien.»

Place au Phoenix

Les Cataractes vont maintenant se préparer à recevoir la grosse machine du Phoenix de Sherbrooke, l’une sinon la meilleure équipe au Canada. «C’est le plus beau défi qu’on pouvait avoir à cette période de l’année. Si on veut faire de belles choses en deuxième moitié de saison, il faut trouver un moyen de battre des équipes comme le Phoenix, les Wildcats et les Saguenéens», martelait Renaud.

«Au dernier match contre le Phoenix, on l’avait échappé en troisième. Ça nous prend un effort de 60 minutes cette fois», concluait Bourgault.